Invalidité

Vous avez bénéficié d’une pension d’invalidité en cours de carrière ? Il est normal de vous interroger sur l’impact d’une telle période sur le montant de votre retraite. De plus, les règles diffèrent entre la pension de base et la pension complémentaire. Ce n’est pas toujours facile d’y voir clair ! Dans ce guide, je vais donc vous aider à mieux préparer votre retraite en prenant en compte l’invalidité.
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Les points à retenir
1
Ne confondez pas pension d’invalidité et pension de retraite : la première s’arrête automatiquement à 62 ans et se transforme ensuite normalement en retraite pour inaptitude
2
Vos trimestres sont protégés : 1 trimestre assimilé par trimestre. Cela aide beaucoup pour votre retraite de base
3
Vos points Agirc-Arrco continuent à s’accumuler gratuitement pendant toute la durée de l’invalidité, en suivant certaines règles
4
Le départ anticipé est possible dès 62 ans avec le taux plein automatique (50%) grâce à la retraite pour inaptitude au travail
- Pension d’invalidité : de quoi parle-t-on exactement ?
- Quel est l’impact d’une période d’invalidité sur votre retraite ?
- L’impact d’une période d’invalidité sur votre pension de base
- Impact de l’invalidité sur votre pension complémentaire Agirc – Arrco
- Partir en retraite anticipée à 62 ans grâce à l'invalidité ?
- Conclusion : mes astuces pratiques et pièges à éviter concernant la pension d’invalidité
- Vos questions fréquentes sur la pension d'invalidité et la retraite
Pension d’invalidité : de quoi parle-t-on exactement ?
Malheureusement, les raisons de devenir invalide ne manquent pas :
La liste est longue ! Or, face à chacune de ces maladies ou séquelles, le risque est de perdre sa capacité à travailler et à générer des revenus. Si cela devait vous arriver, vous pourriez donc toucher une pension d’invalidité, définie de la manière suivante :
Par exemple, avoir été victime d’un AVC n’est pas toujours suffisant pour bénéficier d’une pension d’invalidité, pour au moins deux raisons :
- Tout d’abord, la procédure n’est pas automatique, il faut en faire la demande !
- Ensuite, il faut répondre à de nombreux critères d’attribution, comme la réduction de la capacité de travail, mais ce n’est pas le seul
Bref, il est fréquent que pour une même maladie, l’évaluation de la pension d’invalidité soit complètement différente d’une personne à l’autre !

LA PENSION D’INVALIDITÉ N’EST JAMAIS D’ORIGINE PROFESSIONNELLE !
Le droit à une pension d’invalidité doit découler d’un accident ou d’une maladie liée à la vie courante. Si les lésions subies sont d’origine professionnelle, on parle plutôt de taux d’incapacité d’origine professionnelle. A ce titre, il existe deux dispositifs distincts :
Dans les faits, c’est l’évaluation de l’invalidité par le médecin-conseil de la Sécurité Sociale qui fait foi. C’est-à-dire qu’en fonction de son diagnostic, il existe trois types d’invalidité avec des conséquences directes sur le montant de la pension :
| 🏷️ Catégorie | 📋 Description | 💰 Montant de la pension |
|---|---|---|
| Catégorie 1 | Vous pouvez encore travailler, mais votre capacité est réduite. Vous êtes considéré comme capable d’exercer une activité rémunérée | 30% du Salaire Annuel Moyen |
| Catégorie 2 | Vous êtes considéré comme absolument incapable d’exercer une profession quelconque | 50% du Salaire Annuel Moyen |
| Catégorie 3 | En plus de catégorie 2, vous avez besoin de l’aide d’une tierce personne pour les actes de la vie courante | 50% du Salaire Annuel Moyen + 40% au titre de la majoration pour tierce personne |
Avant de parler retraite, voici quelques informations supplémentaires sur le statut de l’invalidité :
Les critères d’éligibilité à une pension d’invalidité
Pour s’assurer que seules les personnes qui en ont vraiment besoin en bénéficient, les conditions suivantes sont en place :
Notez que pour les travailleurs indépendants, la condition consiste à avoir cotisé sur un revenu d’activité annuel moyen au moins égal à 10% de la moyenne annuelle des plafonds de sécurité sociale des trois dernières années.
Les démarches pour faire reconnaître son invalidité
Pour faire reconnaître son invalidité et donc être éligible à une pension, il existe une procédure spécifique :
Quel est le montant de la pension d’invalidité ?
Pour résumer, le montant de la pension d’invalidité dépend de la catégorie d’invalidité :
Pour comprendre ces montants, il faut donc se pencher sur la définition du Salaire Annuel Moyen (SAM). Celui-ci est calculé de la manière suivante :
Par exemple, avec un SAM de 30 000€, un invalide de catégorie 2 peut ainsi percevoir une pension d’invalidité annuelle de 15 000€. Le mode de calcul est donc très simple ! Néanmoins, il faut retenir que le montant de cette pension d’invalidité est encadré de deux manières :
Pour vous donner une idée du montant de ces deux limites, voici un tableau récapitulatif valable pour 2024 :
| 🏷️ Catégorie | 🧮 Taux de calcul de la pension | 💶 Montant Mensuel Minimum | 💰 Montant Mensuel Maximum |
|---|---|---|---|
| Catégorie 1 | 30% du SAM | 335,29€ | 1 177,50€ |
| Catégorie 2 | 50% du SAM | 335,29€ | 1 962,50€ |
| Catégorie 3 | 50% du SAM + Majoration pour tierce personne | 1 601,89€ | 3 229,10€ |
Ainsi, retenez que plus les 10 meilleures années en termes de revenus sont élevées et plus le montant de la pension d’invalidité est élevé, à l’intérieur des deux limites présentées précédemment.
Enfin, si vous cumulez votre pension d’invalidité avec un salaire grâce à une activité professionnelle, la somme de ces deux revenus ne peut pas dépasser le salaire de la dernière année d’activité ou le montant du plafond de la sécurité sociale de l’année en cours. Si tel est le cas, alors la pension d’invalidité est réduite proportionnellement.

“Pour la pension d’invalidité, gardez à l’esprit que c’est votre capacité à générer des revenus qui doit être réduite de 66%, et non avoir un taux d’incapacité de 66%. Par exemple, pour un pianiste professionnel, un accident aux poignets peut révéler un taux d’incapacité de seulement 20%, mais une perte de capacité à générer des revenus de l’ordre de 80%. Rien ne peut donc remplacer l’avis du médecin-conseil de l’Assurance maladie !”
“Pour la pension d’invalidité, gardez à l’esprit que c’est votre capacité à générer des revenus qui doit être réduite de 66%, et non avoir un taux d’incapacité de 66%. Par exemple, pour un pianiste professionnel, un accident aux poignets peut révéler un taux d’incapacité de seulement 20%, mais une perte de capacité à générer des revenus de l’ordre de 80%. Rien ne peut donc remplacer l’avis du médecin-conseil de l’Assurance maladie !”
Quel est l’impact d’une période d’invalidité sur votre retraite ?
Du point de vue des caisses de retraite, une carrière n’est ni plus ni moins qu’une suite de périodes :
Dans ce contexte, une période où l’on touche seulement une pension d’invalidité est donc considérée comme une période non travaillée. La question est donc de savoir comment celle-ci va impacter le montant global de la retraite !
Or, pour rappel, la retraite des salariés est composée d’au moins deux pensions :

Les étages de votre retraite
Chaque pension étant calculée selon ses propres règles, nous n’avons donc pas le choix : il faut comprendre le calcul de chaque pension pour connaître l’impact d’une période d’invalidité, aussi longue soit-elle.
Bon à savoir
LA PENSION D’INVALIDITÉ EST-ELLE PERMANENTE ?
Bien que très souvent, une période d’invalidité est permanente et se prolonge donc jusqu’au départ en retraite, il existe néanmoins de nombreux cas où le versement de la pension d’invalidité peut être suspendu ou supprimé :
Pour ces raisons, il arrive donc que parfois, une période d’invalidité soit relativement courte, par exemple de deux ou trois ans. Ce qui sera naturellement pris en compte dans le calcul de votre retraite.
Maintenant, si vous souhaitez un aperçu, nous allons voir que l’impact d’une période d’invalidité sur votre retraite est le suivant :
| 💰 Pension | ✅ Avantages | ⚠️ Limites |
|---|---|---|
| Pension de base | 👉 Validez automatiquement jusqu’à 4 trimestres par an, essentiels pour votre durée d’assurance 👉 À 62 ans, votre retraite est automatiquement à taux plein (50%), même sans tous vos trimestres | Les pensions d’invalidité ne sont pas intégrées dans le Salaire Annuel Moyen des 25 meilleures années, ce qui en limite le montant |
| Pension complémentaire Agirc – Arrco | Accumulez des points Agirc-Arrco sans cotiser, basés sur vos anciennes rémunérations | Faute de périodes travaillées et de cotisations afférentes, on cotise moins de points |
Vous ne comprenez pas tout ? Ce n’est pas grave, je commence seulement mes explications !
L’impact d’une période d’invalidité sur votre pension de base
Pour les salariés, le montant de votre pension de base est calculé selon cette formule :

Pension de base du salarié
Avec ou sans période d’invalidité, cette formule s’applique de la même manière pour tous les salariés ! Toutefois, en cas de période d’invalidité en cours de carrière, ces trois paramètres vont être impactés. Positivement ? Négativement ? Mon rôle est de vous expliquer cela maintenant.
👉 Impact de l’invalidité sur votre Salaire Annuel Moyen
Pour les salariés, le Salaire Annuel Moyen (SAM) consiste en la moyenne des 25 meilleures années. C’est-à-dire que plus cette moyenne est élevée, par exemple 35 000€ à la place de 28 000€, et plus votre pension de base augmente.
L’impact d’une période d’invalidité sur votre SAM est donc le suivant :
Il ne s’agit donc pas d’une bonne nouvelle… Néanmoins, tout va donc dépendre de votre situation. En effet, pour schématiser :
Et bien entendu, entre ces deux extrêmes, il existe autant de cas que de situations personnelles…

“Sauf exceptions, une période d’invalidité se traduit généralement par un impact négatif sur le montant du Salaire Annuel Moyen. Circonstance aggravante, plus cette période d’invalidité est longue et plus cet impact négatif risque de se faire ressentir… Dans ce cas de figure, le filet de sécurité est généralement le minimum contributif ou le minimum contributif majoré.”
“Sauf exceptions, une période d’invalidité se traduit généralement par un impact négatif sur le montant du Salaire Annuel Moyen. Circonstance aggravante, plus cette période d’invalidité est longue et plus cet impact négatif risque de se faire ressentir… Dans ce cas de figure, le filet de sécurité est généralement le minimum contributif ou le minimum contributif majoré.”

QUE SE PASSE-T-IL SI JE N’AI QUE TRÈS PEU OU JAMAIS TRAVAILLÉ ?
Dans le cadre d’une invalidité longue durée, ces deux questions paraissent très pertinentes, mais les réponses sont très différentes ! Regardons donc de plus près ces deux cas :
Si vous n’avez jamais travaillé, vous ne remplissez pas les conditions pour toucher une pension d’invalidité. En lieu et place, vous pourriez toucher une Allocation aux Adultes Handicapés (AAH). Par conséquent, vous n’avez pas à proprement parler de période d’invalidité sur votre relevé de carrière.
Si vous avez moins de 25 années travaillées, le Salaire Annuel Moyen est calculé sur l’ensemble des années travaillées. Par exemple, dans le cas extrême d’une ou deux années travaillées, le SAM serait la moyenne de cette période travaillée. Avec deux conséquences fortes :
👉 Impact de l’invalidité sur votre taux de liquidation
Pour commencer, rappelons le fonctionnement du taux de liquidation :

Taux de liquidation
Le taux de liquidation est le deuxième paramètre de la formule de calcul et est toujours compris dans les limites suivantes :
Par exemple, prenons Marie, née en 1970 :
- D’après le tableau ci-dessous, elle a besoin de 172 trimestres pour partir à la retraite à taux plein selon son année de naissance
- Imaginons qu’il lui manque 6 trimestres. En effet, au lieu des 172 trimestres requis, son relevé de carrière indique qu’elle n’a acquis “que” 166 trimestres
- Son taux de liquidation est alors : 50% – (6 x 0,625%) = 46,25%
- A cause de ses trimestres manquants, le taux de liquidation de la pension de base de Marie est donc de 46,25%, à la place de 50% dans le cadre d’une carrière complète
Voir vos trimestres requis en fonction de votre année de naissance
| Année de naissance | Nombre de trimestres requis pour le taux plein | Age de départ minimum |
|---|---|---|
| A partir de 1968 | 172 | 64 ans |
| 1967 | 172 | 63 ans et 9 mois |
| 1966 | 172 | 63 ans et 6 mois |
| 1965 | 172 | 63 ans et 3 mois |
| 1964 | 171 | 63 ans |
| 1963 | 170 | 62 ans et 9 mois |
| 1962 | 169 | 62 ans et 6 mois |
| 01/09 à 31/12/1961 | 169 | 62 ans et 3 mois |
| 01/01 à 31/08/1961 | 168 | 62 ans |
Maintenant, la question est de savoir comment une période d’invalidité peut impacter votre taux de liquidation. A la hausse ? A la baisse ?
Si vous avez bien suivi, vous comprenez donc que le taux de liquidation est avant tout une histoire de trimestres. Vous ne voulez pas en perdre en cours de route ! Or, la règle en vigueur vous avantage :
Et c’est une excellente nouvelle ! En effet, la logique de fonctionnement est la suivante :
Conséquence immédiate ? Du point de vue des trimestres et du taux de liquidation, une période d’invalidité ne constitue en aucun cas un “trou” dans votre carrière. Et il s’agit donc ici d’un vrai avantage… Et ce n’est pas le dernier !

PARTIR EN RETRAITE ANTICIPÉE AVEC LE TAUX PLEIN AUTOMATIQUE ?
Les personnes titulaires d’une pension d’invalidité sont aussi éligibles à la retraite anticipée pour inaptitude au travail.
Dans le cadre de ce départ anticipé, il est possible de profiter automatiquement du taux plein, c’est-à-dire du taux de liquidation maximum de 50%. Pour résumer, il y a deux cas de figure :

“En période d’invalidité, vos trimestres de retraite sont validés automatiquement tant que vous touchez votre pension d’invalidité. Vous n’avez donc aucune crainte à avoir pour votre taux de liquidation ! De plus, en cas de départ anticipé, vous profiterez du taux plein automatique. Ce n’est pas l’assurance d’une retraite réussie, mais ça aide !”
“En période d’invalidité, vos trimestres de retraite sont validés automatiquement tant que vous touchez votre pension d’invalidité. Vous n’avez donc aucune crainte à avoir pour votre taux de liquidation ! De plus, en cas de départ anticipé, vous profiterez du taux plein automatique. Ce n’est pas l’assurance d’une retraite réussie, mais ça aide !”
👉 Impact de l’invalidité sur votre durée de carrière
Le dernier paramètre du calcul de votre pension de base est le prorata de durée de carrière :

Prorata de durée de carrière
Son fonctionnement est très simple : imaginez que vous n’ayez qu’une moitié de carrière, dans ce cas, votre prorata de carrière n’est que de 50% et votre pension est donc divisée de moitié. Aie !
Encore une fois, le rôle des trimestres est primordial, et encore une fois, vous n’avez pas d’inquiétudes particulières à avoir concernant votre période d’invalidité :
Par exemple, imaginons une période d’invalidité de 5 ans suite aux séquelles d’un accident de la route :
Le risque d’un “trou de carrière” au titre d’une période d’invalidité est donc nul !

“Franchement, les périodes d’invalidité ne sont pas un problème du point de vue des trimestres. Sur les trois paramètres de la formule de calcul, cela en fait déjà deux dont il ne faut pratiquement pas se soucier ! Par contre, le Salaire Annuel Moyen des 25 meilleures années est un autre sujet… qui dépend énormément de la situation personnelle de chacun”
“Franchement, les périodes d’invalidité ne sont pas un problème du point de vue des trimestres. Sur les trois paramètres de la formule de calcul, cela en fait déjà deux dont il ne faut pratiquement pas se soucier ! Par contre, le Salaire Annuel Moyen des 25 meilleures années est un autre sujet… qui dépend énormément de la situation personnelle de chacun”
Impact de l’invalidité sur votre pension complémentaire Agirc – Arrco
A côté de la pension de base, vos cotisations servent également pour votre pension complémentaire, versée par la caisse de retraite Agirc – Arrco.
Son fonctionnement est le suivant :

Pension complémentaire du salarié
Bref, plus votre salaire est élevé, plus vous cotisez, plus vous recevez de points et donc plus votre pension complémentaire Agirc – Arrco est élevée ! Mais une période d’invalidité risque-t-elle de tout compromettre ?
A cet effet, bonne nouvelle, car la règle est la suivante :
Ce dispositif est-il avantageux dans votre situation ? La réponse dépend donc de votre année de référence. Voici comment sont calculés les points gratuits Agirc – Arrco :
Autrement dit, le principe de fonctionnement des points gratuits est que si vous bénéficiez d’une pension d’invalidité, vous continuez de cotiser des points complémentaires comme si vous aviez continué à travailler. Ce qui est plutôt pas mal !
Enfin, pour être complet, gardez à l’esprit également :

“D’une manière générale, votre période d’invalidité est très bien couverte du point de vue de la pension complémentaire. Toutefois, l’année de référence est la “plaque tournante” de ce dispositif. Si vous avez reçu de gros revenus cette année, par exemple grâce au versement d’une prime, c’est tout à votre avantage ! Par contre, dans le cas contraire, la situation peut être plus compliquée…”
“D’une manière générale, votre période d’invalidité est très bien couverte du point de vue de la pension complémentaire. Toutefois, l’année de référence est la “plaque tournante” de ce dispositif. Si vous avez reçu de gros revenus cette année, par exemple grâce au versement d’une prime, c’est tout à votre avantage ! Par contre, dans le cas contraire, la situation peut être plus compliquée…”
Partir en retraite anticipée à 62 ans grâce à l’invalidité ?
Quelle que soit la catégorie de votre pension d’invalidité, celle-ci vous ouvre automatiquement les portes d’une retraite anticipée :
🔎 Lire aussi :
La retraite anticipée pour inaptitudeQu’en penser ? Deux premières remarques :

L’INVALIDITÉ DOIT ÊTRE EN COURS !
Attention ! Pour profiter de la retraite anticipée pour inaptitude au travail, il est indispensable d’être en période d’invalidité au moment du départ. Si au cours de votre carrière, vous avez eu une période d’invalidité (même longue), mais que celle-ci a pris fin, vous n’y serez pas automatiquement éligible.
Néanmoins, il existe d’autres “portes d’entrée”, comme la reconnaissance de l’inaptitude au travail par un médecin conseil de la Carsat, être bénéficiaire de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) ou encore être porteur d’une carte d’invalidité.
En conclusion, être titulaire d’une pension d’invalidité permet donc de présumer l’inaptitude au travail, ce qui facilite grandement les démarches pour entrer dans ce dispositif. D’ailleurs, concernant votre départ, voici comment envisager cette transition :

“A l’approche des 62 ans, anticipez et simulez sans modération ! En effet, si vous êtes en catégorie 1 et que vous travaillez, vous devrez prendre une décision entre arrêter et remplacer votre pension d’invalidité par votre pension de retraite, ou continuer dans le cadre d’un cumul emploi validité ou d’un cumul emploi retraite.
Or, entre les montants des pensions et les plafonds de revenus, ce choix n’a rien d’une évidence ! Et si vous êtes en catégorie 2 ou 3, le passage “automatique” en retraite anticipée ne doit pas vous empêcher de revérifier toute votre carrière afin de vous assurer de toucher la meilleure pension possible.”
“A l’approche des 62 ans, anticipez et simulez sans modération ! En effet, si vous êtes en catégorie 1 et que vous travaillez, vous devrez prendre une décision entre arrêter et remplacer votre pension d’invalidité par votre pension de retraite, ou continuer dans le cadre d’un cumul emploi validité ou d’un cumul emploi retraite. Or, entre les montants des pensions et les plafonds de revenus, ce choix n’a rien d’une évidence ! Et si vous êtes en catégorie 2 ou 3, le passage “automatique” en retraite anticipée ne doit pas vous empêcher de revérifier toute votre carrière afin de vous assurer de toucher la meilleure pension possible.”
Conclusion : mes astuces pratiques et pièges à éviter concernant la pension d’invalidité

Si vous êtes bénéficiaire d’une pension d’invalidité, de nombreuses règles encadrent votre retraite, depuis la manière dont celle-ci est calculée jusqu’à l’âge de départ. Or, pour éviter toute mauvaise surprise, il est de votre responsabilité d’en comprendre toutes les subtilités !
Pour vous aider dans cette tâche, voici des conseils et des pièges à éviter que je partage fréquemment avec mes clients :
Conseil 1
Vérifiez minutieusement votre relevé de carrière
Ce document est la base du calcul de votre retraite. Or, des erreurs peuvent parfois s’y glisser ! Par conséquent, pensez à le vérifier au moins une fois par an en vous attardant sur les points suivants :
Ce n’est qu’ensuite que vous pourrez effectuer des simulations précises sur le montant de votre pension de retraite.
Conseil 2
Prenez le réflexe de simuler dès que possible
Pour éviter les mauvaises surprises et prendre les bonnes décisions, la simulation est le seul rempart qui a fait ses preuves. En effet, votre pension de retraite (complémentaire comprise) sera-t-elle inférieure, similaire ou supérieure à votre pension d’invalidité ?
Très certainement, vous ne souhaitez pas obtenir la réponse au dernier moment. De plus, si vous êtes en catégorie 1 et en capacité de travailler, la question du cumul des revenus devient centrale, en comparant avec un éventuel cumul emploi invalidité ou cumul emploi retraite. Bref, rien de cela n’est facile, et ce n’est qu’en réalisant des simulations que vous gagnerez en tranquillité d’esprit !
Conseil 3
Le SAM est votre talon d’Achille, ne restez pas les bras croisés !
En cas de longue période d’invalidité, le salaire annuel des 25 meilleures années peut être considéré comme faible, du fait de la non intégration de la pension d’invalidité dans ce calcul.
Or, même en cas de taux de liquidation à 50% et de carrière complète, un faible SAM peut avoir des effets dévastateurs sur le montant de la pension de base. Quelques pistes de réflexion pour en atténuer les effets :
L’intérêt de simuler le plus tôt possible votre retraite est justement de vous préparer à ces solutions, si besoin.
Conseil 4
Travaillez en vue du minimum contributif majoré
Même dans le cadre d’un travail à temps très partiel, ou d’un emploi adapté, les cotisations générées permettent de valider des trimestres cotisés. Or, à partir de 120 trimestres cotisés, il est possible de bénéficier du minimum contributif majoré, qui est un complément pour les petites pensions de base.
Dans certaines situations, travailler un tout petit peu pour atteindre ce seuil de 120 trimestres peut donc se révéler très rentable. Bon à savoir !
Conseil 5
Ne prenez pas votre pension d’invalidité pour définitivement acquise
Certes, dans beaucoup de cas, comme pour les maladies neuro-dégénératives, il est peu probable de s’attendre à une nette amélioration de l’état de santé. Néanmoins, dans d’autres situations, notamment suite à un accident, c’est beaucoup plus probable !
Or, si on ne peut que vous souhaiter une meilleure santé, le revers de la médaille est un changement drastique de la direction de votre carrière, et par ricochet, de votre retraite. Par exemple, la retraite anticipée pour inaptitude au travail n’est plus aussi automatique…
Par conséquent, à l’aube de votre situation, n’oubliez pas que votre pension d’invalidité n’est pas versée indéfiniment. En effet, des contrôles sont fréquents, et il ne faut jamais mettre de côté les progrès à venir en termes de traitement médicaux. Ainsi, des situations qui apparaissent figées peuvent finalement se révéler pas si figées…
Vos questions fréquentes sur la pension d’invalidité et la retraite
Est-ce que les années d’invalidité comptent pour ma retraite ?
Oui, absolument ! Les périodes pendant lesquelles vous percevez une pension d’invalidité vous permettent de valider des trimestres pour votre retraite de base. Concernant la pension complémentaire Agirc – Arrco, vous pouvez même recevoir des points gratuits, c’est-à-dire sans contrepartie de cotisations.
Les trimestres d’invalidité comptent-ils pour le minimum contributif ?
Les trimestres acquis au titre de l’invalidité sont considérés comme des trimestres assimilés et sont donc comptabilisés dans le cadre du minimum contributif. En revanche, gardez à l’esprit que pour le minimum contributif majoré, il faut cette fois justifier de trimestres cotisés (c’est-à-dire correspondant à des périodes travaillées), ce que ces trimestres d’invalidité ne sont plus aussi utiles.
Quel est l’impact d’une période d’invalidité pour un départ anticipé en carrière longue ?
Pour un départ anticipé pour carrière longue, il existe plusieurs conditions à remplir, dont celle de posséder un certain nombre de trimestres cotisés. Or, les trimestres d’invalidité ne remplissent pas ce critère, et ne sont considérés dans le cadre d’un départ anticipé pour carrière longue qu’à hauteur de deux trimestres. Par conséquent, plus la période d’invalidité est longue et plus il est difficile de partir en retraite anticipée pour carrière longue.
Suis-je obligé de prendre ma retraite à 62 ans si je suis invalide ?
Non, vous n’êtes pas obligé. Bien que votre pension d’invalidité se transforme automatiquement en retraite pour inaptitude au travail à 62 ans (si vous ne faites rien), vous avez l’option de demander le maintien de votre pension d’invalidité si vous continuez à exercer une activité professionnelle après 62 ans. Votre pension d’invalidité peut ainsi être maintenue au maximum jusqu’à 67 ans.


