Durée d’assurance

Dans le vocabulaire technique de la retraite, la durée d’assurance figure en très bonne position ! Ce concept revient tout le temps, mais on ne sait pas très bien ce qu’il représente… Si vous vous reconnaissez dans cette situation, pas de panique, je vais vous expliquer maintenant pourquoi la durée d’assurance est un rouage essentiel du montant de votre retraite. Et vous allez voir, ce n’est vraiment pas compliqué !
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Les points à retenir
1
Ne confondez pas durée d’assurance et durée de carrière : la durée d’assurance inclut aussi les périodes de chômage, maladie ou congé parental qui valident des trimestres
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Le rapport durée d’assurance réelle / durée d’assurance requise impacte directement le montant de votre pension de base
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La durée d’assurance requise dépend de votre année de naissance
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Avec une durée d’assurance incomplète, vous risquez une décote et une pénalité financière sur votre pension de retraite
Définition de la durée d’assurance retraite
Tout d’abord, même si les experts de la retraite parlent de durée d’assurance par habitude, le terme précis est de durée d’assurance retraite. Mais en vrai, ces derniers parlent plutôt volontiers de durée de carrière !
Entendons-nous donc bien sur la définition de la durée d’assurance :
Pour illustrer la durée d’assurance retraite, prenons l’exemple d’un salarié dans la situation suivante :
Aux yeux des caisses de retraite, la durée d’assurance retraite de cette personne est de 35 ans. Pourquoi ? Pour deux raisons :
Conséquence ? Toutes les périodes qui valident des trimestres sont comprises dans le calcul de votre durée d’assurance :
Et à contrario, ce qui ne valide pas de trimestres n’est pas pris en compte dans votre durée de carrière. Or, plus vous avez de trimestres et mieux votre retraite se porte !
Bon à savoir
VOS TRIMESTRES DE MAJORATION SONT-ILS COMPRIS DANS VOTRE DURÉE D’ASSURANCE ?
Si vous avez eu des enfants, il est possible de recevoir des trimestres “gratuits”, c’est-à-dire des majorations de trimestres. Par exemple, jusqu’à 8 trimestres par enfant. Une bonne nouvelle !
Toutefois, contrairement aux trimestres cotisés (accordés grâce à vos périodes travaillées) et assimilés (accordés pour vos périodes d’inactivité comme la maladie ou le congé parental), ces trimestres de majoration peuvent ne pas être inclus dans votre durée d’assurance.
En effet, cela dépend si vous avez atteint le nombre de trimestres requis par rapport à votre année de naissance :
Conclusion ? En plus d’inclure par défaut toutes les périodes qui valident des trimestres cotisés ou assimilés, la durée d’assurance peut inclure des trimestres de majoration, mais uniquement dans le cas où vous auriez “besoin d’aide” pour atteindre votre quota de trimestres.
Pour résumer, si le terme de durée de carrière est très fréquemment utilisé par les conseillers de retraite, dans un souci de simplification, le terme de “durée d’assurance retraite” est plus juste, car il prend en considération toutes les périodes qui valident des trimestres (arrêt maladie, etc…), en plus d’éventuels trimestres de majoration.
Mais tout cela n’est pas finalement très important. Il vaut mieux comprendre comment est calculée votre retraite !
Impact de votre durée d’assurance sur le montant de votre retraite
Pour tous les Français (salariés du privé, fonctionnaires, professions libérales, etc..), la durée d’assurance est un paramètre fondamental du calcul de la retraite.
Pour rappel, comment vous avez le droit à plusieurs pensions de retraite, cela veut dire que la durée d’assurance est utilisée :
Dans quelles proportions ? Prenons par exemple la formule de calcul de la pension de base des salariés du privé :

Pension de base du salarié
Dans cette formule, la durée d’assurance est exprimée sous la forme du nombre de trimestres que vous avez validés par rapport à votre objectif de trimestres.
Par exemple, pour une personne née après 1968, la durée d’assurance requise est de 172 trimestres. Vous aussi, découvrez votre durée d’assurance requise :
| 🎂 Année de naissance | 🔢 Durée d’assurance requise / trimestres requis pour le taux plein | ⏳ Age de départ minimum |
|---|---|---|
| A partir de 1968 | 172 | 64 ans |
| 1967 | 172 | 63 ans et 9 mois |
| 1966 | 172 | 63 ans et 6 mois |
| 1965 | 172 | 63 ans et 3 mois |
| 1964 | 171 | 63 ans |
| 1963 | 170 | 62 ans et 9 mois |
| 1962 | 169 | 62 ans et 6 mois |
| 01/09 à 31/12/1961 | 169 | 62 ans et 3 mois |
| 01/01 à 31/08/1961 | 168 | 62 ans |
| 1960 | 167 | 62 ans |
Le risque est que si vous n’avez pas votre durée d’assurance requise (ou durée de carrière requise) au moment de votre départ à la retraite, alors une pénalité financière puisse être appliquée à votre pension.
Dans les faits, c’est pour cette raison que les experts de la retraite considèrent le rapport durée d’assurance / durée d’assurance requise comme étant votre prorata de durée de carrière.
Par exemple, prenons l’exemple d’un expatrié ayant cotisé dans les conditions suivantes :
Parce que pour le régime français, sa durée d’assurance n’est que de 50% du nombre de trimestres requis (par exemple 86 trimestres à la place de 172), sa retraite française est finalement proratisée à hauteur de 50%. Ainsi, il ne touchera que la moitié de la retraite qu’il aurait pu recevoir avec une durée de carrière complète.
On comprend donc que la durée d’assurance, ou durée de carrière, pèse très lourd dans le calcul de la retraite !
Ma conclusion sur la durée d’assurance

La durée d’assurance est donc un concept clef de votre retraite ! Pour parler concrètement, il existe trois situations avec des conséquences financières très concrètes qui découlent de votre durée d’assurance :
| ⏳ Durée d’assurance | 📊 Impact sur la retraite |
|---|---|
| ➡️ Vous avez tous les trimestres requis par rapport à votre année de naissance | Retraite à taux plein, c’est-à-dire sans minoration, ni majoration de pension |
| ➡️ Il vous manque des trimestres requis par rapport à votre année de naissance | Application d’une décote, c’est-à-dire que le montant de la retraite sera minoré |
| ➡️ Vous avez plus de trimestres requis que nécessaire par rapport à votre année de naissance | Application potentielle d’une surcote, c’est-à-dire que le montant de la retraite sera majoré |
Taux plein, décote ou surcote, quelle sera la durée d’assurance de votre retraite ? Pour vous aider à atteindre le taux plein à minima, voici quelques conseils importants :
Conseil 1
Vérifiez votre relevé de carrière au moins une fois par an
Votre relevé de carrière, accessible sur lassuranceretraite.fr, détaille trimestre par trimestre votre durée d’assurance. C’est le seul document qui permet de vérifier que toutes vos périodes (travail, chômage, maladie, congé parental, etc…) ont bien été prises en compte.
Bulletins de salaire, attestations France Travail, indemnités journalières, certificats de congé parental, etc… : gardez tout !
En effet, en cas de trimestres manquants sur votre relevé, ces documents vous permettront de faire corriger votre durée d’assurance. Et d’augmenter votre durée d’assurance…
Conseil 2
Anticipez l’impact d’un départ avec des trimestres manquants
Le pire des scénarios est une durée d’assurance incomplète. Un départ avec ne serait-ce que 5 trimestres manquants a un double effet négatif :
Cela peut donc représenter plusieurs centaines d’euros de pension en moins chaque mois… Vous auriez peut-être plutôt intérêt à continuer à travailler. Pour le savoir, avant de fixer votre date de départ, faites les calculs !
Conseil 3
Étudiez le rachat de trimestres si votre durée d’assurance est courte
Si vous avez une durée d’assurance incomplète, le rachat de trimestres peut être une option intéressante.
Mais attention, car il ne s’agit pas toujours d’une opération rentable. En effet, le coût dépend de votre âge, de vos revenus et du nombre de trimestres à racheter.
Conseil 4
Faites-vous accompagner pour les situations complexes
Carrières mixtes (public/privé), expatriation, longues périodes de chômage, congés parentaux multiples, etc… Les carrières complexes peuvent impliquer des durées d’assurance difficiles à calculer !
Si vous vous reconnaissez, n’hésitez pas à demander un bilan retraite afin de sécuriser ensemble votre dossier.
Vos questions fréquentes sur la durée d’assurance
Comment connaître sa durée d’assurance retraite ?
Votre durée d’assurance figure sur votre relevé de carrière, consultable en ligne sur le site de votre caisse de retraite. Ce document liste vos trimestres validés année par année. Le total de ces trimestres constitue donc votre durée d’assurance (ou durée de carrière).
Quelles périodes comptent dans la durée d’assurance ?
En plus des périodes travaillées, plusieurs interruptions de carrière permettent de valider des trimestres : le chômage indemnisé, l’arrêt maladie, le congé maternité, le congé parental ou encore le service militaire.
On parle de trimestres assimilés. En revanche, les périodes sans activité ni indemnisation (congé sabbatique, disponibilité) ne comptent généralement pas.
Quelle durée d’assurance pour partir à taux plein ?
La durée d’assurance requise dépend de votre année de naissance. Par exemple, si vous êtes né après 1968, il faut 172 trimestres (soit 43 ans de cotisation) pour partir à taux plein.
Que se passe-t-il si ma durée d’assurance est insuffisante ?
Si vous partez à la retraite sans avoir le nombre de trimestres requis, deux pénalités s’appliquent : une décote qui réduit le taux de calcul de votre pension (jusqu’à -1,25% par trimestre manquant), et une proratisation qui réduit la pension au prorata de votre durée de carrière réelle. Ces deux effets se cumulent, pour un impact potentiellement très fort.
Peut-on augmenter sa durée d’assurance ?
Oui, plusieurs dispositifs existent.
➡️Le rachat de trimestres permet de valider des années d’études supérieures ou des années incomplètes
➡️Les trimestres de majoration pour enfants (jusqu’à 8 par enfant) viennent également compléter votre durée d’assurance en cas de trimestres manquants.
➡️Enfin, continuer à travailler au-delà de l’âge minimum permet de valider des trimestres supplémentaires et de bénéficier d’une surcote



