Retraite progressive

La retraite progressive

19/02/2026

22 min

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Le départ à la retraite vous tend les bras, mais vous craignez un changement de vie brutal ? Ou alors, vous préférez « raccrocher les crampons » dès que possible ? Dans ces deux cas, la retraite progressive est peut-être la solution à votre problème.
Comment ça marche ? Est-ce un bon calcul financier dans votre situation ? Quels sont les avantages et inconvénients ? Dans ce guide, trouvez mes réponses à toutes ces questions brûlantes et bien d’autres encore.

Arnaud Ratte, cofondateur de Kelretraite

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Logo Kelretraite détouré

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Résumé rapide de cet article

1

La retraite progressive permet de réduire son temps de travail tout en touchant une fraction de sa pension de retraite

2

Depuis le 1er septembre 2025, il suffit d’avoir 60 ans et 150 trimestres pour en bénéficier

3

Le temps partiel doit être compris entre 40% et 80% d’un temps complet

4

La retraite progressive implique quasi-systématiquement une baisse de revenus, mais offre un gain de qualité de vie

Dans cet article

Qu’est-ce que la retraite progressive pour les salariés ?

Sur le principe, la retraite progressive est un dispositif très attractif, puisqu’il permet aux salariés de :

  • Réduire leur temps de travail
  • Continuer à toucher un salaire et donc de cotiser pour leur retraite
  • Et de toucher en avance une partie des pensions de retraite

Un beau programme ! Toutefois, malgré ces avantages, la retraite progressive ne semble pas séduire massivement les foules, car en 2023, il n’y avait par exemple que 26 000 français bénéficiaires de ce dispositif.

Alors pourquoi ? Tout d’abord, notons que si la retraite progressive existe depuis 1988, ce n’est vraiment que depuis 2015 que son essor est réel. Et avec les derniers changements de 2025, il y a de fortes chances pour que la retraite progressive devienne incontournable !

Pour comprendre pourquoi, regardons son fonctionnement général :

Ce dispositif est-il vraiment intéressant sur le plan financier ? Pour le savoir, il faut d’abord mieux comprendre les caractéristiques de la retraite progressive.

Les trois conditions pour bénéficier de la retraite progressive

Tout d’abord, êtes-vous éligible à la retraite progressive ? Seulement si vous respectez ces trois conditions :

👉 Avoir 60 ans ou plus

Avant le 1er septembre 2025, la retraite progressive n’était disponible que pour les travailleurs vraiment proche de la retraite, c’est-à-dire à moins de deux ans du départ. Maintenant, ce n’est plus le cas ! En effet, vous devez seulement avoir au moins 60 ans.

➡️Pour vous, il s’agit potentiellement d’une très bonne nouvelle, car vous pourriez profiter plus tôt des avantages de la retraite progressive

👉 Avoir cumulé 150 trimestres ou plus

Pour rappel, une carrière est considérée comme « complète » si elle comporte entre 167 et 172 trimestres, chiffre qui varie en fonction de votre année de naissance.

Autrement dit, pour profiter de la retraite progressive, justifier de 150 trimestres (soit 37 ans et 6 mois) correspond à une carrière déjà bien remplie !

Voir vos trimestres requis en fonction de votre année de naissance
Année de naissance Nombre de trimestres requis pour le taux plein Age de départ minimum
A partir de 1968 172 64 ans
1967 172 63 ans et 9 mois
1966 172 63 ans et 6 mois
1965 172 63 ans et 3 mois
1964 171 63 ans
1963 170 62 ans et 9 mois
1962 169 62 ans et 6 mois
01/09 à 31/12/1961 169 62 ans et 3 mois
01/01 à 31/08/1961 168 62 ans

Heureusement, pour atteindre cette condition, la quasi totalité de vos trimestres sont acceptés, c’est-à-dire notamment :

  • Vos trimestres normaux, c’est-à-dire cotisés avec vos salaires
  • Vos trimestres assimilés, c’est-à-dire accordés gratuitement lors de périodes non travaillées (maladie, chômage, maternité, etc.)
  • Vos trimestres de majoration, par exemple si vous avez eu des enfants
Voir tous les autres types de trimestres acceptés


D’après L’assurance retraite, les trimestres suivants sont également acceptés :

  • Trimestres rachetés, c’est-à-dire qui ont fait l’objet d’un rachat de trimestres
  • Trimestres validés par présomption
  • Trimestres reconnus équivalents, c’est-à-dire pour des périodes avant le 01/04/1983 qui auraient pu donner lieu à un rachat de cotisations
  • Trimestres validés par les autres régimes de base
  • Trimestres validés dans des pays ayant signé une convention internationale de sécurité sociale avec la France ou un accord de coordination

Vous voulez connaître votre solde de trimestres ? Pour cela, rien de plus simple :

“Contrairement à la retraite anticipée pour carrière longue où les trimestres cotisés pèsent beaucoup plus lourd dans la balance, on peut se réjouir que tous les types de trimestres soient acceptés pour la retraite progressive. Je pense notamment aux mères de famille, qui touchent souvent jusqu’à 8 trimestres de majoration par enfant. Pour une personne ayant une carrière relativement normale, les portes de la retraite progressive sont donc accessibles !”

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Commander mon bilan retraite

“Contrairement à la retraite anticipée pour carrière longue où les trimestres cotisés pèsent beaucoup plus lourd dans la balance, on peut se réjouir que tous les types de trimestres soient acceptés pour la retraite progressive. Je pense notamment aux mères de famille, qui touchent souvent jusqu’à 8 trimestres de majoration par enfant. Pour une personne ayant une carrière relativement normale, les portes de la retraite progressive sont donc accessibles !”

Arnaud Ratte

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Les rares exceptions à la retraite progressive

  • Si vous êtes VRP et que vous ne pouvez pas justifier la condition de temps partiel
  • Si vous n’avez pas le statut salarié ET que vous ne pouvez pas produire de contrat de travail, comme les dirigeants de société commerciale (sauf pour les mandataires sociaux)
  • Les artisans taxis affiliés à l’assurance volontaire
  • Les salariés en préretraite
  • Les bénéficiaires d’une aide à la création ou à la reprise d’une activité économique

👉 Travailler entre 40% et 80% d’un temps complet

Enfin, la dernière condition pour profiter de la retraite progressive consiste à se mettre en temps partiel. Mais attention ! Ce temps partiel doit respecter les limites suivantes :

  • Au minimum 40% d’un temps complet
  • Au maximum 80% d’un temps complet

Ainsi, à partir du moment où votre temps partiel respecte ces deux bornes, votre retraite progressive ne peut pas être remise en question. Très souvent, la retraite progressive est donc un mi-temps.

Bon à savoir

Attestation de l’employeur obligatoire ?

Oui, lors de votre demande de retraite progressive, vous devrez joindre l’attestation de l’employeur, mentionnant notamment votre taux d’activité.

La retraite progressive : un calcul financièrement gagnant ?

La question qui brûle les lèvres ! Pour savoir si la retraite progressive est financièrement intéressante, il faut comprendre la méthode de calcul.

Tout d’abord, rappelons que pendant une retraite progressive, le salarié possède deux sources de revenus :

  • Son salaire, bien que réduit en fonction du temps de travail
  • Sa pension de retraite, bien que diminuée à cause de trimestres manquants, par rapport à une pension complète

Alors, dans ces conditions, comment connaître sa rémunération totale ?

  • Dans le cadre de la retraite progressive, la rémunération totale du bénéficiaire est la somme d’une fraction du salaire et d’une fraction de la pension de retraite
  • La proportion entre fraction du salaire et fraction de pension dépend directement du taux de travail partiel

Le tableau ci-dessous est certainement plus parlant :

⏱️ Temps partiel💰 Fraction du salaire📊 Fraction de la pension de retraite
40%40%60%
50%50%50%
60%60%40%
70%70%30%
80%80%20%

Par exemple, avec un départ progressif avec un temps partiel de 80%, la rémunération complète est la suivante :

  • 80% du salaire à temps plein
  • 20% de la pension de retraite, telle qu’évaluée au moment du passage en retraite progressive

Autrement dit, les 20% de salaire manquant sont remplacés par 20% de la pension de retraite. Au final, le principal risque concerne donc une perte de rémunération globale !

Exemple

La retraite progressive de Bernard

Le 1er juin 2023, Bernard a commencé sa retraite progressive avec un temps partiel de 60%, sachant que sa rémunération à taux plein était de 2 678€ par mois. Sa rémunération globale était donc la suivante :

  • Salaire mensuel : avec un temps partiel de 60%, le salaire mensuel correspond à 60% du salaire à temps plein, soit 1 540,20€ (soit 60% de 2 678€)
  • Pension de retraite : avec une pension de retraite globale évaluée à 1 412€ au moment du départ en retraite progressive, la fraction versée est exactement de 564,80€ (soit 40% de 1 412€)

Au final, les revenus mensuels de Bernard dans le cadre de sa retraite progressive sont donc de 2 105€, contre 2 678€ auparavant. La baisse de revenus peut paraître impressionnante, mais en contrepartie, le temps de travail de Bernard a été réduit de 40%, ce qui lui convient très bien par rapport à ses objectifs personnels.

Mon bilan retraite

Sauf cas particuliers, par exemple pour un salarié déjà à temps partiel, le recours à la retraite progressive implique donc une perte des revenus.

Cette perte s’explique simplement, car la retraite progressive implique le remplacement d’une partie du salaire par une partie de la pension de retraite. Or, comme vous le savez, les pensions de retraite sont inférieures aux derniers salaires

Néanmoins, compte tenu du gain en qualité de vie, la retraite progressive peut parfois se révéler très avantageuse ! Allez-vous sauter le pas ? Il faut maintenant peser le pour et le contre…

Retraite progressive : avantages et inconvénients

Avantages et inconvénients de la retraite progressive

Avantages et inconvénients de la retraite progressive

Affinez votre décision concernant votre retraite progressive choix avec ce tableau des avantages et inconvénients :

✅ Avantages⚠️ Inconvénients
✅Travaillez moins pour une transition en douceur🚨Vos revenus risquent de baisser dans l’immédiat
✅Continuez à gagner des trimestres grâce à vos cotisations🚨Les heures complémentaires sont plafonnées
✅Travaillez autant pour gagner plus, si vous êtes déjà à temps partiel🚨Moins de cotisations pour la pension complémentaire
✅ Si cela ne vous convient pas, il est toujours possible de revenir à un temps plein🚨Une baisse potentielle du montant de la pension de base
✅Continuez à profiter des avantages de votre entreprise

Certaines de ces affirmations demandent quelques explications supplémentaires. Les voici :

✅ Travaillez moins pour une transition en douceur

Réduire votre temps de travail est le premier avantage de la retraite progressive. Cela permet par exemple de :

  • De préparer le terrain pour une retraite en douceur
  • D’adapter son activité professionnelle à ses moyens physiques
  • De dégager du temps pour des activités personnelles

Réfléchissez donc dès maintenant à l’utilisation de ce temps !

🚨 Des revenus qui risquent de baisser dans l’immédiat

Il s’agit de l’inconvénient majeur. En effet, la fraction de pension de retraite qui remplace la portion de salaire manquante est très souvent d’un montant inférieur.

Par conséquent, ne vous laissez pas surprendre et réalisez les simulations adéquates pour anticiper cette perte potentielle de revenus.

✅ Continuez à gagner des trimestres grâce à vos cotisations

En continuant de travailler, même à temps partiel dans le cadre d’une retraite progressive, vous continuez de cotiser pour votre retraite en accumulant des trimestres qui auront un effet bénéfique sur le montant final de la retraite.

Toutefois, rappelez-vous que ce n’est pas le temps de travail qui est pris en compte pour la comptabilisation des trimestres, mais le montant de vos salaires perçus. Par exemple, pour l’année 2024, les seuils sont les suivants :

🔢 Trimestres à valider💰 Salaire annuel brut à percevoir
11 747,50 €
23 495 €
35 242,50 €
46 990 €

Ainsi, un salarié avec au moins 6 990 € de salaire brut sur cette année 2024 est assuré de comptabiliser 4 trimestres, et cela sans corrélation avec le nombre d’heures travaillées.

Étant donné que ces seuils sont assez faciles à obtenir, les salariés en retraite progressive continuent donc souvent de valider leur objectif de 4 trimestres annuels.

Attention

D’une manière générale, si votre nouveau salaire annuel est inférieur à 4 fois le montant mensuel du SMIC, vous risquez de ne pas valider vos 4 trimestres. Dans ce cas, la retraite progressive doit être envisagée avec beaucoup de prudence.

🚨 Moins de cotisations pour la pension complémentaire

Pour rappel, le montant de votre pension complémentaire est calculé de la manière suivante :

Votre objectif est donc d’accumuler un maximum de points pour toucher la rente la plus élevée. Ici, avec la retraite progressive, un salaire inférieur implique logiquement moins de cotisations et donc moins de points de retraite complémentaire.

Une nouvelle fois, avant de s’engager, une simulation permet de chiffrer ce manque à gagner.

✅ Si cela ne vous convient pas, il est toujours possible de travailler à plein temps de nouveau

Et si vous faisiez un test grandeur nature ? En effet, une fois en retraite progressive, il est très facile de revenir à un statut « normal », puisque pour cela, un simple retour à temps complet met fin automatiquement à la retraite progressive.

Rien ne vous empêche donc d’essayer quelques mois, pour vérifier si ce statut correspond bien à vos objectifs personnels.

🚨 Une baisse potentielle du montant de la pension de base

Vous savez déjà que la retraite progressive peut (légèrement) impacter à la baisse votre pension de retraite complémentaire. Or, ce risque existe également pour la pension de base

Cependant, ce risque est très théorique et dépend des situations de chacun. En effet, dans le calcul de votre pension de base, le premier paramètre de la formule de calcul est votre salaire annuel moyen sur les 25 meilleures années.

Or, à cause du temps partiel, vos salaires annuels en retraite progressive vont logiquement baisser par rapport à un temps plein. Par ricochet, votre salaire annuel moyen des 25 meilleures années pourrait donc baisser également, même si cette baisse théorique dépend beaucoup de la physionomie de votre carrière.

Encore une fois, une simple simulation permet d’y voir plus clair !

✅ Continuez à profiter des avantages de votre entreprise

En plus du versement du salaire mensuel, les salariés bénéficient parfois d’avantages financiers non négligeables grâce à leur entreprise :

  • Tickets restaurants
  • Voiture de fonction
  • Remboursement de frais de transport
  • Des abondements sur des contrats d’épargne salariale ou retraite
  • Etc…

Or, dans le cadre de la retraite progressive, ces avantages perdurent, pour le plus grand bénéfice des salariés. Un paramètre à ne pas oublier dans l’équation…

🚨 Plafonnement des heures complémentaires

Notez que nous parlons bien ici d’heures complémentaires, et non supplémentaires ! La différence est la suivante :

  • Heure supplémentaire : heures travaillées en plus du temps de travail répondant à un statut légal précis concernant la rémunération, le repos compensateur, etc…
  • Heure complémentaire : heures travaillées en plus du temps de travail, mais uniquement dans le cadre légal de la retraite progressive

Principale conséquence ? En retraite progressive, les heures complémentaires sont plafonnées sous la forme suivante :

  • Maximum 10% du temps de travail
  • Dans tous les cas de figure, impossibilité de dépasser un temps de travail de 35 heures par semaine

Par exemple, avec un temps partiel de 25 heures, les heures complémentaires sont limitées à un maximum de 2,5 heures par semaine. Toujours bon à savoir…

✅ Travaillez autant pour gagner plus si vous êtes déjà à temps partiel !

Cela peut paraître incroyable, mais le recours à la retraite progressive s’impose de manière évidente si vous travaillez déjà à temps partiel et que vous remplissez les conditions suivantes :

  • Vous avez 60 ans
  • Vous avez validé 150 trimestres ou plus
  • Votre temps partiel est compris entre 40% et 80% d’un temps complet

En effet, les règles étant identiques pour tous les salariés, vous pouvez donc continuer à travailler dans les conditions de votre temps partiel tout en touchant une fraction de votre pension de retraite.

Il existe des choix plus compliqués dans la vie !

Comment faire votre demande de retraite progressive ?

Démarches de la retraite progressive

Démarches de la retraite progressive

Un départ réussi en retraite progressive nécessite un peu d’organisation ! En effet, pour obtenir gain de cause, il est nécessaire de réaliser non pas une, mais deux démarches distinctes :

  • Une première auprès de l’Assurance retraite pour sa pension de base
  • Une seconde auprès de l’Agirc-Arrco pour sa pension complémentaire

De plus, dans les deux cas, il est nécessaire de joindre un justificatif de l’accord de temps partiel avec l’employeur. Commencer de ce côté paraît donc être une bonne idée !

Pour cela, voici les étapes :

Bon à savoir

L’employeur peut-il refuser la demande de retraite progressive ?

La retraite progressive étant un dispositif encore peu courant, de nouvelles règles entrent régulièrement en vigueur afin de faciliter son usage par les salariés. Ainsi, face à une demande de retraite progressive, l’employeur n’a aujourd’hui plus que deux choix possibles :

  • Accepter la demande du salarié
  • Justifier un refus pour raisons économiques, par exemple compte tenu de l’importance du salarié pour des fonctions clefs dans la société

Dans l’immense majorité des cas, le recours au temps partiel pour une retraite progressive n’est donc plus un obstacle.

Muni de ce précieux sésame, le salarié peut ensuite réaliser ses demandes de pensions simultanément, idéalement entre 4 et 5 mois avant la date de début souhaitée.

👉Démarches pour la pension de base de votre retraite progressive

A l’origine, les étapes pour obtenir la fraction de votre pension de base sont les suivantes :

Bon à savoir

Les CARSAT sont les caisses régionales de l’Assurance retraite, en charge des demandes de retraite progressive. N’hésitez pas à les contacter pour vous assurer qu’elles ont bien réceptionné votre courrier ! Cliquez ici pour découvrir votre CARSAT

👉Démarches pour la pension complémentaire de votre retraite progressive

N’oubliez pas de réclamer la fraction de votre pension complémentaire en réalisant cette demande 100% en ligne. Pour cela :

Attention

À partir du moment où la demande est acceptée par l’Agirc-Arrco, vous serez considéré comme un retraité et à ce titre, vous n’aurez plus accès aux services dédiés aux actifs, même si vous l’êtes encore à 80% !

Du point de vue des caisses de retraite, une retraite progressive représente le même travail que pour un départ classique. Pour éviter toute anomalie dans le calcul de votre pension, vous devez donc suivre les mêmes règles, à savoir vérifier en amont vos trimestres et points de retraite complémentaire. Pour cela, il est nécessaire d’éplucher son relevé de carrière à la recherche de la moindre anomalie, et d’en faire la correction le cas échéant

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

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Du point de vue des caisses de retraite, une retraite progressive représente le même travail que pour un départ classique. Pour éviter toute anomalie dans le calcul de votre pension, vous devez donc suivre les mêmes règles, à savoir vérifier en amont vos trimestres et points de retraite complémentaire. Pour cela, il est nécessaire d’éplucher son relevé de carrière à la recherche de la moindre anomalie, et d’en faire la correction le cas échéant

Arnaud Ratte

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Ma conclusion sur la retraite progressive

Après des débuts difficiles en termes d’adoption, les conditions sont maintenant réunies pour que la retraite progressive trouve son public ! Toutefois, ne vous précipitez pas…

En effet, comme nous avons vu, la retraite progressive n’est pas exempte de défauts. Si vous hésitez encore, voici une liste d’astuces pratiques et de pièges à éviter que je partage généralement avec mes clients :

Conseil 1

Simulez sans modération !

La retraite progressive représente avant tout un choix financier. Êtes-vous d’accord avec une perte immédiate de revenus pour travailler moins ? A côté de cette question évidente, n’oubliez pas pour autant :

  • L’impact sur votre pension de base
  • L’impact sur votre pension complémentaire

En effet, il est possible que le montant de ces deux pensions soit aussi légèrement revu à la baisse. Or, ces pensions sont versées à vie

Par conséquent, il n’existe qu’une solution : simulez vos pensions définitives, avec et sans retraite progressive.

Conseil 2

Évaluez l’intégration dans vos objectifs personnels

Vous avez quantifié le « prix à payer » concernant votre retraite progressive ? Maintenant, prenez le temps de la réflexion au sujet de ses avantages, notamment sur votre santé et vos objectifs personnels. Parce qu’on doit aussi leur attacher une valeur :

  • Passer du temps avec ses proches
  • Donner de son temps pour ses hobbies ou pour des associations
  • Préserver sa santé psychique ou physique par rapport au travail

À combien évaluez-vous le temps que vous dégagerez grâce à la retraite progressive ? Une question complexe, mais qui vous aidera sans aucun doute dans votre réflexion.

Conseil 3

Préparez progressivement votre départ progressif !

Idéalement, la demande de liquidation de retraite doit intervenir environ 5 mois avant la date de départ souhaitée. Il faut donc être prêt :

  • Connaître les avantages et inconvénients
  • Avoir des simulations concrètes
  • Lister ses objectifs à la retraite
  • Demander l’attestation à son employeur

Or, ces étapes ne se font pas du jour au lendemain. Vous avez donc intérêt à prendre les devants pour un départ en retraite progressive aussi serein que possible.

Conseil 4

La retraite progressive n’est pas définitive

Si après quelques mois de retraite progressive, vous vous rendez compte que cela ne vous convient pas, vous pouvez toujours revenir en arrière. Une donnée importante si vous hésitez encore !

Conseil 5

N’oubliez pas les autres dispositifs de retraite anticipée

À côté de la retraite progressive, d’autres dispositifs de retraite anticipée existent:

Malheureusement, ces derniers dispositifs ne sont pas compatibles avec la retraite progressive. Par conséquent, il est de votre responsabilité de vous renseigner sur ceux-ci.

Vos questions fréquentes sur la retraite progressive

Quelles sont les différences entre préretraite, retraite anticipée, cumul emploi retraite et retraite progressive ?

Préretraite : dispositif qui permet de cesser son activité avant l’âge légal tout en continuant à toucher sa rémunération, dédié aux salariés en situation de pénibilité ou dont l’entreprise est sous un Plan de Sauvegarde.
Retraite anticipée : sous certaines conditions (pénibilité, handicap, invalidité), les salariés peuvent partir avant l’âge légal.
Retraite progressive : permet de diminuer son temps de travail tout en touchant une partie de ses pensions de retraite.
Cumul emploi retraite : dispositif qui permet de reprendre une activité après son départ à la retraite.

Le montant de la retraite progressive est-il revalorisé tous les ans ?

Oui. Les fractions de pension sont versées dans les mêmes conditions que les pensions normales. La pension de base est donc revalorisée au 1er janvier de chaque année et la pension complémentaire au 1er novembre. Par contre, les revalorisations ne tiennent pas compte des nouveaux trimestres ou points accumulés pendant la retraite progressive.

Que se passe-t-il si ma situation professionnelle change pendant ma retraite progressive ?

En cas de changement de durée de travail, d’activité, de reprise d’un temps plein ou de modification des revenus, vous devez informer le plus tôt possible votre CARSAT. En fonction de la nature du changement, celle-ci pourra suspendre ou supprimer votre retraite progressive.

Dans quels cas la retraite progressive peut-elle être supprimée ou suspendue ?

Suppression définitive si :
– vous exercez une activité à temps complet
– vos revenus dépassent le salaire de référence

– en cas de cessation d’activité avec demande de départ définitif
Suspension provisoire si :
– le temps de travail ou les revenus ne sont plus entre 40% et 80%
– en cas de cessation d’activité sans demande de retraite définitive

Comment les caisses de retraite contrôlent la retraite progressive du salarié ?

Très régulièrement, la CARSAT envoie aux salariés en retraite progressive un questionnaire afin de suivre toutes les évolutions de carrière. Il est important d’y répondre avant la fin du délai, sous peine de suspension du versement des pensions.

Le départ à la retraite est-il automatique après la retraite progressive ?

Non ! La demande de liquidation des pensions pour partir définitivement à la retraite incombe toujours au salarié. Aucune action n’est entreprise automatiquement par les caisses de retraite…

Que se passe-t-il si je suis rémunéré non pas en heures travaillées, mais en nombre de jours ?

Les salariés rémunérés en jours de travail (forfait jours) ont accès à la retraite progressive depuis le 1er janvier 2022. Ils doivent travailler entre 40% et 80% de leur forfait annuel, soit moins de 218 jours par an.

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