Invalidité

L'impact d'une période d'invalidité sur votre retraite

26/01/2026

29 min

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Vous avez bénéficié d’une pension d’invalidité en cours de carrière ? Il est normal de vous interroger sur l’impact d’une telle période sur le montant de votre retraite. De plus, les règles diffèrent entre la pension de base et la pension complémentaire. Ce n’est pas toujours facile d’y voir clair ! Dans ce guide, je vais donc vous aider à mieux préparer votre retraite en prenant en compte l’invalidité.

Christophe Hau, cofondateur de Kelretraite

Christophe Hau

Cofondateur Kelretraite

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Résumé rapide de cet article

1

Ne confondez pas pension d’invalidité et pension de retraite : la première s’arrête automatiquement à 62 ans et se transforme ensuite normalement en retraite pour inaptitude

2

Vos trimestres sont protégés : 1 trimestre assimilé par trimestre. Cela aide beaucoup pour votre retraite de base

3

Vos points Agirc-Arrco continuent à s’accumuler gratuitement pendant toute la durée de l’invalidité, en suivant certaines règles

4

Le départ anticipé est possible dès 62 ans avec le taux plein automatique (50%) grâce à la retraite pour inaptitude au travail

Pension d’invalidité : de quoi parle-t-on exactement ?

Malheureusement, les raisons de devenir invalide ne manquent pas :

  • Cancers
  • Maladie neuro-dégénératives ou auto-immunes
  • Insuffisance rénale
  • Accident de voiture grave
  • AVC
  • Dépressions chroniques
  • Etc…

La liste est longue ! Or, face à chacune de ces maladies ou séquelles, le risque est de perdre sa capacité à travailler et à générer des revenus. Si cela devait vous arriver, vous pourriez donc toucher une pension d’invalidité, définie de la manière suivante :

  • La pension d’invalidité est une compensation financière versée par l’Assurance Maladie dont le but est de compenser une perte de revenus subie à cause d’un accident ou une maladie.
  • Pour y être éligible, il faut notamment que l’invalidité soit considérée comme ayant réduit d’au moins deux tiers votre capacité de travail ou de gain

Par exemple, avoir été victime d’un AVC n’est pas toujours suffisant pour bénéficier d’une pension d’invalidité, pour au moins deux raisons :

Bref, il est fréquent que pour une même maladie, l’évaluation de la pension d’invalidité soit complètement différente d’une personne à l’autre !

LA PENSION D’INVALIDITÉ N’EST JAMAIS D’ORIGINE PROFESSIONNELLE !

Le droit à une pension d’invalidité doit découler d’un accident ou d’une maladie liée à la vie courante. Si les lésions subies sont d’origine professionnelle, on parle plutôt de taux d’incapacité d’origine professionnelle. A ce titre, il existe deux dispositifs distincts :

Dans les faits, c’est l’évaluation de l’invalidité par le médecin-conseil de la Sécurité Sociale qui fait foi. C’est-à-dire qu’en fonction de son diagnostic, il existe trois types d’invalidité avec des conséquences directes sur le montant de la pension :

🏷️ Catégorie📋 Description💰 Montant de la pension
Catégorie 1Vous pouvez encore travailler, mais votre capacité est réduite. Vous êtes considéré comme capable d’exercer une activité rémunérée30% du Salaire Annuel Moyen
Catégorie 2Vous êtes considéré comme absolument incapable d’exercer une profession quelconque50% du Salaire Annuel Moyen
Catégorie 3En plus de catégorie 2, vous avez besoin de l’aide d’une tierce personne pour les actes de la vie courante50% du Salaire Annuel Moyen + 40% au titre de la majoration pour tierce personne

Avant de parler retraite, voici quelques informations supplémentaires sur le statut de l’invalidité :

Les critères d’éligibilité à une pension d’invalidité


Pour s’assurer que seules les personnes qui en ont vraiment besoin en bénéficient, les conditions suivantes sont en place :

  • La capacité de travail ou de gain doit être réduite d’au moins 2/3
  • Avoir moins de 62 ans
  • Avoir été affilié au moins 12 mois à la Sécurité Sociale à la date de l’arrêt de travail OU de la constatation de l’invalidité
  • En plus, toujours dans ce délai de 12 mois, il faut avoir au moins travaillé 600 heures en tant que salarié OU avoir reçu une rémunération au moins égale à 2 030 fois le SMIC horaire

Notez que pour les travailleurs indépendants, la condition consiste à avoir cotisé sur un revenu d’activité annuel moyen au moins égal à 10% de la moyenne annuelle des plafonds de sécurité sociale des trois dernières années.

Les démarches pour faire reconnaître son invalidité


Pour faire reconnaître son invalidité et donc être éligible à une pension, il existe une procédure spécifique :

  • Etape 1 : démarrer le processus
    Vous pouvez démarrer vous-même le processus de reconnaissance d’invalidité, mais sachez qu’il n’est pas rare que le médecin traitant le fasse de lui-même, ou même l’Assurance maladie parfois, par exemple si le congé maladie arrive prochainement à échéance
  • Etape 2 : préparer le dossier
    Généralement, celui-ci consiste à remplir le formulaire Cerfa n°11174*05 de demande d’invalidité, accompagné de pièces justificatives (identité, revenus, médicaux, etc…)
  • Etape 3 : dépôt du dossier par courrier avec accusé de réception auprès de votre caisse d’Assurance maladie
  • Etape 4 : instruction du dossier
    Le médecin-conseil de l’assurance maladie étudie le dossier et vous convoque à un examen médical complémentaire si besoin
  • Etape 5 : La décision doit être rendue dans les deux mois suivant le dépôt du dossier.
Quel est le montant de la pension d’invalidité ?


Pour résumer, le montant de la pension d’invalidité dépend de la catégorie d’invalidité :

  • Catégorie 1 : 30% du Salaire Annuel Moyen
  • Catégorie 2 : 50% du Salaire Annuel Moyen
  • Catégorie 3 : 50% du Salaire Annuel Moyen + Majoration Tierce Personne

Pour comprendre ces montants, il faut donc se pencher sur la définition du Salaire Annuel Moyen (SAM). Celui-ci est calculé de la manière suivante :

  • Il s’agit de la moyenne de vos 10 meilleures années de salaires bruts (revalorisés en fonction de l’inflation) sur l’ensemble de votre carrière professionnelle

Par exemple, avec un SAM de 30 000€, un invalide de catégorie 2 peut ainsi percevoir une pension d’invalidité annuelle de 15 000€. Le mode de calcul est donc très simple ! Néanmoins, il faut retenir que le montant de cette pension d’invalidité est encadré de deux manières :

  • Montant inférieur : à partir du moment où on est éligible à une pension d’invalidité, il existe un montant minimum de pension, revalorisé tous les ans
  • Montant supérieur : les salaires annuels dans le calcul du SAM ne sont considérés que jusqu’à un montant maximum, défini comme étant le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale. Par exemple, en 2025, ce PASS est de 47 100€. Ce montant est également revu tous les ans en fonction de l’inflation.

Pour vous donner une idée du montant de ces deux limites, voici un tableau récapitulatif valable pour 2024 :

🏷️ Catégorie🧮 Taux de calcul de la pension💶 Montant Mensuel Minimum💰 Montant Mensuel Maximum
Catégorie 130% du SAM335,29€1 177,50€
Catégorie 250% du SAM335,29€1 962,50€
Catégorie 350% du SAM + Majoration pour tierce personne1 601,89€3 229,10€

Ainsi, retenez que plus les 10 meilleures années en termes de revenus sont élevées et plus le montant de la pension d’invalidité est élevé, à l’intérieur des deux limites présentées précédemment.

Enfin, si vous cumulez votre pension d’invalidité avec un salaire grâce à une activité professionnelle, la somme de ces deux revenus ne peut pas dépasser le salaire de la dernière année d’activité ou le montant du plafond de la sécurité sociale de l’année en cours. Si tel est le cas, alors la pension d’invalidité est réduite proportionnellement.

“Pour la pension d’invalidité, gardez à l’esprit que c’est votre capacité à générer des revenus qui doit être réduite de 66%, et non avoir un taux d’incapacité de 66%. Par exemple, pour un pianiste professionnel, un accident aux poignets peut révéler un taux d’incapacité de seulement 20%, mais une perte de capacité à générer des revenus de l’ordre de 80%. Rien ne peut donc remplacer l’avis du médecin-conseil de l’Assurance maladie !”

Christophe HAU

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

“Pour la pension d’invalidité, gardez à l’esprit que c’est votre capacité à générer des revenus qui doit être réduite de 66%, et non avoir un taux d’incapacité de 66%. Par exemple, pour un pianiste professionnel, un accident aux poignets peut révéler un taux d’incapacité de seulement 20%, mais une perte de capacité à générer des revenus de l’ordre de 80%. Rien ne peut donc remplacer l’avis du médecin-conseil de l’Assurance maladie !”

Christophe HAU, expert Kelretraite

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Quel est l’impact d’une période d’invalidité sur votre retraite ?

Du point de vue des caisses de retraite, une carrière n’est ni plus ni moins qu’une suite de périodes :

  • De périodes travaillées
  • De périodes non travaillées, pour cause d’arrêt maladie, de chômage, de maternité, etc…

Dans ce contexte, une période où l’on touche seulement une pension d’invalidité est donc considérée comme une période non travaillée. La question est donc de savoir comment celle-ci va impacter le montant global de la retraite !

Or, pour rappel, la retraite des salariés est composée d’au moins deux pensions :

  • La pension de base
  • La pension complémentaire
Les étages de votre retraite

Les étages de votre retraite

Chaque pension étant calculée selon ses propres règles, nous n’avons donc pas le choix : il faut comprendre le calcul de chaque pension pour connaître l’impact d’une période d’invalidité, aussi longue soit-elle.

Bon à savoir

LA PENSION D’INVALIDITÉ EST-ELLE PERMANENTE ?

Bien que très souvent, une période d’invalidité est permanente et se prolonge donc jusqu’au départ en retraite, il existe néanmoins de nombreux cas où le versement de la pension d’invalidité peut être suspendu ou supprimé :

  • Suite à un contrôle médical, le médecin-conseil constate une amélioration de l’état de santé, si bien que les critères d’éligibilité ne sont plus remplis
  • Si les revenus professionnels augmentent de manière à ce que le seuil de cumul avec la pension ne soit plus respecté
  • Refus de se soumettre à un contrôle médical, etc…

Pour ces raisons, il arrive donc que parfois, une période d’invalidité soit relativement courte, par exemple de deux ou trois ans. Ce qui sera naturellement pris en compte dans le calcul de votre retraite.

Maintenant, si vous souhaitez un aperçu, nous allons voir que l’impact d’une période d’invalidité sur votre retraite est le suivant :

💰 Pension✅ Avantages⚠️ Limites
Pension de base👉 Validez automatiquement jusqu’à 4 trimestres par an, essentiels pour votre durée d’assurance
👉 À 62 ans, votre retraite est automatiquement à taux plein (50%), même sans tous vos trimestres
Les pensions d’invalidité ne sont pas intégrées dans le Salaire Annuel Moyen des 25 meilleures années, ce qui en limite le montant
Pension complémentaire Agirc – ArrcoAccumulez des points Agirc-Arrco sans cotiser, basés sur vos anciennes rémunérationsFaute de périodes travaillées et de cotisations afférentes, on cotise moins de points

Vous ne comprenez pas tout ? Ce n’est pas grave, je commence seulement mes explications !

L’impact d’une période d’invalidité sur votre pension de base

Pour les salariés, le montant de votre pension de base est calculé selon cette formule :

Pension de base du salarié

Pension de base du salarié

Avec ou sans période d’invalidité, cette formule s’applique de la même manière pour tous les salariés ! Toutefois, en cas de période d’invalidité en cours de carrière, ces trois paramètres vont être impactés. Positivement ? Négativement ? Mon rôle est de vous expliquer cela maintenant.

👉 Impact de l’invalidité sur votre Salaire Annuel Moyen

Pour les salariés, le Salaire Annuel Moyen (SAM) consiste en la moyenne des 25 meilleures années. C’est-à-dire que plus cette moyenne est élevée, par exemple 35 000€ à la place de 28 000€, et plus votre pension de base augmente.

L’impact d’une période d’invalidité sur votre SAM est donc le suivant :

  • Contrairement à des périodes travaillées avec des salaires, les pensions versées au titre de l’invalidité ne donnent pas lieu au versement de cotisations pour la retraite.
  • Par conséquent, les pensions d’invalidité sont exclues du calcul du Salaire Annuel Moyen, ce qui impacte son montant à la baisse

Il ne s’agit donc pas d’une bonne nouvelle… Néanmoins, tout va donc dépendre de votre situation. En effet, pour schématiser :

  • Cas très positif : si vous avez déjà une carrière complète au moment de votre invalidité, par exemple avec 25 années avec un salaire annuel moyen supérieur au plafond de la sécurité sociale (par exemple 47 100€ en 2025), vous passez à travers les gouttes et votre pension de base ne sera pas affectée
  • Cas très négatif : si vous démarrez votre carrière et que vous êtes encore loin d’avoir “optimisé” vos 25 meilleures années en termes de salaire, la non prise en compte de cette pension dans votre Salaire Annuel Moyen risque de se faire cruellement ressentir

Et bien entendu, entre ces deux extrêmes, il existe autant de cas que de situations personnelles…

“Sauf exceptions, une période d’invalidité se traduit généralement par un impact négatif sur le montant du Salaire Annuel Moyen. Circonstance aggravante, plus cette période d’invalidité est longue et plus cet impact négatif risque de se faire ressentir… Dans ce cas de figure, le filet de sécurité est généralement le minimum contributif ou le minimum contributif majoré.”

Christophe HAU

Cofondateur Kelretraite

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“Sauf exceptions, une période d’invalidité se traduit généralement par un impact négatif sur le montant du Salaire Annuel Moyen. Circonstance aggravante, plus cette période d’invalidité est longue et plus cet impact négatif risque de se faire ressentir… Dans ce cas de figure, le filet de sécurité est généralement le minimum contributif ou le minimum contributif majoré.”

Christophe HAU, expert Kelretraite

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QUE SE PASSE-T-IL SI JE N’AI QUE TRÈS PEU OU JAMAIS TRAVAILLÉ ?

Dans le cadre d’une invalidité longue durée, ces deux questions paraissent très pertinentes, mais les réponses sont très différentes ! Regardons donc de plus près ces deux cas :

  • Je n’ai jamais travaillé

Si vous n’avez jamais travaillé, vous ne remplissez pas les conditions pour toucher une pension d’invalidité. En lieu et place, vous pourriez toucher une Allocation aux Adultes Handicapés (AAH). Par conséquent, vous n’avez pas à proprement parler de période d’invalidité sur votre relevé de carrière.

  • Je n’ai que très peu travaillé

Si vous avez moins de 25 années travaillées, le Salaire Annuel Moyen est calculé sur l’ensemble des années travaillées. Par exemple, dans le cas extrême d’une ou deux années travaillées, le SAM serait la moyenne de cette période travaillée. Avec deux conséquences fortes :

  • Salaire annuel moyen élevé : cette règle est à votre avantage
  • Salaire annuel moyen faible : cette règle est à votre désavantage

👉 Impact de l’invalidité sur votre taux de liquidation

Pour commencer, rappelons le fonctionnement du taux de liquidation :

Taux de liquidation

Taux de liquidation

Le taux de liquidation est le deuxième paramètre de la formule de calcul et est toujours compris dans les limites suivantes :

  • 50% au maximum : il est rigoureusement impossible de dépasser 50%. Avoir un taux de liquidation de 50% signifie avoir une retraite à taux plein. On ne peut pas faire mieux !
  • 37,50% au minimum : pour chaque trimestre manquant par rapport au nombre requis selon votre année de naissance, une pénalité de 0,625% est appliquée. Toutefois, même s’il vous manque 20 trimestres ou plus, cette limite basse ne pourra jamais être en dessous de 37,50%

Par exemple, prenons Marie, née en 1970 :

Voir vos trimestres requis en fonction de votre année de naissance

Année de naissance Nombre de trimestres requis pour le taux plein Age de départ minimum
A partir de 1968 172 64 ans
1967 172 63 ans et 9 mois
1966 172 63 ans et 6 mois
1965 172 63 ans et 3 mois
1964 171 63 ans
1963 170 62 ans et 9 mois
1962 169 62 ans et 6 mois
01/09 à 31/12/1961 169 62 ans et 3 mois
01/01 à 31/08/1961 168 62 ans

Maintenant, la question est de savoir comment une période d’invalidité peut impacter votre taux de liquidation. A la hausse ? A la baisse ?

Si vous avez bien suivi, vous comprenez donc que le taux de liquidation est avant tout une histoire de trimestres. Vous ne voulez pas en perdre en cours de route ! Or, la règle en vigueur vous avantage :

  • Pour chaque trimestre civil (janvier-mars, avril-juin, juillet -septembre, octobre – décembre) où vous percevez une pension d’invalidité, vous validez un trimestre pour la retraite. Et ce, dans la limite de 4 trimestres par an.

Et c’est une excellente nouvelle ! En effet, la logique de fonctionnement est la suivante :

  • En temps normal, les trimestres de retraite sont validés en fonction des cotisations prélevées sur le salaire
  • Or, sur une pension d’invalidité, aucune cotisation pour la retraite n’est prélevée, puisque ce n’est pas du salaire
  • Par conséquent, en l’absence de salaire (ou avec un très petit salaire en cas de temps partiel), les cotisations sont insuffisantes pour valider des trimestres
  • Toutefois, grâce à cette règle, le simple fait de toucher une pension d’invalidité au cours d’un trimestre civil permet de valider un trimestre

Conséquence immédiate ? Du point de vue des trimestres et du taux de liquidation, une période d’invalidité ne constitue en aucun cas un “trou” dans votre carrière. Et il s’agit donc ici d’un vrai avantage… Et ce n’est pas le dernier !

PARTIR EN RETRAITE ANTICIPÉE AVEC LE TAUX PLEIN AUTOMATIQUE ?

Les personnes titulaires d’une pension d’invalidité sont aussi éligibles à la retraite anticipée pour inaptitude au travail.

Dans le cadre de ce départ anticipé, il est possible de profiter automatiquement du taux plein, c’est-à-dire du taux de liquidation maximum de 50%. Pour résumer, il y a deux cas de figure :

  • Cas #1 : si vous avez eu une période d’invalidité, mais que celle-ci a pris fin avant votre départ à la retraite, vous n’êtes pas éligible à ce dispositif
  • Cas #2 : si vous êtes encore en période d’invalidité au moment du départ à la retraite, vous pouvez profiter de ce dispositif et du taux plein de 50%, quel que soit votre nombre de trimestres.

“En période d’invalidité, vos trimestres de retraite sont validés automatiquement tant que vous touchez votre pension d’invalidité. Vous n’avez donc aucune crainte à avoir pour votre taux de liquidation ! De plus, en cas de départ anticipé, vous profiterez du taux plein automatique. Ce n’est pas l’assurance d’une retraite réussie, mais ça aide !”

Christophe HAU

Cofondateur Kelretraite

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“En période d’invalidité, vos trimestres de retraite sont validés automatiquement tant que vous touchez votre pension d’invalidité. Vous n’avez donc aucune crainte à avoir pour votre taux de liquidation ! De plus, en cas de départ anticipé, vous profiterez du taux plein automatique. Ce n’est pas l’assurance d’une retraite réussie, mais ça aide !”

Christophe HAU, expert Kelretraite

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👉 Impact de l’invalidité sur votre durée de carrière

Le dernier paramètre du calcul de votre pension de base est le prorata de durée de carrière :

Prorata de durée de carrière

Prorata de durée de carrière

Son fonctionnement est très simple : imaginez que vous n’ayez qu’une moitié de carrière, dans ce cas, votre prorata de carrière n’est que de 50% et votre pension est donc divisée de moitié. Aie !

Encore une fois, le rôle des trimestres est primordial, et encore une fois, vous n’avez pas d’inquiétudes particulières à avoir concernant votre période d’invalidité :

  • Pour chaque trimestre civil où vous percevez une pension d’invalidité, vous validez un trimestre pour la retraite, dans la limite de 4 par an. Outre leur impact sur le taux de liquidation, ces trimestres sont aussi comptabilisés dans le calcul du prorata de durée de carrière

Par exemple, imaginons une période d’invalidité de 5 ans suite aux séquelles d’un accident de la route :

  • A raison de 4 trimestres par an, le bénéficiaire de la pension d’invalidité reçoit donc un total de 20 trimestres au titre de cette période
  • Ces 20 trimestres sont pris en compte dans le taux de liquidation et le prorata de durée de carrière

Le risque d’un “trou de carrière” au titre d’une période d’invalidité est donc nul !

“Franchement, les périodes d’invalidité ne sont pas un problème du point de vue des trimestres. Sur les trois paramètres de la formule de calcul, cela en fait déjà deux dont il ne faut pratiquement pas se soucier ! Par contre, le Salaire Annuel Moyen des 25 meilleures années est un autre sujet… qui dépend énormément de la situation personnelle de chacun”

Christophe HAU

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“Franchement, les périodes d’invalidité ne sont pas un problème du point de vue des trimestres. Sur les trois paramètres de la formule de calcul, cela en fait déjà deux dont il ne faut pratiquement pas se soucier ! Par contre, le Salaire Annuel Moyen des 25 meilleures années est un autre sujet… qui dépend énormément de la situation personnelle de chacun”

Christophe HAU, expert Kelretraite

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Impact de l’invalidité sur votre pension complémentaire Agirc – Arrco

A côté de la pension de base, vos cotisations servent également pour votre pension complémentaire, versée par la caisse de retraite Agirc – Arrco.

Son fonctionnement est le suivant :

Pension complémentaire du salarié

Pension complémentaire du salarié

Bref, plus votre salaire est élevé, plus vous cotisez, plus vous recevez de points et donc plus votre pension complémentaire Agirc – Arrco est élevée ! Mais une période d’invalidité risque-t-elle de tout compromettre ?

A cet effet, bonne nouvelle, car la règle est la suivante :

  • Les bénéficiaires d’une pension d’invalidité de catégorie 1, 2 ou 3 bénéficient de points gratuits de la part de l’Agirc – Arrco, c’est-à-dire même sans contrepartie de cotisations. Le nombre de points attribués dépend de l’année de référence

Ce dispositif est-il avantageux dans votre situation ? La réponse dépend donc de votre année de référence. Voici comment sont calculés les points gratuits Agirc – Arrco :

  • L’année de référence correspond à l’année civile précédent l’arrêt de travail ou la constatation de l’invalidité. Par exemple, pour un arrêt de travail en 2023, l’année de référence sera donc 2022
  • Pour l’année de référence identifiée, l’Agirc – Arrco vérifie le nombre de points complémentaires gagnés. Par exemple, pour cette année 2022, un titulaire de la pension d’invalidité aurait pu cotiser 500 points
  • Ensuite, on calcule la moyenne journalière de ces points Agirc – Arrco. Par exemple, avec une année de référence à 500 points, la moyenne journalière est de 1,37 points
  • Enfin, pour la période d’invalidité, on distribue gratuitement les points Agirc – Arrco en fonction de cette moyenne journalière. Par exemple, sur une année complète, 500 points sont donc distribués gratuitement, mais si la pension d’invalidité prend fin au bout de 120 jours, on accordera donc 164,40 points (soit 120 jours X 1,37)

Autrement dit, le principe de fonctionnement des points gratuits est que si vous bénéficiez d’une pension d’invalidité, vous continuez de cotiser des points complémentaires comme si vous aviez continué à travailler. Ce qui est plutôt pas mal !

Enfin, pour être complet, gardez à l’esprit également :

  • Tant que vous percevez la pension d’invalidité, vous pouvez continuer à recevoir ces points gratuits. Il n’y a donc pas de limite temporelle
  • Il existe toutefois un plafond à ces points gratuits, à savoir le nombre de points obtenus lors de l’année de référence. C’est-à-dire que si vous continuez par ailleurs à cotiser des points complémentaires à travers une activité professionnelle, ces points gratuits sont diminués proportionnellement afin que vous ne dépassiez pas ce plafond de points

“D’une manière générale, votre période d’invalidité est très bien couverte du point de vue de la pension complémentaire. Toutefois, l’année de référence est la “plaque tournante” de ce dispositif. Si vous avez reçu de gros revenus cette année, par exemple grâce au versement d’une prime, c’est tout à votre avantage ! Par contre, dans le cas contraire, la situation peut être plus compliquée…”

Christophe HAU

Cofondateur Kelretraite

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“D’une manière générale, votre période d’invalidité est très bien couverte du point de vue de la pension complémentaire. Toutefois, l’année de référence est la “plaque tournante” de ce dispositif. Si vous avez reçu de gros revenus cette année, par exemple grâce au versement d’une prime, c’est tout à votre avantage ! Par contre, dans le cas contraire, la situation peut être plus compliquée…”

Christophe HAU, expert Kelretraite

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Partir en retraite anticipée à 62 ans grâce à l’invalidité ?

Quelle que soit la catégorie de votre pension d’invalidité, celle-ci vous ouvre automatiquement les portes d’une retraite anticipée :

  • A l’âge de la retraite, les titulaires d’une pension d’invalidité sont éligibles au dispositif de retraite anticipée pour inaptitude au travail, ce qui leur donne le droit de partir automatiquement à la retraite avec le taux plein dès l’âge de 62 ans

Qu’en penser ? Deux premières remarques :

  • Comme vu précédemment, la pension d’invalidité permet déjà de valider automatiquement des trimestres, ce qui est très bénéfique pour le taux de liquidation et l’objectif de taux plein. Obtenir ce taux plein automatiquement (même si de nombreux trimestres manquent à l’appel) n’est donc pas toujours un avantage majeur, mais il est vrai que dans certaines situations, il peut rendre service
  • Par contre, partir à la retraite dès 62 ans est un avantage beaucoup plus recherché !

L’INVALIDITÉ DOIT ÊTRE EN COURS !

Attention ! Pour profiter de la retraite anticipée pour inaptitude au travail, il est indispensable d’être en période d’invalidité au moment du départ. Si au cours de votre carrière, vous avez eu une période d’invalidité (même longue), mais que celle-ci a pris fin, vous n’y serez pas automatiquement éligible.

Néanmoins, il existe d’autres “portes d’entrée”, comme la reconnaissance de l’inaptitude au travail par un médecin conseil de la Carsat, être bénéficiaire de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) ou encore être porteur d’une carte d’invalidité.

En conclusion, être titulaire d’une pension d’invalidité permet donc de présumer l’inaptitude au travail, ce qui facilite grandement les démarches pour entrer dans ce dispositif. D’ailleurs, concernant votre départ, voici comment envisager cette transition :

  • Si vous souhaitez prendre votre retraite à 62 ans : dans ce cas, l’Assurance retraite est déjà au courant de votre invalidité et prendra contact avec vous quelques mois avant la date fatidique, afin d’initier les démarches de votre liquidation de retraite. Votre pension d’invalidité prendra donc fin à 62 ans et sera remplacée par votre pension de retraite, qui pourra être inférieure ou supérieure en fonction de votre carrière passée.
  • Si vous ne souhaitez pas prendre votre retraite à 62 ans : dans ce cas, vous devez prouver que vous allez continuer à exercer une activité professionnelle après l’âge de 62 ans. Vous devrez donc au préalable en prévenir votre caisse d’Assurance Maladie à travers une demande écrite. L’intérêt de cette démarche peut être de continuer à toucher la pension d’invalidité en plus d’un salaire, plutôt que de combiner la pension de retraite et un salaire dans le cadre d’un cumul emploi retraite.

“A l’approche des 62 ans, anticipez et simulez sans modération ! En effet, si vous êtes en catégorie 1 et que vous travaillez, vous devrez prendre une décision entre arrêter et remplacer votre pension d’invalidité par votre pension de retraite, ou continuer dans le cadre d’un cumul emploi validité ou d’un cumul emploi retraite.

Or, entre les montants des pensions et les plafonds de revenus, ce choix n’a rien d’une évidence ! Et si vous êtes en catégorie 2 ou 3, le passage “automatique” en retraite anticipée ne doit pas vous empêcher de revérifier toute votre carrière afin de vous assurer de toucher la meilleure pension possible.”

Christophe HAU

Cofondateur Kelretraite

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“A l’approche des 62 ans, anticipez et simulez sans modération ! En effet, si vous êtes en catégorie 1 et que vous travaillez, vous devrez prendre une décision entre arrêter et remplacer votre pension d’invalidité par votre pension de retraite, ou continuer dans le cadre d’un cumul emploi validité ou d’un cumul emploi retraite. Or, entre les montants des pensions et les plafonds de revenus, ce choix n’a rien d’une évidence ! Et si vous êtes en catégorie 2 ou 3, le passage “automatique” en retraite anticipée ne doit pas vous empêcher de revérifier toute votre carrière afin de vous assurer de toucher la meilleure pension possible.”

Christophe HAU, expert Kelretraite

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Cofondateur Kelretraite

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Conclusion : mes astuces pratiques et pièges à éviter concernant la pension d’invalidité

Ma conclusion

Si vous êtes bénéficiaire d’une pension d’invalidité, de nombreuses règles encadrent votre retraite, depuis la manière dont celle-ci est calculée jusqu’à l’âge de départ. Or, pour éviter toute mauvaise surprise, il est de votre responsabilité d’en comprendre toutes les subtilités !

Pour vous aider dans cette tâche, voici des conseils et des pièges à éviter que je partage fréquemment avec mes clients :

Conseil 1

Vérifiez minutieusement votre relevé de carrière

Ce document est la base du calcul de votre retraite. Or, des erreurs peuvent parfois s’y glisser ! Par conséquent, pensez à le vérifier au moins une fois par an en vous attardant sur les points suivants :

  • La validation des trimestres pendant la période d’invalidité
  • Les points Agirc – Arrco attribués gratuitement

Ce n’est qu’ensuite que vous pourrez effectuer des simulations précises sur le montant de votre pension de retraite.

Conseil 2

Prenez le réflexe de simuler dès que possible

Pour éviter les mauvaises surprises et prendre les bonnes décisions, la simulation est le seul rempart qui a fait ses preuves. En effet, votre pension de retraite (complémentaire comprise) sera-t-elle inférieure, similaire ou supérieure à votre pension d’invalidité ?

Très certainement, vous ne souhaitez pas obtenir la réponse au dernier moment. De plus, si vous êtes en catégorie 1 et en capacité de travailler, la question du cumul des revenus devient centrale, en comparant avec un éventuel cumul emploi invalidité ou cumul emploi retraite. Bref, rien de cela n’est facile, et ce n’est qu’en réalisant des simulations que vous gagnerez en tranquillité d’esprit !

Conseil 3

Le SAM est votre talon d’Achille, ne restez pas les bras croisés !

En cas de longue période d’invalidité, le salaire annuel des 25 meilleures années peut être considéré comme faible, du fait de la non intégration de la pension d’invalidité dans ce calcul.

Or, même en cas de taux de liquidation à 50% et de carrière complète, un faible SAM peut avoir des effets dévastateurs sur le montant de la pension de base. Quelques pistes de réflexion pour en atténuer les effets :

  • Si vous le pouvez, améliorez votre SAM avec une activité rémunérée
  • Penser au minimum contributif simple ou majoré, afin de rehausser le montant de la pension
  • Penser à l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), si votre taux d’incapacité le permet
  • Penser à l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA)
  • Mettre de côté à travers l’Epargne Retraite Individuelle

L’intérêt de simuler le plus tôt possible votre retraite est justement de vous préparer à ces solutions, si besoin.

Conseil 4

Travaillez en vue du minimum contributif majoré

Même dans le cadre d’un travail à temps très partiel, ou d’un emploi adapté, les cotisations générées permettent de valider des trimestres cotisés. Or, à partir de 120 trimestres cotisés, il est possible de bénéficier du minimum contributif majoré, qui est un complément pour les petites pensions de base.

Dans certaines situations, travailler un tout petit peu pour atteindre ce seuil de 120 trimestres peut donc se révéler très rentable. Bon à savoir !

Conseil 5

Ne prenez pas votre pension d’invalidité pour définitivement acquise

Certes, dans beaucoup de cas, comme pour les maladies neuro-dégénératives, il est peu probable de s’attendre à une nette amélioration de l’état de santé. Néanmoins, dans d’autres situations, notamment suite à un accident, c’est beaucoup plus probable !

Or, si on ne peut que vous souhaiter une meilleure santé, le revers de la médaille est un changement drastique de la direction de votre carrière, et par ricochet, de votre retraite. Par exemple, la retraite anticipée pour inaptitude au travail n’est plus aussi automatique…

Par conséquent, à l’aube de votre situation, n’oubliez pas que votre pension d’invalidité n’est pas versée indéfiniment. En effet, des contrôles sont fréquents, et il ne faut jamais mettre de côté les progrès à venir en termes de traitement médicaux. Ainsi, des situations qui apparaissent figées peuvent finalement se révéler pas si figées…

Vos questions fréquentes sur la pension d’invalidité et la retraite

Est-ce que les années d’invalidité comptent pour ma retraite ?

Oui, absolument ! Les périodes pendant lesquelles vous percevez une pension d’invalidité vous permettent de valider des trimestres pour votre retraite de base. Concernant la pension complémentaire Agirc – Arrco, vous pouvez même recevoir des points gratuits, c’est-à-dire sans contrepartie de cotisations.

Les trimestres d’invalidité comptent-ils pour le minimum contributif ?

Les trimestres acquis au titre de l’invalidité sont considérés comme des trimestres assimilés et sont donc comptabilisés dans le cadre du minimum contributif. En revanche, gardez à l’esprit que pour le minimum contributif majoré, il faut cette fois justifier de trimestres cotisés (c’est-à-dire correspondant à des périodes travaillées), ce que ces trimestres d’invalidité ne sont plus aussi utiles.

Quel est l’impact d’une période d’invalidité pour un départ anticipé en carrière longue ?

Pour un départ anticipé pour carrière longue, il existe plusieurs conditions à remplir, dont celle de posséder un certain nombre de trimestres cotisés. Or, les trimestres d’invalidité ne remplissent pas ce critère, et ne sont considérés dans le cadre d’un départ anticipé pour carrière longue qu’à hauteur de deux trimestres. Par conséquent, plus la période d’invalidité est longue et plus il est difficile de partir en retraite anticipée pour carrière longue.

Suis-je obligé de prendre ma retraite à 62 ans si je suis invalide ?

Non, vous n’êtes pas obligé. Bien que votre pension d’invalidité se transforme automatiquement en retraite pour inaptitude au travail à 62 ans (si vous ne faites rien), vous avez l’option de demander le maintien de votre pension d’invalidité si vous continuez à exercer une activité professionnelle après 62 ans. Votre pension d’invalidité peut ainsi être maintenue au maximum jusqu’à 67 ans.

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