Taux plein

Comprendre le taux plein de la retraite

26/02/2026

22 min

Share

La sacro-sainte retraite à taux plein, le graal d’une retraite réussie ? C’est très souvent le cas, mais pas non plus systématique ! En effet, comme je le répète tous les jours à mes clients, si partir avoir le taux plein est un excellent objectif, ce n’est pas toujours une fin en soi.
En réalité, pour le comprendre, il faut se plonger dans les détails des situations de chacun… Cela tombe bien, je suis là pour cela ! Dans cet article, découvrez donc le fonctionnement exact du taux plein, agrémenté de mes conseils.

Christophe Hau, cofondateur de Kelretraite

Christophe Hau

Cofondateur Kelretraite

Logo Kelretraite détouré

Moins d’une minute pour cet article ?

Résumé rapide de cet article

1

Le taux plein correspond à un taux de liquidation de 50%, le maximum pour calculer votre pension de base

2

Le nombre de trimestres requis varie de 167 à 172 selon votre année de naissance, avec un âge légal minimum entre 62 et 64 ans

3

Si le taux plein est un objectif essentiel, il ne suffit pas toujours : la proratisation de carrière peut réduire votre pension malgré un taux de 50%

4

Le taux plein joue aussi sur la retraite complémentaire Agirc-Arrco : sans lui, un coefficient de minoration est appliqué

Tout démarre à partir de la formule de calcul…

Comme expliqué dans l’article sur la formule de calcul de la pension de base, le montant de votre pension de base est essentiellement un pourcentage de votre salaire annuel moyen sur vos 25 meilleures années (SAM).

Ensuite, ce SAM, par exemple de 30 000€, est passé deux fois à la moulinette :

  • D’abord, on applique un taux de liquidation, c’est-à-dire un taux compris entre 37,50% et 50%
  • Enfin, c’est la proratisation, c’est-à-dire qu’on applique un coefficient représentant votre carrière. Par exemple, si vous avez tous vos trimestres, votre proratisation est au maximum de 100%. Par contre, si vous n’avez que la moitié des trimestres requis, ce taux descend à 50%

👉 Avec un taux plein de 50% et une carrière complète, c’est-à-dire un taux de proratisation de 100%, la pension annuelle de retraite est donc de 15 000€, dans notre exemple avec un SAM de 30 000€

Visuellement, voilà ce que donne cette formule de calcul de votre pension de base :

Pension de base du salarié

Pension de base du salarié

Et pour être complet, voici comment se calcule le taux de liquidation :

Taux de liquidation

Taux de liquidation

Résultats des courses ? A côté du salaire moyen, les deux autres paramètres sont une question de trimestres :

  • Taux de liquidation = 50% – (trimestres manquants x 0,625%)
  • Proratisation de carrière = trimestres acquis / trimestres requis selon l’année de naissance

Le rôle de ces trimestres est donc déterminant ! Ce qui nous amène à la définition d’une retraite à taux plein :

  • Avoir une retraite à taux plein consiste à partir à la retraite avec le taux de liquidation maximum, c’est-à-dire 50%

Deux cas de figure sont donc possible :

  • Vous avez tous vos trimestres : vous profitez du taux plein, c’est-à-dire d’un taux de liquidation de 50%. On ne peut pas faire mieux !
  • Il vous manque des trimestres : chaque trimestre manquant réduit votre taux de liquidation, à hauteur de 0,625% chacun. Par exemple, avec 10 trimestres manquants, le taux de liquidation n’est plus que de 43,75%, car la décote appliquée est de 10 x 0,625%, soit 6,25%

Bon à savoir

MIEUX QUE LE TAUX PLEIN, VISEZ LA RETRAITE PLEINE !

Avoir le taux plein consiste “seulement” à avoir un taux de liquidation de 50%. Or, dans cette expression, la proratisation de la durée de carrière n’est même pas concernée.

Parfois, comme nous verrons plus bas, il est possible d’avoir le taux plein, mais avec un taux de proratisation très bas. Dans un tel cas, avoir le taux plein ne sert donc pas à grand-chose…

Idéalement, vous voulez donc une retraite pleine, c’est-à-dire :

  • Un taux de liquidation de 50%

ET

  • Une proratisation de carrière de 100%, donc sans pénalité financière, car vous avez tous vos trimestres

Calculez votre objectif de taux plein maintenant

Avant de parler d’optimisation, un peu de pratique ! Calculer votre taux plein est très facile, car il suffit de se reporter à votre année de naissance dans le tableau ci-dessous :

Année de naissance Nombre de trimestres requis pour le taux plein Age de départ minimum
A partir de 1968 172 64 ans
1967 172 63 ans et 9 mois
1966 172 63 ans et 6 mois
1965 172 63 ans et 3 mois
1964 171 63 ans
1963 170 62 ans et 9 mois
1962 169 62 ans et 6 mois
01/09 à 31/12/1961 169 62 ans et 3 mois
01/01 à 31/08/1961 168 62 ans

Par exemple, pour avoir le taux plein :

  • Une personne née en 1970 a besoin de 172 trimestres
  • Une personne née en 1964 a besoin de 171 trimestres
  • Une personne née en 1963 a besoin de 170 trimestres
  • Etc…

Pour avoir ce fameux taux plein, le challenge est maintenant de comprendre comment sont comptabilisés vos trimestres.

Comprendre les trimestres qui composent votre taux plein

Le trimestre est l’unité de mesure de votre carrière et par ricochet de votre retraite. Mais savez-vous exactement ce qu’ils représentent ?

  • Pour se rapprocher du taux plein, votre objectif est d’obtenir 4 trimestres de retraite par année de carrière. Il est impossible d’aller plus vite que 4 trimestres par an !
  • Cette limite de 4 trimestres par an est le seul point commun avec les trimestres civils

Ainsi, sur votre relevé de carrière, vous constaterez que trois principaux types de trimestre existent :

  • Les trimestres cotisés : accordés en échange de vos périodes travaillées, et plus précisément des cotisations prélevées sur vos salaires
  • Les trimestres assimilés : accordés à titre gracieux en échange de périodes non travaillées, comme un congé maternité, une période de chômage ou encore un arrêt maladie
  • Les trimestres de majoration : des trimestres “bonus, pour vous récompenser par exemple si vous avez eu des enfants

En vue d’atteindre le taux plein, je vous conseille donc de comprendre comment ces trimestres vous sont attribués. Et qui sait, vous pourriez même repérer une erreur et améliorer ainsi votre retraite !

Comprendre les trimestres cotisés


La première méthode pour gagner des trimestres consiste tout simplement à travailler. Mais attention, pas n’importe comment !

Tout d’abord, ces trimestres sont accordés en fonction des cotisations prélevées sur votre salaire, ce qui nous amène déjà à deux conclusions :

  • Faute de cotisation, le travail au noir n’apporte aucun droit pour la retraite. Il s’agit donc d’un très mauvais calcul pour la retraite…
  • Puisque les trimestres sont seulement accordés en contrepartie de cotisations, la notion de temps de travail n’intervient pas du tout

Eh oui ! Contrairement à une idée reçue tenace, il n’est pas nécessaire de travailler toute l’année pour valider 4 trimestres cotisés pour la retraite.

A la place, il suffit “simplement” de gagner un certain montant. Combien ? En fait, ce seuil de rémunération est revu à la hausse tous les ans, en fonction de divers critères, comme l’inflation.

Il répond néanmoins à la définition suivante :

  • Vous cotisez 1 trimestre à chaque fois que votre salaire annuel atteint le seuil de 150 fois le Smic horaire au 1er janvier, avec un plafond de 4 trimestres par année civile

Le petit tableau ci-dessous simplifie tout cela :

📅 Année💰 SMIC horaire au 1er janvier💶 Rémunération annuelle pour valider un trimestre
202511,88€1 782€
202411,65€1 747,50€
202311,27€1 690,50€
202210,57€1 585,50€

Par exemple, en 2025, on valide un premier trimestre cotisé annuel à partir de 1 782€ de rémunération annuelle. Et on pour être bien clair, on parle bien de rémunération brute !

“Pour simplifier, partez du principe que pour un mois travaillé à plein temps et rémunéré au SMIC, vous validez un trimestre cotisé pour votre retraite.”

Christophe Hau

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

“Pour simplifier, partez du principe que pour un mois travaillé à plein temps et rémunéré au SMIC, vous validez un trimestre cotisé pour votre retraite.”

Photo portrait Christophe

Christophe Hau

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

Sur l’échelle de l’année 2025, cela donne donc :

🔢 Trimestres à valider💶 Seuil de rémunération annuel
11 782€
23 564€
35 346€
47 128€

Ainsi, pour 2025, si votre rémunération annuelle atteint ou dépasse 7 128€, vous validez donc 4 trimestres de retraite grâce à vos cotisations.

“Dans la mesure où un mois de rémunération au SMIC permet de valider un trimestre, vous comprenez pourquoi les professionnels de la retraite vous interroge systématiquement concernant tous vos “petits” boulots… En effet, il en suffit d’un seul oublié dans le relevé de carrière pour potentiellement gagner un trimestre ou plus. De quoi se rapprocher du taux plein !”

Christophe Hau

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

“Dans la mesure où un mois de rémunération au SMIC permet de valider un trimestre, vous comprenez pourquoi les professionnels de la retraite vous interroge systématiquement concernant tous vos “petits” boulots… En effet, il en suffit d’un seul oublié dans le relevé de carrière pour potentiellement gagner un trimestre ou plus. De quoi se rapprocher du taux plein !”

Photo portrait Christophe

Christophe Hau

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite
Comprendre les trimestres assimiles


Il n’y a pas que le travail dans la vie ! Pour le pire ou le meilleur, nos carrières sont également jalonnées d’évènements en tout genre.

Fort heureusement, ceux-ci ont généralement un impact limité sur notre retraite, grâce au concept des trimestres assimilés :

  • Les trimestres assimilés sont des trimestres validés sans travail effectif ni salaire, pour couvrir des interruptions subies de carrière : chômage, maladie, accident du travail, maternité, service militaire ou civil, etc…

Comme les trimestres cotisés, les trimestres assimilés comptent pour le taux de liquidation et la proratisation de carrière.

En revanche, ils ne servent pas (ou beaucoup moins) dans certains dispositifs précis, comme :

  • Le minimum contributif
  • La surcote
  • Le départ anticipé pour carrière longue
Comprendre les trimestres de majoration


Si vous avez eu des enfants, vous pouvez bénéficier jusqu’à 8 trimestres de majoration par enfant. Ces trimestres fonctionnement comme des trimestres assimilés, à la seule différence qu’ils ne sont pas rattachés à une année précise.

La logique est la suivante :

  • Admettons qu’en 2023, vous avez eu un arrêt maladie et un trimestre assimilé au titre de celui-ci. Or, votre rémunération de 2023 vous permet déjà d’obtenir 4 trimestres cotisés. Par conséquent, le plafond de trimestres annuel étant de 4, ce trimestre assimilé ne sert tout bonnement à rien
  • Par contre à l’arrivée en retraite, il vous manque 4 trimestres pour profiter du taux plein. Ici, comme les trimestres de majoration ne sont attachés à aucune année précise, vous pouvez donc puiser dans ce stock de trimestres de majoration pour compléter ce “trou”

L’exemple à suivre d’une retraite à taux plein

L'objectif du taux plein

Résumons la situation :

  • On vous a répété qu’il vous faut une retraite à taux plein
  • En consultant votre relevé de carrière et le solde de vos trimestres, vous estimez être en mesure de remplir cet objectif
  • Par contre, en lisant cet article, vous apprenez que le taux plein ne concerne que le taux de liquidation et laisse de côté le paramètre de la proratisation de carrière


Dans ces conditions, faut-il se réjouir d’avoir seulement le taux plein ? Prenons l’exemple de Julien :

  • Julien a travaillé dans le secteur privé toute sa carrière, sans coupure particulière
  • Son salaire annuel moyen des 25 meilleures années est de 35 000€
  • Julien est né en 1970, pour partir à la retraite à 64 ans, il a donc besoin de 172 trimestres
  • En faisant le total des ses trimestres cotisés, assimilés et de majoration, il anticipe que sauf accident, il devrait bien obtenir 172 trimestres au moment de son départ en retraite

Calculons son taux de liquidation :

Taux de liquidation = 50% – (trimestres manquants x 0,625%)

  • Puisque Julien anticipe d’avoir tous ses trimestres, il part du principe qu’il aura le taux plein, c’est-à-dire un taux de liquidation de 50%

Calculons maintenant sa proratisation de carrière :

Taux de proratisation = trimestres validés / trimestres requis

  • Si Julien comptabilise bien 172 trimestres validés au moment de son départ à la retraite, par rapport à son objectif de 172, sa proratisation de carrière sera donc de 172 / 172 = 1, soit 100%.

➡️ Conclusion ? Oui ! Dans le cadre d’une carrière linéaire, c’est-à-dire sans particularité à signaler, obtenir le taux plein est le meilleur moyen d’optimiser sa retraite, car dans ce cas de figure, avoir le taux plein signifie également une proratisation de carrière à 100%

Par contre, dans le cadre de carrières plus complexes, cet objectif pourrait se révéler contreproductif. Je vais vous expliquer pourquoi maintenant.

Bon à savoir

ET SI J’AI PLUS DE TRIMESTRES QUE REQUIS ?

Il s’agit d’un cas de figure plus plus fréquent qu’on le croit. Par exemple, ma cliente Marie a eu 4 enfants et a toujours travaillé. Ainsi, rien qu’avec ses trimestres de majoration pour enfant, elle possède déjà 32 trimestres !

Ainsi, bien que 172 trimestres lui suffisent pour prendre sa retraite à taux plein, elle anticipe un solde de trimestres de 194

Marie pensait donc que ces trimestres supplémentaires auraient un impact positif sur sa retraite. En effet, elle avait vaguement entendu parler du concept de surcote.

Or, rien de de tout cela ne va se passer. La raison ? Pour profiter de la surcote et de la majoration de pension de 1,25% par trimestre supplémentaire, il faut impérativement que ces trimestres soient acquis APRÈS l’obtention de l’âge légal de départ, donc à partir de 64 ans pour elle.

Les cas où le taux plein est un faux ami

Attention au taux plein

Les cas à surveiller

Si votre carrière sort un peu des sentiers battus, il y a de fortes chances qu’atteindre le taux plein ne protège pas votre retraite de pénalités financières. Mieux faut donc en avoir conscience le plus tôt possible !

Voici les principales situations où atteindre le taux plein peut se révéler insuffisant :

👉 Partir à la retraite à 67 ans pour obtenir l’âge de taux plein automatique

Attention à la douche froide ! En effet, à partir de 67 ans, tout le monde bénéficie automatiquement du taux plein. C’est la notion d’âge automatique de taux plein.

Ainsi, peu importe qu’il vous manque 10, 20, 30 ou même 100 trimestres, le simple fait d’atteindre 67 ans permet à tout le monde de bénéficier de ce fameux taux de liquidation de 50%.

A première vue, il s’agit d’une excellente nouvelle à l’attention des personnes avec des carrières très hachées.

➡️Dans l’exemple extrême d’une personne avec 100 trimestres manquants, atteindre 67 ans permet tout de même de bénéficier d’un taux de liquidation de 50%, à la place du minimum légal de 37,50%. La pension de retraite correspondante s’en porte d’autant mieux !

Toutefois, on oublie souvent que même avec ce taux plein, l’impact des trimestres manquants se fera durement ressentir sur la proratisation de la durée de carrière.

➡️Par exemple, admettons que cette même personne nécessite 172 trimestres. Son taux de proratisation est de 72 trimestres acquis / 172 trimestres requis = 0,4186, soit une proratisation de carrière de 41,86%

Ici, malgré un taux plein de 50%, on se rend facilement compte qu’un taux de proratisation de carrière de seulement 41,86% (contre idéalement 100%) fait de gros dégâts sur le montant de la pension de base. Il faut donc en avoir conscience !

👉 Les départs anticipés à la retraite

De nombreux dispositifs permettent de partir plus tôt à la retraite, par exemple :

De plus, outre l’âge de départ anticipé, ces dispositifs permettent souvent de profiter automatiquement du taux plein.

➡️Malheureusement, ce taux plein “offert” dans le cadre de ces dispositifs ne concerne pas la proratisation de carrière. En cas de nombreux trimestres manquants, le “trou de carrière” correspondant se fera malgré tout ressentir.

Une nouvelle fois, avoir le taux plein n’est donc pas une garantie à toute épreuve contre une “petite” retraite.

👉 Les périodes d’expatriation

En fonction des conventions bilatérales, il est toujours difficile de généraliser concernant les périodes d’expatriation, mais partez du principe suivant :

  • En général, les périodes travaillées à l’étranger sont prises en compte dans le taux de liquidation de la partie française de la retraite
  • Il est donc aussi possible de bénéficier du taux plein automatique en atteignant l’âge de 67 ans
  • Cependant, les trimestres travaillés à l’étranger ne comptent pas pour la durée de carrière française
  • Finalement, la France ne paie que la retraite correspondant à la durée cotisée en France, avec ou sans taux plein

Par conséquent, pour un expatrié, bien qu’il soit assez facile d’obtenir une retraite à taux plein en France, la durée de carrière réellement effectuée en France (ou via un contrat de travail français d’expatrié) est le grand facteur limitant.

“Il existe des cas où se fier aveuglément au taux plein est une erreur, car cette notion met de côté la proratisation de carrière, toute aussi voire plus importante. Pour résumer : oui au taux plein, mais sans la proratisation de carrière, le taux plein peut vous induire en erreur !”

Christophe Hau

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

“Il existe des cas où se fier aveuglément au taux plein est une erreur, car cette notion met de côté la proratisation de carrière, toute aussi voire plus importante. Pour résumer : oui au taux plein, mais sans la proratisation de carrière, le taux plein peut vous induire en erreur !”

Photo portrait Christophe

Christophe Hau

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

N’oubliez pas l’impact du taux plein sur votre complémentaire

Impact du taux plein sur la pension complémentaire

Dès que l’on parle de taux plein, on pense naturellement au calcul de la pension de base. Mais il ne faut pas oublier son impact sur votre pension complémentaire Agirc – Arrco !

Alors, c’est grave ? Tout d’abord, un rappel du fonctionnement de la pension complémentaire :

Focntionnement de la pension complémentaire Agirc - Arrco

Pension complémentaire Agirc – Arrco

Au premier abord, on pourrait croire que votre pension complémentaire ne dépend que de vos points accumulés en cours de carrière. Grave erreur !

  • En cas de départ en retraite sans avoir atteint le taux plein pour sa pension de base, le montant de la pension complémentaire Agirc – Arrco est diminué par l’application d’un coefficient de minoration

Par exemple, s’il vous manque 10 trimestres pour atteindre le taux plein et que vous prenez tout de même votre retraite, vous pourriez subir une pénalité de 10% sur votre pension complémentaire.

En fait, cette pénalité peut être calculée de deux manières :

  • Méthode #1 : en fonction du nombre de trimestres manquants
  • Méthode #2 : en fonction du nombre de trimestres qui séparent le salarié de l’âge de taux plein automatique, fixé à 67 ans

Entre ces deux méthodes, c’est celle qui donne le résultat le plus avantageux qui est retenue. Cliquez ici pour comprendre le calcul !

➡️ En conclusion, oui, il est largement préférable de partir avec taux plein pour sa pension complémentaire. C’est un fait !

Aussi, notez que l’absence de pénalité sur votre complémentaire est valable dans les deux cas suivants :

  • Si vous atteignez l’âge de taux plein automatique, à savoir 67 ans
  • Si vous bénéficiez d’un dispositif de départ anticipé, qui donne le droit au taux plein automatique

“Très souvent, on se focalise sur l’obtention du taux plein dans le cadre de la pension de base. Mais pour des simulations vraiment précises et donc une meilleure prise de décision, il ne faut pas faire l’impasse du taux plein sur la pension complémentaire ! En effet, même si cela peut paraître contre-intuitif, le taux plein est une composante très importante de la pension complémentaire. N’en faites pas l’amère expérience ! “

Christophe Hau

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

“Très souvent, on se focalise sur l’obtention du taux plein dans le cadre de la pension de base. Mais pour des simulations vraiment précises et donc une meilleure prise de décision, il ne faut pas faire l’impasse du taux plein sur la pension complémentaire ! En effet, même si cela peut paraître contre-intuitif, le taux plein est une composante très importante de la pension complémentaire. N’en faites pas l’amère expérience ! “

Photo portrait Christophe

Christophe Hau

Cofondateur Kelretraite

Mon Bilan Retraite

Ma conclusion : astuces pratiques et pièges à éviter

Pour finir, il existe deux manières de comprendre la notion du taux plein :

  • Pour les professionnels de la retraite : avoir le taux plein consiste seulement à avoir un taux de liquidation de 50%, indépendamment du paramètre de proratisation de carrière. Or, si on peut féliciter d’avoir ce taux, l’obtenir n’est parfois pas suffisant pour une retraite conforme à ses attentes
  • Pour le grand public : avoir le taux plein consiste à partir à la retraite sans pénalité financière. On est d’accord pour dire qu’il s’agit de l’objectif ultime !

Maintenant que vous comprenez toutes les subtilités du taux plein, voici quelques conseils pour l’optimisation de votre retraite :

Conseil 1

Ayez un objectif de trimestres clair et précis

Oui, les règles de la retraite peuvent paraître compliquées. Raison de plus pour mieux les comprendre en se fixant un objectif de trimestres précis !

En effet, à partir du moment où vous savez dans quelle direction vous allez, le stress de la préparation à la retraite se réduit à portion congrue. Et consulter son relevé de carrière tous les ans devient presque un plaisir, afin de s’assurer que l’on est sur la bonne direction.

Bien entendu, cet objectif de trimestres a tout intérêt à être celui de votre taux plein. Essayez, vous verrez !

Conseil 2

Le taux plein, oui, mais attention aux cas particuliers !

Pour des carrières linéaires, obtenir le taux plein constitue le meilleur des objectifs. Mais prenez tout de même un peu de recul !

En effet, en cas de carrière hachée, à l’international ou éligible à un départ anticipé, le taux plein peut parfois se transformer en faux ami, faute de considération pour le coefficient de durée de carrière. Ne vous laissez donc pas surprendre…

Conseil 3

Pensez au rachat de trimestres

Le rachat de trimestres est un investissement qui peut se révéler rentable… ou pas. Par exemple, dans certains cas, un rachat de trimestres réussi permet à la fois de partir plus tôt et sans pénalité financière, grâce à l’obtention du taux plein. Ce serait dommage de s’en priver !

Pour savoir si le rachat de trimestres est fait pour vous, il n’y a donc qu’une seule solution : simuler.

Conseil 4

Ne donnez pas trop d’importance à l’âge de taux plein automatique

On en a beaucoup parlé dans cet article, mais je préfère le répéter une dernière fois. A première vue, obtenir le taux plein automatique à 67 ans semble résoudre beaucoup de problèmes. Mais s’il vous manque beaucoup de trimestres, ces trimestres manquants vous causeront tout de même beaucoup de tort à travers la proratisation de carrière.

Conseil 5

Pensez à toujours vérifier vos trimestres

Le risque d’erreur dans le relevé de carrière n’est pas nul. Pour éviter toute mauvaise surprise, prenez le temps de le vérifier année par année. Ainsi, si pour une année donnée, si vous avez moins que le plafond de 4 trimestres, creusez afin avoir le fin mot de l’histoire. Il serait dommage de s’éloigner ainsi du taux plein !

Et si malgré vos efforts, vous constatez tout de même un manque de trimestres, redoublez d’efforts concernant vos trimestres de majoration, par exemple si vous avez eu des enfants. En effet, ces trimestres sont parfaits pour combler les trous.

Vos questions fréquentes sur le taux plein

Quelles sont les conditions pour obtenir le taux plein de ma retraite de base ?

Pour obtenir le taux plein, vous devez avoir l’âge légal de départ en retraite et le nombre de trimestres requis pour votre génération (défini par l’année de naissance). Par exemple, pour les générations nées à partir de 1968, l’âge légal est de 64 ans et la durée d’assurance requise est de 172 trimestres.

Alternativement, vous pouvez attendre d’avoir l’âge de taux plein automatique, c’est-à-dire 67 ans.

Quels types de trimestres comptent pour le taux plein ?

Tous les types de trimestres validés par votre régime de base comptent pour le taux plein :

  • Trimestres cotisés : acquis grâce à vos périodes de travail rémunéré
  • Trimestres assimilés : validés pendant certaines périodes d’interruption de carrière (chômage indemnisé, maladie, maternité, service militaire, invalidité, etc.).
  • Trimestres de majoration : “bonus” de trimestres attribués pour des événements familiaux (enfants, aidants familiaux, etc.)

Ces trimestres sont additionnés pour vérifier si vous avez la durée d’assurance totale requise pour votre génération.

Le taux plein garantit-il 100% de mon dernier salaire ?

Non, c’est une idée fausse. Le taux plein (50%) s’applique à votre Salaire Annuel Moyen (SAM), calculé sur vos 25 meilleures années de carrière revalorisées, et non sur votre dernier salaire. Vous confondez avec le taux de remplacement.

Qu’est-ce que la proratisation et quel est son lien avec le taux plein ?

La proratisation est un coefficient qui ajuste le montant de votre pension de base. Elle se calcule de la manière suivante : nombre de trimestres validés dans le régime de base concerné / nombre de trimestres requis pour votre génération.Même avec le taux plein, si vous n’avez pas validé tous vos trimestres dans un seul régime (ex: carrière multi-régimes ou expatriation), la part de pension de ce régime sera proratisée, c’est-à-dire réduite.

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires