Retraite anticipée pour incapacité professionnelle

Retraite anticipée pour incapacité permanente d'origine professionnelle

10/03/2026

34 min

Share

Votre activité professionnelle a eu un impact certain sur votre santé ? Vous pourriez peut-être partir en retraite anticipée dès l’âge de 60 ans. Comment ? Pour quel montant ? Dans cet article, je vous livre les clefs de la retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle. Que vous ayez subi un accident ou victime d’une maladie, découvrez vos droits et mes conseils !

Arnaud Ratte, cofondateur de Kelretraite

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Logo Kelretraite

Moins d’une minute pour cet article ?

1

La retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle permet de partir dès 60 ans avec le taux plein

2

L’éligibilité dépend du taux d’incapacité : automatique à partir de 20%, sous conditions strictes entre 10% et 19%

3

Le taux plein de 50% est garanti, mais les trimestres manquants réduisent tout de même la pension via la proratisation de la durée de carrière

4

Anticipez la constitution de votre dossier : plus vos preuves sont solides, plus vos chances d’acceptation sont élevées

Dans cet article

Retraite anticipée pour incapacité permanente : attention à la confusion !

Avec pas moins de 5 dispositifs de retraite anticipée, dont trois qui impliquent le taux d’incapacité permanente, il n’est pas toujours facile de se repérer dans le labyrinthe des retraites…

Démarrons tout de suite en clarifiant ces dispositifs :

📋 Dispositif📊 Taux d’incapacité requis🔍 Origine de l’incapacité
Retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle≥ 10%Accident du travail ou maladie professionnelle
Retraite anticipée pour handicap≥ 50%Peu importe
Retraite anticipée pour inaptitude≥ 50%Peu importe

Autrement dit :

  • La retraite anticipée pour incapacité permanente s’adresse exclusivement aux personnes dont la cause de l’incapacité permanente est d’origine professionnelle
  • Par origine professionnelle, il faut comprendre à cause d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle

A la lumière de ces informations, vous pensez que la retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle est le dispositif approprié à votre situation ? Dans ce cas, découvrons ensemble son fonctionnement !

Les conditions pour la retraite anticipée pour incapacité permanente

Tout d’abord, sachez qu’il existe non pas un, mais deux dispositifs de retraite anticipée pour incapacité permanente. La distinction s’opère en fonction du taux d’incapacité :

➡️Cas #1 : entre 10% et 19%

Vous pourriez partir en retraite avec le taux plein dès 60 ans, mais des conditions strictes sont en place

➡️Cas #2 : à partir de 20%

Si votre taux d’incapacité est supérieur ou égal à 20%, les conditions sont levées et vous pouvez partir avec le taux plein automatiquement à 60 ans.

Mais avant d’aller plus loin dans les explications, le plus important est de s’assurer de l’origine professionnelle de votre maladie ou de l’accident ayant laissé ces séquelles sur votre santé.

En effet, pour bénéficier de cette retraite anticipée, vous devrez en apporter les preuves ! Or, il y a des procédures très encadrées pour cela.

👉 Prouver sa maladie professionnelle

Il serait trop long de lister toutes les maladies d’origine professionnelle, mais citons par exemple :

  • Syndrome du canal carpien à cause de la compression d’un nerf au poignet
  • Lombalgies chroniques, souvent liées au port de charges lourdes ou à des postures prolongées
  • Asthme professionnel, déclenché ou aggravé par l’exposition à des substances spécifiques sur le lieu de travail
  • Surdité professionnelle à cause d’une exposition prolongée et répétée au bruit intense
  • Cancers du poumon, de la plèvre (mésothéliome), du larynx, à cause de l’amiante

Vous pouvez consulter l’intégralité des maladies professionnelles reconnues à ce jour dans ce tableau des maladies professionnelles.

Ainsi, ce document facilite la reconnaissance de l’origine professionnelle de votre maladie. Un allié de poids dans cette procédure !

Comment lire ce tableau ?

Le tableau des maladies professionnelles est une référence pour deux raisons :

  • Etablir des critères précis et objectifs pour chaque maladie
  • Standardiser et uniformiser les décisions

Concrètement, pour chaque maladie, ce tableau récapitule :

📋 Information📝 Description
Désignation de la maladieNom et description précise de la pathologie
Délai de prise en chargeDurée maximale entre la fin de l’exposition et la première constatation médicale
Travaux susceptibles de provoquer la maladieListe des activités professionnelles concernées
Durée d’expositionPériode minimale d’exposition requise (si applicable)

Cela veut donc dire que si un travailleur remplit les conditions spécifiques (maladie désignée, travaux exercés, délai de prise en charge, durée d’exposition) :

  • Le lien entre la maladie et le travail est présumé
  • Le travailleur n’a pas à prouver directement que sa maladie a été causée par son activité professionnelle

Autrement dit, cette présomption simplifie grandement la procédure pour le travailleur et évite des débats longs et coûteux sur la preuve du lien de causalité.

Exemple

LA MALADIE PROFESSIONNELLE DE MARIE

Marie est caissière depuis 20 ans dans un supermarché. Elle souffre depuis plusieurs années de douleurs au poignet droit. Son médecin diagnostique un syndrome du canal carpien.

Ce syndrome figure au tableau n°57 des maladies professionnelles (“Affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail”). Les conditions du tableau sont les suivantes :

  • Désignation : poignet / canal carpien (syndrome de compression du nerf médian)
  • Délai de prise en charge : 30 jours (c’est-à-dire que le diagnostic doit être posé dans les 30 jours suivant la fin de l’exposition)
  • Travaux concernés : travaux comportant de façon habituelle des mouvements répétés ou prolongés d’extension du poignet ou de préhension de la main

Marie remplit toutes les conditions : elle a le bon diagnostic, elle effectue bien des gestes répétitifs (scanner des articles) et le délai de prise en charge est respecté. Pour elle, l’origine professionnelle de sa maladie est donc présumée et elle peut continuer son dossier de départ anticipé.

Après avoir obtenu le diagnostic du médecin et la reconnaissance de l’origine professionnelle, la dernière étape est de faire reconnaître sa maladie auprès de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM).

Pour cela, la procédure peut durer quelques mois, dont voici les grandes lignes :

  • Etape #1 : rassembler les documents (certificat médical initial du médecin, contrat de travail, etc…) et transmission du dossier à la CPAM par courrier avec accusé de réception
  • Etape #2 : instruction du dossier par la CPAM (comprenant notamment l’avis du médecin conseil et une enquête auprès de l’employeur concernant les conditions de travail)
  • Etape #3 : en cas d’acceptation, la CPAM envoie une notification précisant les droits associés (indemnités journalières, prise en charge des soins, évaluation de l’incapacité permanente…)
  • Etape #4 : en cas de refus, il est possible de contester la décision via un recours à l’amiable ou saisir le pôle social du tribunal judiciaire

En plus d’ouvrir la voie pour votre retraite anticipée pour incapacité permanente, vous avez tout intérêt à faire reconnaître votre maladie professionnelle le plus tôt possible :

  • Prise en charge à 100% des frais médicaux (consultations, médicaments, examens, etc…)
  • Indemnités journalières spécifiques, souvent plus élevées
  • Fixation de votre taux d’incapacité permanente
  • En cas de faute de l’employeur, possibilité d’engager une procédure judiciaire

Bon à savoir

ET SI MA MALADIE N’EST PAS DANS LE TABLEAU ?

Si votre maladie n’est pas présente dans le tableau des maladies professionnelles, il va falloir prouver que celle-ci soit d’origine professionnelle en partant de zéro. La charge de la preuve étant de votre côté, vous aurez besoin d’un dossier solide, pour une procédure plus longue et complexe, faisant notamment intervenir le Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP).

👉 Prouver son accident du travail

Comme pour la maladie professionnelle, l’accident du travail est défini de manière très précise, à partir des trois conditions suivantes :

L’accident du travail couvre donc une large variété de situations, dès lors qu’il y a un événement soudain, une lésion et un lien avec l’activité professionnelle.

Voir des exemples d’accident du travail


Voici quelques exemples assez fréquents :

  • Un ouvrier de chantier qui tombe d’un échafaudage et qui se fracture une jambe
  • Un employé de bureau qui glisse sur un sol mouillé dans les locaux de l’entreprise et qui se foule la cheville
  • Une personne qui se blesse en chutant dans la cantine d’entreprise pendant sa pause déjeuner
  • Un commercial qui a un accident de voiture alors qu’il se rend chez un client (il est en mission, donc sous l’autorité de l’employeur)
  • Un salarié victime d’une agression physique ou verbale violente par un client ou un tiers sur son lieu de travail, entraînant un choc psychologique et un syndrome de stress post-traumatique

Mais attention ! Ne croyez pas qu’un simple accident du travail vous ouvre les portes de la retraite anticipée. En effet, ce qui nous intéresse est le taux d’incapacité permanente d’origine professionnelle :

  • Soit l’accident du travail génère un taux d’incapacité permanente et la retraite anticipée est envisageable, sous conditions
  • Soit l’accident du travail ne génère pas de lésions permanentes, et il n’y a pas lieu de partir plus tôt en retraite !

Ensuite, comme pour la maladie professionnelle, il est important de faire reconnaître son accident du travail le plus tôt possible. Selon les cas, la procédure peut prendre jusqu’à plusieurs mois :

Ainsi, outre la prise en charge des soins et d’éventuelles indemnités, cette procédure est l’occasion de faire constater un potentiel taux d’incapacité permanente, la donnée sur laquelle repose l’acceptation au dispositif de retraite anticipée.

➡️ Par exemple, si à la suite de l’inhalation d’un produit toxique, un taux d’incapacité permanente de 25% est définit, la victime peut ensuite prétendre à la retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle.

Simple comme bonjour ? Malheureusement, pas tout à fait !

En effet, pour être éligible, le taux d’incapacité permanente occasionné par l’accident du travail doit EN PLUS remplir la condition suivante :

  • L’accident du travail doit occasionner un taux d’incapacité permanente dont les lésions occasionnées soient identiques aux lésions indemnisées au titre d’une maladie professionnelle

Je vous l’accorde, expliqué de cette manière, on ne comprend pas grand-chose… En réalité, il faut comprendre que c’est le tableau des maladies professionnelles qui fait foi.

➡️Eclairons cette situation avec l’exemple de Nicolas, soudeur qui a subi une brûlure grave au bras due à une projection de métal en fusion :

  • Il s’agit d’un événement soudain et traumatisant, le caractère d’accident du travail n’est donc pas remis en question
  • Les séquelles (cicatrices, perte de mobilité due à la rétraction cutanée) sont claires et donnent lieu à un taux d’incapacité permanente de 15%

⚠️Par contre, ces brûlures traumatiques ne sont pas, en tant que telles, des lésions “identiques” à celles des maladies professionnelles, qui traitent plutôt d’affections cutanées chroniques (eczéma, dermatites de contact) ou de cancers de la peau

En conclusion, parce qu’il ne remplit pas la dernière condition, ce taux d’incapacité permanente n’est pas recevable pour un départ anticipé pour incapacité permanente d’origine professionnelle.

En résumé, pour qu’une lésion d’accident du travail soit considérée comme “identique” à une lésion de maladie professionnelle, elle doit s’inscrire dans une catégorie de pathologie qui peut aussi résulter d’une exposition professionnelle chronique ou répétée.

Mieux comprendre les “lésions identiques”


Pour qu’un accident du travail soit pris en compte dans le cadre de la retraite anticipée pour incapacité permanente, il faut donc deux choses :

Concrètement, cela signifie que la nature des séquelles doit correspondre à un type de pathologie qui pourrait aussi être causé par une exposition professionnelle répétée ou chronique. Par exemple :

  • Une surdité causée par une explosion (accident) est “identique” à une surdité causée par une exposition prolongée au bruit (maladie professionnelle tableau n°42)
  • Des troubles respiratoires causés par l’inhalation accidentelle d’un produit toxique peuvent être “identiques” à ceux causés par une exposition chronique
  • En revanche, une fracture ou une brûlure traumatique ne correspondent généralement pas à des lésions de maladie professionnelle

“Pas facile de s’y repérer dans toutes ces règles ! Ce qu’il faut retenir est que c’est le taux d’incapacité permanente pour maladie professionnelle qui fait foi. En cas d’accident du travail, outre un taux d’incapacité, il faut en plus que les lésions occasionnées soient identiques à celles définies dans le tableau des maladies professionnelles.”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

Bon à savoir

ET L’ACCIDENT DE TRAJET ?

L’accident de trajet (entre le domicile et le lieu de travail) ne permet pas de bénéficier de la retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle. En effet, bien que l’accident de trajet bénéficie d’une prise en charge spécifique par la Sécurité sociale, il n’est pas considéré comme un accident du travail au sens strict du terme pour ce dispositif de retraite anticipée.

“Pas facile de s’y repérer dans toutes ces règles ! Ce qu’il faut retenir est que c’est le taux d’incapacité permanente pour maladie professionnelle qui fait foi. En cas d’accident du travail, outre un taux d’incapacité, il faut en plus que les lésions occasionnées soient identiques à celles définies dans le tableau des maladies professionnelles.”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

Le rôle du taux d’incapacité

Comme nous avons vu, le point de départ de ce dispositif est le taux d’incapacité permanente d’origine professionnelle du salarié.

Ainsi, que celui-ci ait été acquis via une maladie professionnelle ou un accident du travail (en respectant les règles spécifiques de l’accident du travail), ce taux d’incapacité joue le rôle suivant :

  • Inférieur à 10% : pas de retraite anticipée
  • Entre 10% et 19% : éligibilité, mais à condition de respecter des règles supplémentaires
  • Supérieur ou égal à 20% : éligibilité automatique, à une condition

Donc, avant de s’intéresser aux avantages de cette retraite anticipée, il faut encore s’intéresser aux deux règles qui encadrent un taux d’incapacité compris entre 10% et 19%. Allons-y dans l’ordre !

👉 Règle #1 : avoir un taux d’incapacité unique d’au moins 10%

Démarrons avec un peu d’arithmétique, mais rien de très compliqué !

  • Dans le taux d’incapacité compris entre 10% et 19%, il est nécessaire qu’au moins un évènement unique ait généré un taux d’incapacité d’au moins 10%

Prenons le cas de Paul, avec un taux d’incapacité global de 15%, composé d’un taux de 10% (suite à des problèmes de dos) et 5% (suite à un manque de mobilité de la main)

➡️Paul remplit cette condition avec succès

Et maintenant celui d’Anne, avec un taux d’incapacité global de 18%, composé d’un taux de 9% (suite à des problèmes respiratoires) et de 9% (suite à des problèmes gastriques)

➡️Sans évènement unique responsable d’un taux d’incapacité d’au moins 10%, Anne ne remplit pas cette première condition

Conclusion ?

Bien que le taux d’incapacité d’Anne soit supérieur à celui de Paul, elle ne peut pas profiter du dispositif de retraite anticipée, car aucune de ces deux maladies professionnelles n’ait responsable à elle-seule d’un taux d’incapacité d’au moins 10%.

👉 Règle #2 : avoir été exposé pendant au moins 17 ans à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels

Il s’agit de la condition la plus délicate à remplir, car deux sous-conditions doivent être réunies simultanément :

  • L’incapacité permanente doit avoir été causée par l’exposition à un ou plusieurs facteurs de risque pendant au moins 17 ans, de manière continue ou discontinue
  • Cette exposition doit être directement responsable de votre incapacité permanente

Il existe 10 facteurs de risque, répartis en trois catégories :

⚠️ Catégorie🔧 Facteurs de risque
Contraintes physiques marquéesManutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques
Environnement physique agressifAgents chimiques dangereux, activités exercées en milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit
Rythmes de travailTravail de nuit, travail en équipes successives alternantes, travail répétitif

Prenons l’exemple d’un employé de bureau avec un taux d’incapacité de 15% suite à un accident du travail, en l’occurrence une chute sévère dans les escaliers. Bien que l’origine professionnelle soit incontestable, ce salarié n’a jamais été exposé à un facteur de risque au cours de sa carrière.

Par conséquent, il ne remplit aucune des deux conditions suivantes :

Conclusion ? Dans cet exemple, notre salarié n’a pas le droit à cette retraite anticipée, malgré ses séquelles….

4 FACTEURS DISPENSÉS DE LA RÈGLE DES 17 ANS

Les 10 facteurs de risque sont identiques à ceux de la retraite anticipée pour pénibilité. Or, depuis 2017, 4 de ces 10 facteurs ne rapportent plus de points pénibilité

Conséquence ? Pour compenser cette perte, ces 4 facteurs sont dorénavant dispensés de la règle des 17 ans :

  • Les manutentions manuelles de charges
  • Les postures pénibles (positions forcées des articulations)
  • Les vibrations mécaniques
  • Les agents chimiques dangereux (y compris poussières et fumées)

Par conséquent, pour ces 4 facteurs, cela veut dire :

  • Aucune durée minimale d’exposition requise
  • La commission pluridisciplinaire n’est pas saisie, car il n’y a pas besoin de prouver le lien direct entre l’incapacité et l’exposition
  • Toutefois, la maladie professionnelle (ou les séquelles identiques à une maladie professionnelle pour un accident du travail) doit toujours figurer dans le tableau des maladies professionnelles

En revanche, pour les 6 autres facteurs, la règle des 17 ans s’applique pleinement et le dossier est soumis à l’examen de la commission pluridisciplinaire.

Bien entendu, comme vous pouvez l’imaginer, le formalisme ne se limite pas seulement aux règles d’admission, mais se poursuit également dans la procédure !

Lors de votre liquidation de retraite, vous devrez justifier auprès de votre caisse de retraite de votre exposition au(x) facteur(s) de risque. Dans cette optique, ne trainez pas pour “monter” votre dossier et rassemblez dès maintenant les preuves de votre exposition aux risques professionnels.

Voir les documents acceptés
  • Attestations d’employeurs mentionnant l’exposition
  • Fiches d’exposition ou attestations spécifiques de pénibilité (si elles ont été établies par vos employeurs au fil des années)
  • Fiches de poste détaillant vos tâches
  • Contrats de travail, bulletins de salaire (pour les mentions de travail de nuit, équipes, etc.).
  • Documents uniques d’évaluation des risques professionnels (DUERP) de vos employeurs (même si difficile à obtenir rétrospectivement)
  • Avis du médecin du travail (ses dossiers peuvent contenir des informations sur vos expositions)
  • Témoignages de collègues ou de responsables (même si moins formels, peuvent compléter un dossier)
  • Toute pièce justifiant une exposition (certificats d’aptitude, résultats de métrologie d’ambiance, etc.)

Attention, si présence d’un tableau qui n’est pas censé dépasser la largeur de la page (pas de scroll horizontal) mettre la classe “table-max-width” dans les classes CSS du tableau

Ainsi, plus vous apporterez des preuves et plus la commission pluridisciplinaire (composée de professionnels de la santé au travail et de l’Assurance Maladie au sein de votre caisse de retraite) qui évaluera votre dossier pourra statuer en votre faveur. A défaut, elle peut aussi vous demander des informations complémentaires ou même vous convoquer.

“Je vois tout le temps des gens se tromper sur la signification du taux plein. Si avoir le taux plein est effectivement dire que vous aurez une retraite très élevée ! je vous explique pourquoi ci-dessous”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Commander mon bilan retraite

DES EXCEPTIONS POSSIBLES

Même en cas d’exposition à un facteur de risque pendant moins de 17 ans, la commission pluridisciplinaire peut accepter des dossiers, si ceux-ci sont très convaincants. Par conséquent, si vous pensez mériter cette retraite anticipée et que vous avez des documents pour le prouver, n’hésitez pas à la solliciter.

“Bref, avec un taux d’incapacité compris entre 10% et 19%, le départ en retraite anticipée est loin d’être une formalité ! Mais gardez le moral, car à la fin, vous pourriez partir en retraite deux ans plus tôt. De quoi relativiser les efforts pour en comprendre toutes les règles !”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Commander mon bilan retraite

👉 Mon taux d’incapacité est supérieur ou égal à 20%, puis-je partir en retraite anticipée ?

Si votre taux d’incapacité est supérieur ou égal à 20%, les choses de simplifient énormément ! En effet, dans ce cas, la seule condition pour profiter de la retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle est la suivante :

  • Dans le cumul du taux d’incapacité, au moins un évènement unique (maladie professionnelle ou accident du travail) doit être responsable individuellement d’un taux d’incapacité minimum de 10%

➡️Par exemple, avec un taux d’incapacité cumulé de 21%, mais avec trois évènements séparés de 7%, il n’est pas possible de bénéficier de la retraite anticipée. Par contre, si ce même taux de 21% est constitué d’un évènement de 15% et d’un autre de 6%, la condition est cette fois respectée.

RAPPEL POUR LES ACCIDENTS DU TRAVAIL

N’oubliez pas que dans le cas d’un taux d’incapacité causé par un accident du travail, il faut que les lésions causées soient identiques à celles d’une maladie professionnelle. En effet, même avec un taux supérieur à 20%, ce n’est qu’à cette condition que le taux d’incapacité de l’accident du travail est accepté dans le cadre de la retraite anticipée.

“Origine professionnelle de la maladie ou de l’accident du travail, calcul du taux d’incapacité, lésions identiques, exposition aux facteurs de risque, etc… Dans certains cas, le départ anticipé pour incapacité permanente ressemble à un vrai parcours du combattant ! Mon conseil ? Armez-vous de courage et anticipez les démarches au maximum afin de faire valoir vos droits.”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

“Origine professionnelle de la maladie ou de l’accident du travail, calcul du taux d’incapacité, lésions identiques, exposition aux facteurs de risque, etc… Dans certains cas, le départ anticipé pour incapacité permanente ressemble à un vrai parcours du combattant ! Mon conseil ? Armez-vous de courage et anticipez les démarches au maximum afin de faire valoir vos droits.”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

Les avantages de la retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle

Nous y voilà ! Par rapport à une retraite “normale”, il existe un double intérêt à profiter de la retraite anticipée pour incapacité d’origine professionnelle :

  • Pour partir plus tôt
  • Pour partir avec le taux de liquidation maximal de 50%

Toutefois, le dispositif fonctionne légèrement différemment selon que votre taux d’incapacité soit compris entre 10% et 19 ou supérieur à 20%. Pour résumer :

✅ Avantage📊 Taux 10% à 19%📊 Taux ≥ 20%
Âge de départ2 ans avant l’âge légalDès 60 ans
Taux de liquidation50% automatique (taux plein)50% automatique (taux plein)

C’est parti pour les explications !

👉 L’âge de départ anticipé

L’âge de départ varie donc en fonction du taux d’incapacité :

  • Taux d’incapacité entre 10% et 19% : 2 ans avant l’âge légal
  • Taux d’incapacité supérieur ou égal à 20% : dès 60 ans, peu importe son âge légal de départ

Pour rappel, votre âge de départ légal est fixé selon votre année de naissance, comme le montre le tableau ci-dessous :

📋 Année de naissance⏳ Âge légal⏩ Âge anticipé (10-19%)⏩ Âge anticipé (≥ 20%)
196062 ans60 ans60 ans
01/09/1961 – 31/12/196162 ans et 3 mois60 ans et 3 mois60 ans
196262 ans et 6 mois60 ans et 6 mois60 ans
196362 ans et 9 mois60 ans et 9 mois60 ans
196463 ans61 ans60 ans
196563 ans et 3 mois61 ans et 3 mois60 ans
196663 ans et 6 mois61 ans et 6 mois60 ans
196763 ans et 9 mois61 ans et 9 mois60 ans
À partir de 196864 ans62 ans60 ans

Par exemple, pour une personne née en 1968 :

  • L’âge légal minimum de départ est normalement de 64 ans
  • Avec un taux d’incapacité compris entre 10% et 19%, on peut partir à 62 ans à la place de 64 ans
  • Avec un taux d’incapacité supérieur ou égal à 20%, on peut partir à 60 ans à la place de 64 ans

“Ce dispositif de retraite anticipée permet donc de partir avec 2 ans d’avance au minimum et 4 ans au maximum. De quoi récompenser les efforts fournis pour en profiter ! Toutefois, comme tout départ à la retraite, une réflexion globale doit être menée, c’est-à-dire comprenant aussi bien les objectifs financiers que personnels à la retraite.”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

“Ce dispositif de retraite anticipée permet donc de partir avec 2 ans d’avance au minimum et 4 ans au maximum. De quoi récompenser les efforts fournis pour en profiter ! Toutefois, comme tout départ à la retraite, une réflexion globale doit être menée, c’est-à-dire comprenant aussi bien les objectifs financiers que personnels à la retraite.”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

Partir plus tôt est donc un avantage très concret. Mais le montant de la retraite risque-t-il d’en pâtir ?

👉 Le montant de la retraite anticipée

Même dans le cadre d’une retraite anticipée, la formule de calcul de la pension de base reste la même :

Formule de calcul de la pension de base du salarié

Formule de calcul de la pension de base

Pour optimiser sa pension, il faut donc s’intéresser de près à chacun de ces trois paramètres :

  • Salaire moyen annuel des 25 meilleures années (SAM)
  • Taux de liquidation : 50% au maximum si vous avez tous vos trimestres et 37,50% au minimum s’il vous manque plus de 20 trimestres
  • Proratisation de la durée de carrière : en cas de trimestres manquants par rapport au nombre requis, le montant de la retraite est proportionnellement réduit

Ainsi, par rapport à une retraite “normale”, la retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle donne l’avantage suivant :

  • Même en cas de trimestres manquants, le taux de liquidation est automatiquement à 50%, soit le taux maximum théorique (appelé aussi taux plein)

Pour résumer, cela nous donne ce tableau :

Retraite normaleRetraite anticipée incapacité
Taux de liquidation avec trimestres manquantsTaux réduit50% automatique (taux plein)
Durée de carrière avec trimestres manquantsPourcentage de proratisation réduitPourcentage de proratisation réduit

Que faut-il en retenir pour le montant de sa retraite anticipée ? Tout d’abord, si le taux plein automatique de 50% est une excellente nouvelle, il ne s’agit finalement d’un avantage concret que pour les personnes avec des trimestres manquants !

Par conséquent :

  • Si vous avez tous vos trimestres, et donc le taux plein, vous ne gagnerez donc rien
  • Pour donner un peu de contexte, tous les salariés reçoivent automatiquement le taux plein de 50% dès l’âge de 67 ans

Néanmoins, le réel problème est qu’en cas de trimestres manquants – et donc “d’utilisation” de l’avantage du taux plein automatique – ces trimestres manquants se font tout de même ressentir sur la proratisation de la durée de carrière.

Pour en avoir conscience, prenons une personne née en 1968 et qui a donc besoin de 172 trimestres pour une carrière complète. Or, il lui manque 10 trimestres… Calculons sa retraite en partant du principe que son salaire annuel moyen est de 25 000€ :

⚙️ Paramètre💰 Valeur
Salaire annuel moyen (SAM)25 000€
Taux de liquidation50% (taux plein automatique)
Trimestres acquis / requis162 / 172
Proratisation162/172 = 94,19%
Pension annuelle25 000 x 0,50 x 0,9419 = 11 774€
Pension mensuelle981€

A titre de comparaison, dans le cadre d’une retraite pleine, c’est-à-dire pour une personne avec tous ses trimestres, le montant annuel de la pension de base serait de :

➡️ 25 000 x 0,50 x 1 = 12 500€, soit 1 041€ par mois

Conclusion ? Avoir le taux plein de 50%, c’est très bien, mais avoir aussi un prorata de durée de carrière de 100%, c’est encore mieux !

“Tous les jours, je remarque que l’on se focalise sur la fameuse retraite à taux plein. Or, le terme de retraite à taux plein laisse de côté la proratisation de la durée de carrière. Pourtant, ce paramètre est au moins aussi important, sinon plus, que le taux de liquidation !”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

“Tous les jours, je remarque que l’on se focalise sur la fameuse retraite à taux plein. Or, le terme de retraite à taux “Bref, avec un taux d’incapacité compris entre 10% et 19%, le départ en retraite anticipée est loin d’être une formalité ! Mais gardez le moral, car à la fin, vous pourriez partir en retraite deux ans plus tôt. De quoi relativiser les efforts pour en comprendre toutes les règles !”laisse de côté la proratisation de la durée de carrière. Pourtant, ce paramètre est au moins aussi important, sinon plus, que le taux de liquidation !”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

👉 Et pour la retraite complémentaire ?

Pour tous les salariés, il existe deux pensions de retraite :

  • La pension de base, que nous venons d’expliquer
  • La pension complémentaire de l’Agirc – Arrco

Le calcul de la pension complémentaire est très différent de celui de la pension de base :

Focntionnement de la pension complémentaire Agirc - Arrco

Formule de calcul de la pension complémentaire

Et dans le cadre de la retraite anticipée pour incapacité permanente, à quoi s’attendre ?

A vrai dire, il n’existe aucune règle spécifique, si ce n’est que la pension complémentaire peut être intégralement réclamée de manière anticipée au moment du départ.

Les démarches

Vos démarches pratiques

Pour partir en retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle, voici le récapitulatif des étapes clefs :

Étape 1

Rassemblez et vérifiez vos documents justificatifs

Plus votre dossier est complet et plus les chances d’être accepté dans les temps sont élevées. Cela comprend notamment les documents suivants :

  • Notifications de rente ou de capital pour incapacité : réunissez toutes les notifications de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) ou de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) attestant de votre ou vos taux d’incapacité. Ces documents prouvent la reconnaissance officielle de votre incapacité et son origine professionnelle.
  • Documents relatifs à l’origine professionnelle
  • En cas de taux d’incapacité entre 10% et 19% : ajoutez les preuves d’exposition aux facteurs de risques professionnels, comme des bulletins de salaire, contrats de travail, attestations d’employeurs, fiches de poste, attestations de pénibilité, avis du médecin du travail, etc… L’objectif est de justifier au moins 17 ans d’exposition, sauf facteurs de risques spécifiques.
  • Pièces d’identité : carte nationale d’identité ou passeport.
  • Relevé d’identité bancaire (RIB) : pour le versement de votre pension.
  • Justificatifs de votre carrière : Bulletins de salaire, relevés de carrière (disponibles sur votre compte info-retraite.fr), attestations d’emploi.

Étape 2

Passez votre carrière au peigne fin

Rendez-vous sur votre espace personnel de l’Assurance retraite ou Info-retraite et téléchargez votre relevé de carrière. Ce document sert de base au calcul de votre retraite, en récapitulant vos trimestres et points. Or, le risque d’erreur n’est pas nul et pourrait impacter négativement votre retraite.

Par conséquent, si vous repérez une anomalie, ne tardez pas pour la corriger en apportant les justificatifs nécessaires, car le processus peut parfois prendre jusqu’à plusieurs mois.

Étape 3

Contactez votre caisse de retraite

N’hésitez pas à prendre les devants en contactant un conseiller de l’Assurance retraite le plus tôt possible.

A cette occasion, il vous transmettra les formulaires à remplir et la marche à suivre pour un départ anticipé pour incapacité permanente, en plus de vous aider par rapport à votre situation personnelle.

🔎 Voir un formulaire de liquidation de retraite pour incapacité permanente

Étape 4

Remplissez et déposez votre dossier de demande de retraite

Dans un délai de 4 à 6 mois avant la date de départ souhaitée, déposez votre dossier par lettre recommandée avec accusé de réception.

Mais faites attention de ne rien oublier ! En effet, tout dossier incomplet risque d’engendrer des complications. Il s’agit d’un risque que vous ne souhaitez pas prendre…

Par conséquent, relisez votre dossier plusieurs fois et assurez-vous que toutes les informations apparaissent très clairement, notamment si vous avez un taux d’incapacité compris entre 10% et 19%.

Étape 5

Étude du dossier par la caisse de retraite

La caisse de retraite va ensuite examiner votre dossier :

  • Vérification des conditions : âge, taux d’incapacité, origine professionnelle (notamment pour les accidents du travail avec lésions identiques), durée d’exposition aux risques (si IPP entre 10% et 19%).
  • Pour les taux d’incapacité entre 10% et 19% : le dossier est transmis à la commission pluridisciplinaire qui étudiera le lien entre le taux d’incapacité et les expositions aux facteurs de risques professionnels. Elle rendra un avis à la caisse de retraite.

En cas de besoin, la caisse de retraite pourra vous demander des informations ou des documents complémentaires.

Étape 6

Notification de la décision

Vous recevrez la décision de la caisse de retraite par courrier recommandé avec accusé de réception :

  • En cas d’accord : la notification d’attribution de retraite précise le montant de votre pension, la date de début de versement et le détail de son calcul
  • En cas de refus : la caisse vous explique les motifs du refus, ainsi que les voies de recours (recours amiable, puis contentieux devant le Tribunal Judiciaire – Pôle Social)

Bon à savoir

ET POUR LES AUTRES PENSIONS ?

A partir du moment où la CARSAT reçoit votre demande de liquidation, elle communique automatiquement avec les caisses suivantes :

  • L’Agirc-Arrco pour votre pension complémentaire
  • La MSA si vous avez également cotisé au régime agricole
  • Les autres régimes auxquels vous avez pu cotiser

Conclusion : astuces pratiques et pièges à éviter

Ma conclusion

Pour mieux faire valoir vos droits, voici quelques astuces pratiques que je partage généralement avec mes clients. N’hésitez pas à vous en inspirer !

Conseil 1

Commencez tôt et soyez très organisés

Le dépôt de la demande de liquidation pour retraite anticipée doit idéalement intervenir entre 4 et 6 mois avant la date de départ souhaitée. Mais la constitution du dossier, elle, peut prendre des années !

Plutôt que d’attendre le dernier moment, je recommande de conserver vos justificatifs de toute sorte au fil de l’eau.

Conseil 2

Le médecin du travail est votre allié

Etant donné que l’avis du médecin du travail est très souvent requis, pensez à lui comme d’un allié vers la constitution de votre dossier.

En effet, non seulement il connaît les facteurs de risque de votre entreprise et peut vous aider à reconstituer votre historique d’exposition, mais en plus il connaît les procédures de reconnaissance de l’origine professionnelle sur le bout des doigts !

Ainsi, n’hésitez pas à solliciter son aide, particulièrement si votre taux d’incapacité est compris entre 10% et 19%.

Conseil 3

N’ayez pas peur de demander de l’aide

On ne réussit qu’une seule fois son départ à la retraite ! Or, face à la complexité des règles et des procédures, il est facile de louper une étape…

Pour ne pas en payer les pots cassés, prenez les devants et demandez de l’aide dès que vous pouvez. Ainsi, en plus de votre médecin du travail ou médecin traitant pour la partie médicale, plusieurs interlocuteurs sont à votre disposition :

  • Les conseillers des caisses de retraite
  • Les professionnels de la retraite
  • Les syndicats
  • Les associations de défense d’une cause spécifique, comme les victimes de l’amiante
  • Les avocats spécialisés, notamment pour contester des refus de retraite anticipée

Conseil 4

Sachez ce qui est cumulable avec votre pension de retraite

Pour résumer :

  • Rente d’incapacité permanente : elle est cumulable avec votre retraite anticipée. C’est un point fort du dispositif, car elle continue donc d’être versée en plus de votre pension
  • Pension d’invalidité : elle ne se cumule pas avec la retraite, mais est remplacée par votre pension de retraite anticipée. Votre objectif est de vous assurer que la retraite anticipée est donc la solution la plus avantageuse (départ plus tôt, taux plein garanti) par rapport à la simple transformation de la pension d’invalidité

Pour résumer :

Conseil 5

N’hésitez pas à plonger dans les détails du dispositif

Ce dispositif de retraite anticipée est particulièrement complexe et de nombreux détails peuvent avoir des conséquences lourdes.

En fin de compte, même si vous vous faites aider, vous devez avoir la sensation de comprendre ce dispositif à 100% et d’être capable de l’expliquer sans difficulté à une personne de votre entourage.

Cela inclut notamment des notions comme :

  • la condition des 17 ans d’exposition, et ses exceptions
  • prouver l’origine professionnelle de sa maladie ou de son accident
  • pour les accidents du travail, le cas des ”lésions identiques”
  • comprendre le tableau des maladies professionnelles

Si vous êtes incollable sur le sujet, vos chances de succès sont plus qu’élevées !

Ma maladie n’est pas dans le tableau des maladies professionnelles, puis-je quand même en bénéficier ?

Oui, c’est possible, même si votre maladie n’est pas inscrite dans l’un des tableaux de maladies professionnelles ou si elle y figure, mais que vous ne remplissez pas toutes les conditions (délai de prise en charge, durée d’exposition).

Dans ce cas, votre dossier sera étudié par le Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP). Pour que la reconnaissance soit possible par le CRRMP, deux conditions cumulatives doivent être remplies :

  1. Votre maladie doit être directement et essentiellement causée par votre travail habituel

  1. Elle doit avoir entraîné (ou être susceptible d’entraîner) un taux d’incapacité permanente partielle (IPP) d’au moins 25%

Qu’est-ce que la condition des « lésions identiques » pour un accident du travail et la retraite anticipée ?

La condition des « lésions identiques » s’applique spécifiquement aux accidents du travail pour l’accès à la retraite anticipée pour incapacité permanente.Cela signifie que pour qu’un taux d’incapacité résultant d’un accident du travail puisse être pris en compte pour cette retraite anticipée, les séquelles (lésions) consécutives à cet accident du travail doivent être similaires à celles qui sont indemnisées au titre d’une maladie professionnelle.En d’autres termes, même si l’événement est survenu soudainement, ses conséquences sur votre santé doivent correspondre à des pathologies qui peuvent aussi résulter d’une exposition professionnelle chronique ou répétée.

Quel est le taux d’incapacité permanente minimum requis pour partir plus tôt à la retraite ?

Il existe deux seuils principaux pour le taux d’incapacité permanente donnant droit à la retraite anticipée pour incapacité permanente :

  1. Au moins 20% : si votre taux d’incapacité est égal ou supérieur à 20%, vous pouvez bénéficier de la retraite anticipée dès l’âge de 60 ans, quelle que soit votre génération.
  2. Entre 10% et 19% : si votre taux d’incapacité est compris entre 10% et 19%, vous pouvez bénéficier de la retraite anticipée deux ans avant l’âge légal de votre génération. Par exemple, si l’âge légal pour votre génération est 64 ans, vous pourriez partir à 62 ans.

Quels sont les deux avantages de la retraite anticipée pour incapacité permanente ?

Les deux avantages majeurs de la retraite anticipée pour incapacité permanente sont :

  1. Le départ anticipé à la retraite : dès 60 ans ou 2 ans avant l’âge légal, en fonction du taux d’incapacité permanentePension au taux plein (sans décote) : la pension de retraite est calculée au taux maximum de 50% de votre salaire annuel moyen, et ce, quelle que soit la durée d’assurance (nombre de trimestres) que vous avez validée.

Que faire si mon taux d’incapacité permanente est inférieur à 10% ?

Si votre taux d’incapacité permanente est inférieur à 10%, vous ne pouvez malheureusement pas prétendre à la retraite anticipée pour incapacité permanente d’origine professionnelle.Cependant, vous pouvez potentiellement partir en retraite anticipée pour inaptitude au travail, si votre médecin du travail vous déclare inapte à toute activité professionnelle.

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires