Aidant familial

Un parent atteint d’Alzheimer ? Un enfant handicapé ? Un ami isolé qui a besoin d’aide au quotidien ? Nombreux sont mes clients qui n’ont pas hésité à mettre leur carrière entre parenthèses afin de s’occuper d’un proche dans le besoin. Pour eux, et c’est bien compréhensible, étudier l’impact d’une telle période sur sa retraite n’intervient que dans un second temps ! Or, le sujet mérite beaucoup d’attention, notamment grâce à l’existence d’un statut dédié, celui d’aidant familial. Je vous explique tout ce qu’il faut savoir dans ce guide !
Moins d’une minute pour cet article ?
Les points à retenir
1
Aidant familial ou proche aidant, depuis 2023, il n’y a plus besoin de lien familial pour bénéficier de l’Assurance Vieillesse des Aidants (AVA)
2
L’AVA permet de valider des trimestres gratuitement, sur la base d’un salaire fictif au SMIC
3
Pas de points Agirc-Arrco pendant la période d’aidant, faites attention à votre pension complémentaire
4
Plafond de revenus à respecter pour être éligible à l’AVA, moins de 63% du PASS
Qu’est-ce qu’un aidant familial ?
Tout d’abord, voici ce qu’est un aidant familial au sens juridique du terme :
De nombreuses causes peuvent amener une personne à avoir besoin d’un aidant familial :
Au quotidien, les tâches des proches aidants sont variées :
Ainsi, donner de son temps pour aider un proche est loin d’être une situation anormale. D’après diverses sources, on estime qu’environ 10 millions de Français le vivent au quotidien. Voici quelques caractéristiques les concernant :
Bref, aider un parent à porter ses courses une fois par semaine ne qualifie donc pas pour devenir aidant familial et profiter de ce statut pour la retraite ! D’ailleurs, ne pensez pas que le statut de proche aidant soit plus bénéfique, car il s’agit finalement de la même chose :
Bon à savoir
AIDANT FAMILIAL OU PROCHE AIDANT : QUELLE DIFFÉRENCE ?
Il existe beaucoup de confusion à ce sujet. En fait, si les deux statuts assument le même rôle au quotidien, le statut d’aidant familial permettait d’obtenir une meilleure reconnaissance, grâce au lien familial, à travers l’assurance vieillesse des parents au foyer.
Or, depuis 2023 et la création de la caisse d’assurance vieillesse des aidants (AVA), le lien familial n’est plus obligatoire pour bénéficier d’une protection pour la retraite. En effet, selon le code de l’action sociale et des familles, les proches aidant peuvent maintenant être :
Conclusion ? Alors que l’on pense d’abord au statut d’aidant familial (ce qui est logique dans la mesure où la famille soutient le plus souvent les personnes en perte d’autonomie), on peut maintenant également parler indifféremment de proche aidant. Dans la suite de l’article, je ne m’embarrasse donc pas pour faire la distinction entre ces deux statuts !
Dans ces conditions, il est donc tout à fait naturel de s’interroger de l’impact d’une telle période sur sa retraite. Ce temps consacré aux autres aura-t-il des répercussions négatives ? Tout d’abord, il faut que nous parlions de l’AVA :
La caisse d’assurance vieillesse des aidants : l’AVA
Bonne nouvelle ! Bien que le statut de proche aidant ou d’aidant familial soit encore méconnu, et parfois par les premiers intéressés eux-mêmes, de nombreuses initiatives visent à mieux accompagner ces personnes :
Mais l’avancée majeure est certainement celle qui nous intéresse aujourd’hui : la création en 2023 de la caisse d’assurance vieillesse des aidants, l’AVA. Son intérêt principal est de permettre de valider des trimestres sans cotiser.
Ainsi, les bénéficiaires de l’AVA peuvent éviter un “trou de carrière” et partir à la retraite avec un taux plein plus facilement, c’est-à-dire sans minoration de pension.
Bon à savoir
AVA ou AVPF ?
Avant la création de l’Assurance Vieillesse des Aidants en 2023, les aidants familiaux bénéficiaient déjà d’un statut dédié pour leur retraite, à travers l’AVPF, l’Assurance Vieillesse des Parents au Foyer. Finalement, les deux dispositifs étant très similaires, il arrive souvent qu’on confonde les deux.
👉 Qui peut bénéficier de l’AVA ?
Pour rejoindre à l’assurance vieillesse des aidants et bénéficier d’une protection pour sa retraite, il existe 7 “portes d’entrée” :
Les 5 portes d’entrée qui étaient déjà en vigueur avant le 1er septembre 2023
Les “portes d’entrée” ci-dessous étaient celles comprises dans le dispositif de l’Assurance Vieillesse des Parents au Foyer. Elles sont toujours d’actualité avec l’AVA :
Si vous étiez affilié auprès de l’AVPF, vos droits sont automatiquement transférés à l’AVA.
Les 2 nouvelles portes d’entrée du 1er septembre 2023
C’est là qu’il y a de vraies avancées ! La loi de réforme des retraites a élargi le champ des bénéficiaires et assoupli certaines conditions pour l’AVA. Voici les nouveautés :
➡️Pour les aidants d’enfants handicapés :
Avant, c’était assez strict. Maintenant, pour être affilié à l’AVA en tant qu’aidant d’enfant handicapé, il faut que l’enfant :
Le gros changement ? Il n’est plus obligatoire que l’enfant ait un taux d’incapacité permanente d’au moins 80%. C’est une simplification majeure qui va permettre à plus de parents d’être couverts.
➡️Pour les aidants d’adultes handicapés :
Auparavant, pour les adultes, il fallait un taux d’incapacité d’au moins 80% et la reconnaissance par la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) d’un besoin d’assistance. De plus, il y avait deux conditions qui pouvaient être bloquantes :
Depuis le 1er septembre 2023, ces deux conditions sont supprimées. Cela signifie que l’aidant d’un adulte handicapé peut désormais :
En résumé, l’AVA est pour vous si :

“Mon conseil ? L’assurance vieillesse des aidants est un dispositif très jeune et dont quelques contours sont encore flous. Si vous pensez avoir le droit de bénéficier de ses prestations, n’hésitez pas à les contacter directement. L’affiliation n’est pas toujours automatique, donc il est dans votre intérêt d’entreprendre les démarches pour éviter ainsi un potentiel “trou” dans votre carrière.”
“Mon conseil ? L’assurance vieillesse des aidants est un dispositif très jeune et dont quelques contours sont encore flous. Si vous pensez avoir le droit de bénéficier de ses prestations, n’hésitez pas à les contacter directement. L’affiliation n’est pas toujours automatique, donc il est dans votre intérêt d’entreprendre les démarches pour éviter ainsi un potentiel “trou” dans votre carrière.”

ATTENTION AU PLAFOND DE REVENUS
Pour bénéficier de l’AVA, il existe une dernière condition : avoir des revenus annuels inférieurs à 63% du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). Pour avoir un ordre de grandeur, voici ce plafond sur les dernières années :
| 🗓️ Année | 💶 PASS | 💰 63% du PASS |
|---|---|---|
| 2025 | 47 100€ | 29 673€ |
| 2024 | 46 368€ | 29 212€ |
| 2023 | 43 992€ | 27 715€ |
| 2022 | 41 136€ | 25 916€ |
Par exemple, en 2025, une personne en activité partielle et avec des revenus de 30 000€ ne remplit pas les conditions pour demander l’AVA. Est-ce un problème ? Pas vraiment. En effet, il ne faut pas oublier que les trimestres de retraite sont accordés en échange des cotisations prélevées sur le salaire. Or, avec 30 000€ de revenus en 2025, on peut aisément valider ses 4 trimestres de l’année civile en cours, rendant l’intérêt de l’AVA caduque. Tout dépend donc de votre situation personnelle !
👉 Comment s’affilier à l’AVA ?
L’affiliation à l’Assurance Vieillesse des Aidants dépend des deux organismes ci-dessous :
Ce sont ces organismes qui vont instruire votre dossier, vérifier votre éligibilité et procéder à votre affiliation, sachant que celle-ci peut parfois être automatique :
Les cas où les aidants sont affiliés automatiquement
Si vous êtes un aidant qui bénéficie déjà de l’une des prestations suivantes, votre affiliation à l’AVA est normalement automatique :
- L’Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP)
- Le Congé de Proche Aidant (CPA).
- L’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA)
Les cas où les aidants doivent déposer une demande
Si vous êtes un aidant qui ne perçoit pas les aides listées ci-dessus, mais que vous remplissez les conditions d’éligibilité (notamment concernant la dépendance du proche, le lien familial, et l’impact sur votre activité professionnelle), vous devrez en faire la demande. C’est le cas notamment pour :
Ensuite, voici la démarche à suivre :
- Contactez votre CAF (ou MSA) et expliquez votre situation, soit en agence, par téléphone ou via votre espace personnel
- Si votre situation est compatible avec le régime de l’AVA, vous recevrez une liste de justificatifs à transmettre : lien de parenté, justificatifs de dépendance ou d’handicap, preuves que vous avez réduit votre temps de travail, etc…
- Envoyez votre dossier complet (formulaire et pièces justificatives) à la CAF ou la MSA compétente
En cas d’acceptation de votre dossier, votre CAF (ou MSA) contactera ensuite votre régime de retraite pour faire valider vos trimestres. Ceci étant dit, dans ce genre de situation, nous ne pouvons que vous conseiller de consulter votre relevé de carrière afin de s’assurer de la bonne communication entre les deux organismes !
Quel impact sur ma retraite en tant que proche aidant ?
En rejoignant l’Assurance Vieillesse des Aidants, vous bénéficiez de la protection sociale suivante pour votre retraite :
Concrètement, l’AVA permet donc d’éviter les trous de carrière ! Une vraie bonne nouvelle…
Toutefois, la retraite étant un savant mélange de paramètres, faisons un rapide bilan de la situation :
| 🧮 Paramètre du calcul | 📊 Impact du statut proche aidant sur votre retraite |
|---|---|
| ➡️ Salaire Moyen Annuel des 25 meilleures années | Négatif, neutre ou positif, dépend de vos 25 meilleures années en terme de salaire |
| ➡️ Taux de liquidation | Aucun |
| ➡️ Durée de carrière | Aucun |
| ➡️ Points pour la pension complémentaire Agirc – Arrco | Négatif |
Pour rappel, voici la formule de calcul de votre pension de base :

Pension de base du salarié
Voici mes explications détaillées :
Impact sur votre salaire moyen des 25 meilleures années
Pendant une période de proche aidant, votre régime de retraite considère que vous cotisez annuellement sur la base d’un SMIC, même si vous ne touchez pas de salaire. Il s’agit donc du salaire fictif.
L’impact de ce salaire fictif sur votre salaire annuel moyen de vos 25 meilleures années dépend donc de votre situation personnelle. Prenons quelques exemples :
Bref, tout va dépendre du classement retenu de vos 25 meilleures années, et dans quelle mesure ce salaire fictif sera pris en compte, à supposer qu’il l’intègre.
Impact sur le taux de liquidation et la durée de carrière
Les deuxième et troisième paramètres de la formule de calcul ne sont qu’une histoire de trimestres. Plus exactement, vous devez atteindre un quota de trimestres fixé en fonction de votre année de naissance. Deux cas de figure sont possibles :
La bonne nouvelle est qu’en tant que proche aidant, le dispositif de l’AVA vous permet de valider normalement des trimestres, comme si vous travailliez à hauteur du SMIC. Autrement dit, ce n’est pas à cause d’une période de proche aidant que vous allez générer un trou de carrière.

“Pour le montant de votre pension de base, tout va dépendre de vos 25 meilleures années en terme de salaire. Tous les scénarios sont possibles ! Mais dans tous les cas, vous pouvez vous réjouir de cotiser gratuitement pour votre retraite, notamment en termes de trimestres.”
“Pour le montant de votre pension de base, tout va dépendre de vos 25 meilleures années en terme de salaire. Tous les scénarios sont possibles ! Mais dans tous les cas, vous pouvez vous réjouir de cotiser gratuitement pour votre retraite, notamment en termes de trimestres.”
Impact sur la pension complémentaire Agirc – Arrco
Le fonctionnement de la pension complémentaire Agirc – Arrco est le suivant :

Pension complémentaire du salarié
Or, en tant que proche aidant, il faut savoir que le salaire fictif utilisé pour la pension de base n’est pas pris en compte pour la pension complémentaire. Autrement dit, le statut de proche aidant ne vous sera d’aucune utilité pour améliorer le montant de votre pension complémentaire.

“Le statut d’aidant familial ne permet pas d’accumuler de points pour la pension complémentaire. Est-ce un problème ? Le plus important est de réaliser des simulations pour éviter toute mauvaise surprise au moment du départ à la retraite”
Ma conclusion sur le statut de proche aidant

Pour résumer, si vous êtes en situation de proche aidant, n’oubliez pas de penser à vous et à votre retraite ! Pour cela, je constate que le dispositif de l’Assurance Vieillesse des Aidants apporte une aide souvent précieuse.
Ne passez donc pas à côté ! Pour ne rien louper, voici les étapes clés :
Étape 1
Information auprès de la CAF/MSA
Dès que votre situation d’aidant familial se met en place, renseignez-vous auprès de la CAF (ou de la MSA) sur les conditions d’éligibilité à l’AVA. Ils vous fourniront les formulaires nécessaires.
Étape 2
Constitution du dossier AVA
Vous devrez généralement fournir des justificatifs concernant votre lien de parenté avec la personne aidée, le niveau de handicap de cette dernière (notification d’APA ou de PCH), ainsi qu’une déclaration sur l’honneur attestant de la cessation ou de la réduction de votre activité professionnelle.
Étape 3
Déclaration annuelle à la caisse de retraite
Une fois l’AVA accordée, vous devrez généralement adresser une déclaration annuelle à votre caisse de retraite de base (la Carsat pour les salariés du privé) pour signaler que vous continuez à remplir les conditions.
Étape 4
Mise à jour régulière de votre relevé de carrière
Il est crucial de consulter régulièrement votre relevé de carrière sur le site de l’Assurance Retraite pour vérifier que vos trimestres au titre de l’AVA y sont bien enregistrés. Signalez toute anomalie sans attendre !
Si vous suivez ces étapes, votre période en tant que proche aidant ne devrait pas poser de difficultés au moment de votre départ à la retraite. Mais comme toujours, je vous recommande de tout simuler le plus tôt possible, car il s’agit de la seule méthode qui a fait ses preuves pour prendre les meilleures décisions.
Pour cela, si vous avez besoin d’aide, n’oubliez pas que les experts de Kelretraite se tiennent à votre disposition à travers notre bilan retraite.
Vos questions fréquentes sur le statut d’aidant familial
Qu’est-ce que le statut de proche aidant et qui peut en bénéficier ?
Le proche aidant est une personne qui accompagne régulièrement et bénévolement un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Pour bénéficier de l’Assurance Vieillesse des Aidants (AVA), plusieurs conditions doivent être remplies : la personne aidée doit avoir une dépendance ou un handicap reconnu (percevoir l’APA, la PCH, l’AEEH…), et l’aidant doit apporter une aide régulière qui impacte son activité professionnelle. Depuis 2023, le lien familial n’est plus obligatoire, puisqu’un ami entretenant des liens étroits et stables avec la personne aidée peut également bénéficier du dispositif.
Etre proche aidant affecte-t-il ma retraite ?
L’impact dépend de votre situation personnelle. L’AVA vous permet de valider des trimestres gratuitement et d’éviter les trous de carrière, ce qui est un point très positif pour atteindre le taux plein. En revanche, le salaire fictif au niveau du SMIC peut impacter votre SAM (Salaire Annuel Moyen) à la hausse ou à la baisse selon votre historique de carrière. Le point négatif : ce salaire fictif ne génère pas de points Agirc-Arrco pour la pension complémentaire. Je vous conseille de réaliser des simulations pour évaluer l’impact réel sur votre situation.
Quelles sont les conditions pour bénéficier de l’AVA ?
Trois types de conditions doivent être réunies.
– Concernant la personne aidée : elle doit avoir un niveau de dépendance ou de handicap reconnu (APA, PCH, AEEH, MTP/PCRTP…).
– Concernant l’aidant : vous devez apporter une aide régulière et indispensable qui vous empêche de travailler ou limite fortement vos revenus.
– Concernant les revenus : si vous continuez à travailler à temps partiel, vos revenus annuels ne doivent pas dépasser 63% du PASS (soit environ 29 673€ en 2025). L’affiliation se fait auprès de la CAF ou de la MSA, et peut être automatique si vous percevez déjà l’AJPP, l’AJPA ou le CPA.


