Vos pensions : calendrier, revalorisation et fiscalité !

Calculer sa retraite, c’est bien, anticiper ses revenus au centime près, c’est mieux ! Calendrier de versement, fiscalité ou encore potentielles exonérations, les revenus du jeune retraité suivront des règles précises pour les décennies à venir… Par conséquent, autant les maîtriser dès votre première année de retraite, car je vous promets qu’il y a beaucoup de choses à savoir. Autrement dit, ne vous arrêtez pas en si bon chemin !
Moins d’une minute pour cet article ?
Les points à retenir
1
Chaque caisse verse à sa propre date : la CNAV paie le mois suivant, l’Agirc-Arrco et l’Alsace-Moselle dès le premier jour ouvré
2
Votre pension brute subit d’abord les prélèvements sociaux, puis l’impôt sur le revenu prélevé à la source par votre caisse
3
La retraite nette imposable est toujours supérieure à la retraite nette, à cause de la part non déductible de la CSG
4
Une pension qui baisse n’est pas forcément une erreur : taux de CSG, parts fiscales et gel des revalorisations entrent en jeu
- Votre nouvel ami, le calendrier de versements des pensions
- Les nouveaux défis liés au calendrier de versement des retraites
- Quelle fiscalité sur vos pensions de retraite ?
- À l'aide ! Pourquoi ma pension de retraite a changé ?
- Revalorisation des pensions : qui décide et combien ?
- Cas particuliers : exonérations, + 65 ans, revenus exceptionnels, expatriation, cumul emploi retraite, etc…
- Ma conclusion sur le versement et la fiscalité de vos pensions
- Vos questions fréquentes sur vos pensions de retraite
Votre nouvel ami, le calendrier de versements des pensions
Gérer ses finances personnelles à la retraite demande un peu d’organisation ! En effet, dans le meilleur des cas, c’est-à-dire une carrière très simple, vous n’aurez que deux pensions à surveiller :
Mais imaginons que vous ayez travaillé sous de multiples casquettes, en mélangeant statut de salarié, entrepreneur et une profession libérale. Dans ce cas, vous pourriez recevoir jusqu’à 6 pensions de retraite par mois !
Sans un minimum de rigueur, vous risquez d’aller au-devant de mauvaises surprises… Fort heureusement, dans ce nouveau défi, vous avez un allié de poids : le calendrier de versements des pensions.
Ni une, ni deux, le voici pour l’année 2026 :
| Mois | CNAV/MSA | Agirc-Arrco | Retraites de l’État | CNRACL | Carsat Alsace-Moselle |
|---|---|---|---|---|---|
| Janvier | 9 février | 2 janvier | 29 janvier | 28 janvier | 2 janvier |
| Février | 9 mars | 2 février | 26 février | 25 février | 2 février |
| Mars | 9 avril | 2 mars | 30 mars | 27 mars | 2 mars |
| Avril | 7 mai | 1er avril | 29 avril | 28 avril | 1er avril |
| Mai | 9 juin | 4 mai | 28 mai | 27 mai | 4 mai |
| Juin | 9 juillet | 1er juin | 29 juin | 26 juin | 1er juin |
| Juillet | 7 août | 1er juillet | 30 juillet | 29 juillet | 1er juillet |
| Août | 9 septembre | 3 août | 28 août | 27 août | 3 août |
| Septembre | 9 octobre | 1er septembre | 29 septembre | 28 septembre | 1er septembre |
| Octobre | 9 novembre | 1er octobre | 29 octobre | 28 octobre | 1er octobre |
| Novembre | 9 décembre | 2 novembre | 27 novembre | 26 novembre | 2 novembre |
| Décembre | 8 janvier 2027 | 1er décembre | 23 décembre | 24 décembre | 1er décembre |
À première vue, on peut se demander pourquoi autant de différences… Bienvenue dans le mille-feuilles français des retraites ! Parce que chaque caisse possède sa propre histoire, il y a deux types de versements :
Dans le deuxième cas, les retraités ont bien plus le sourire aux lèvres !
Par conséquent, les règles du calendrier des versements sont plus ou moins les suivantes :
Bon à savoir
DES DÉLAIS DANS LE VERSEMENT DES PENSIONS ?
Oui et non ! En fait, les dates du calendrier correspondent au jour où les caisses initient les virements. Toutefois, il peut y avoir des délais bancaires, notamment si vous vivez à l’étranger.
Avant de paniquer concernant le non versement d’une pension, il peut être judicieux d’attendre un jour ouvré ou deux.
Les nouveaux défis liés au calendrier de versement des retraites

Entre le dernier salaire et la première pension, quelques semaines de flottement
Les retraités doivent donc apprendre à vivre au rythme du calendrier des versements de leurs pensions. Ce qui n’est pas toujours une mince affaire…
👉 Gérer la transition vers les premières pensions de retraite
Malheureusement, la transition entre le dernier salaire et les premières pensions de retraite peut s’avérer parfois problématique :
- Le plus souvent, les pensions de base sont versées en fin de mois ou au début du mois suivant
- Des délais dans le traitement des dossiers sont possibles
Résultat des courses ? Il peut y avoir un décalage de plusieurs semaines / mois entre votre dernier salaire et votre première pension. Prenez les devants :

PAS D’INQUIÉTUDE CONCERNANT LA RÉTROACTIVITÉ DES PAIEMENTS
Votre caisse de retraite a pris du retard ? En dehors des difficultés potentielles au niveau de la gestion de votre trésorerie, soyez rassuré sur le fait que votre caisse procèdera au versement de toutes les prestations dues, avec des paiements rétroactifs le cas échéant.
👉 Surveillez vos éventuels versements forfaitaires uniques
Si vous avez une carrière « mouvementée » et que vous n’avez par exemple que très peu cotisé auprès d’une caisse de retraite à un moment donné, il est possible que ces cotisations ne soient pas suffisantes pour justifier le versement d’une rente, annuelle, trimestrielle ou mensuelle.
Dans ce cas, certains régimes préfèrent tout simplement rembourser les cotisations reçues : c’est le versement forfaitaire unique.
L’intérêt de la manoeuvre ? Du point de vue des caisses de retraite, l’objectif est de diminuer leurs frais de gestion. Toutefois, il s’agit de cas par cas, dans la mesure où toutes les caisses ne sont pas autorisées à procéder à des versements forfaitaires mensuels uniques.
Quoi qu’il en soit, dans les mois qui suivent votre arrivée à la retraite, n’oubliez pas de surveiller vos éventuels versements forfaitaires uniques si vous êtes éligibles.
👉 Finances personnelles : ne vous laissez pas surprendre !
Plus votre carrière aura été atypique et plus vous devrez faire preuve de rigueur dans la gestion de vos finances personnelles une fois à la retraite.
En effet, passer du versement mensuel fixe d’un salaire à des paiements fractionnés n’est pas toujours évident. Mon conseil ? Un bon vieux tableau Excel !
Sur la durée, les bénéfices d’une telle organisation sont multiples :
- Pour suivre l’évolution du montant de chaque pension, à la baisse ou à la hausse, en fonction de la fiscalité ou des revalorisations
- Pour améliorer la gestion de votre trésorerie, par exemple pour anticiper le paiement des plus grosses factures
- Pour repérer d’éventuelles erreurs et garder ainsi la tête hors de l’eau
Je vous garantis qu’en l’absence d’une telle organisation, devoir reprendre tous ses paiements en cas de suspicion d’une erreur est tout sauf un cadeau…
D’ailleurs, d’un point de vue pratique, assurez-vous aussi de :
- Centraliser tous les versements sur un même compte bancaire
- Centraliser toutes les notifications de mise en paiement dans un même dossier (pour cela, il suffit de se connecter à son espace sur le site de la caisse de retraite considérée et télécharger le justificatif correspondant)
Si vous suivez ces conseils, il ne fait aucun doute que vous me remercierez un jour !
Exemple
Annick suit ses trois pensions dans un seul tableau
Annick a liquidé sa retraite en janvier 2026, après 18 ans de secrétariat dans le privé et 22 ans à l’hôpital. Trois caisses lui versent une pension, à trois dates différentes. Voici son premier mois :
| Caisse | Date prévue | Montant brut | Prélèvements sociaux | Prélèvement à la source | Montant net | Date réelle de réception |
|---|---|---|---|---|---|---|
| CNAV | 9/02/2026 | 1 180€ | 107,38€ | 52,99€ | 1 019,63€ | 9/02/2026 |
| Agirc-Arrco | 2/01/2026 | 610€ | 61,61€ | 27,10€ | 521,29€ | 2/01/2026 |
| CNRACL | 28/01/2026 | 420€ | 38,22€ | 18,86€ | 362,92€ | 28/01/2026 |
| Total mensuel | 2 210€ | 207,21€ | 98,95€ | 1 903,84€ |
Le total en bas de colonne est le seul endroit où Annick voit ce qui tombe réellement sur son compte, soit 1 903,84€ pour 2 210€ de brut annoncé sur ses notifications.
Au bout de quelques mois, le tableau s’allonge : trois lignes par mois, 36 sur une seule année ! C’est là que les filtres de votre tableur deviennent utiles. Vous pouvez isoler l’historique d’une pension et repérer tout de suite le mois où son montant a bougé. Et cela arrivera souvent !
Les colonnes du montant brut et du montant net attirent votre attention ? L’heure est venue de passer à la fiscalité, et il y a des choses à dire…
Quelle fiscalité sur vos pensions de retraite ?

Du brut au net, étape par étape
Si la fiscalité des pensions de retraite n’est pas très compliquée en soi, de bonnes explications sont nécessaires pour en saisir les subtilités.
Ainsi, lorsque vos pensions de retraite seront réévaluées à la hausse ou à la baisse, vous comprendrez exactement pourquoi. Voici le programme :
Un mot avant de commencer, pour éviter une confusion classique. Les seuils de CSG portent une année d’application : ceux de 2026 s’appliquent aux pensions versées en 2026, calculés sur votre revenu fiscal de référence de 2024. Le barème de l’impôt sur le revenu, lui, porte une année de revenus : celui des revenus 2025 est celui que vous avez appliqué au printemps 2026. Les deux dates diffèrent, et c’est normal.
👉 Etape #1 : le montant brut, le point de départ
Lors de la liquidation de retraite, chaque caisse de retraite vous versant une pension vous transmet une notification de retraite. Dans ce document, vous trouverez le montant final de votre pension, exprimé en brut. Il s’agit du point de départ !
À moins que vous ne bénéficiez d’une exonération, vous devez ensuite retrancher les impôts ci-dessous pour obtenir votre montant de pension net :
Bon à savoir
LES PENSIONS SONT TOUJOURS VERSÉES EN NET
Depuis 2019 et l’instauration du prélèvement à la source, toutes les pensions de retraite sont automatiquement versées en net. C’est-à-dire que les caisses de retraite calculent en amont vos prélèvements sociaux et votre impôt sur le revenu et les transmet à la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) en votre nom.
Si le prélèvement à la source simplifie la vie des retraités, comprendre le détail des calculs de l’imposition relève encore de votre responsabilité.
👉 Etape #2 : retrancher les prélèvements sociaux
À côté de l’impôt sur le revenu que nous allons voir dans un instant, votre pension de retraite brute est d’abord amputée des prélèvements sociaux. Il en existe potentiellement 4 :
- La Contribution Sociale Généralisée (CSG)
- La Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS)
- La Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (CASA)
- Le Taux de la Cotisation Assurance Maladie (COTAM)
Comme vous le constatez, ces prélèvements sociaux servent principalement à la solidarité nationale.
Le point de départ est que le taux de prélèvements sociaux dépend des revenus de votre foyer. Ainsi, le vôtre est obligatoirement l’un des 4 suivants :
- L’exonération de taux
- Le taux réduit
- Le taux médian
- Le taux normal
Pour connaître précisément votre taux, vous n’avez qu’à consulter votre dernier avis d’imposition ou le tableau ci-dessous.
Voir les seuils de prélèvements sociaux de 2026
➡️ Vous êtes exonéré de CSG, CRDS et CASA si votre Revenu Fiscal de Référence est situé dans le tableau ci-dessous :
| Parts fiscales du foyer | Revenu Fiscal de Référence |
|---|---|
| 1 | Inférieur à 13 048€ |
| 1,5 | Inférieur à 16 532€ |
| 2 | Inférieur à 20 016€ |
| 2,5 | Inférieur à 23 500€ |
| 3 | Inférieur à 26 984€ |
| Demi-part supplémentaire | + 3 484€ |
➡️ Vous êtes imposable au taux réduit de CSG et CRDS et vous êtes exonéré de CASA si votre Revenu Fiscal de Référence est situé dans le tableau ci-dessous :
| Parts fiscales du foyer | Revenu Fiscal de Référence |
|---|---|
| 1 | De 13 048€ à 17 057€ |
| 1,5 | De 16 532€ à 21 612€ |
| 2 | De 20 016€ à 26 167€ |
| 2,5 | De 23 500€ à 30 722€ |
| 3 | De 26 984€ à 35 277€ |
| Demi-part supplémentaire | + 3 484€ et + 4 555€ |
➡️ Vous êtes imposable au taux médian de CSG, CRDS et CASA si votre Revenu Fiscal de Référence est situé dans le tableau ci-dessous :
| Parts fiscales du foyer | Revenu Fiscal de Référence |
|---|---|
| 1 | De 17 057€ à 26 472€ |
| 1,5 | De 21 612€ à 33 538€ |
| 2 | De 26 167€ à 40 604€ |
| 2,5 | De 30 722€ à 47 670€ |
| 3 | De 35 277€ à 54 736€ |
| Demi-part supplémentaire | + 4 555€ et + 7 066€ |
➡️ Vous êtes imposable au taux normal de CSG, CRDS et CASA si votre Revenu Fiscal de Référence est situé dans le tableau ci-dessous :
| Parts fiscales du foyer | Revenu Fiscal de Référence |
|---|---|
| 1 | Égal ou supérieur à 26 472€ |
| 1,5 | Égal ou supérieur à 33 538€ |
| 2 | Égal ou supérieur à 40 604€ |
| 2,5 | Égal ou supérieur à 47 670€ |
| 3 | Égal ou supérieur à 54 736€ |
| Demi-part supplémentaire | + 7 066€ |
Vous avez en main votre taux applicable de prélèvements sociaux ? Il ne reste plus qu’à passer à la pratique :
| Taux réduit | Taux médian | Taux normal | |
|---|---|---|---|
| CSG | 3,80% | 6,60% | 8,30% |
| CRDS | 0,50% | 0,50% | 0,50% |
| CASA | 0,30% | 0,30% | 0,30% |
| TOTAL | 4,60% | 7,40% | 9,10% |
Prenons l’exemple de Thierry, dans la situation suivante :
D’après les seuils en vigueur, le revenu fiscal de référence de 58 000€ est supérieur à 40 604€ (ligne du tableau avec deux parts fiscales). On applique donc le taux normal de CSG.
- Le total des prélèvements sociaux est donc de 9,10%
- On applique donc ce taux : 2 000€ x 9,10% = 182€ de prélèvements sociaux
Conclusion ? Sur les 2 000€ de pension de retraite, la caisse de retraite retranche 182€ au titre des prélèvements sociaux et les versent directement au Trésor Public.
Toutefois, dans cet exemple, nous ne faisons pas la distinction entre pensions de base et pensions complémentaires. Or, avec la pension complémentaire, il existe une cotisation supplémentaire :
Bon à savoir
DÉCOUVREZ LA COTISATION D’ASSURANCE MALADIE (COTAM)
En plus de la CSG, de la CRDS et de la CASA, les pensions complémentaires du privé (Agirc-Arrco) et du public (Ircantec) doivent s’acquitter de la Cotisation d’Assurance Maladie, appelée COTAM.
➡️ Son montant est généralement de 1,00%
Cette cotisation supplémentaire s’applique à votre pension complémentaire, sauf si :
Par conséquent, reprenons notre exemple, et cette fois, intégrons la Cotam. Pour cela, faisons la distinction entre les deux pensions de retraite suivantes :
- Pension de base : 1 500€ brut par mois
- Pension complémentaire : 500€ brut par mois
Puisque la Cotam est intégrée dans la pension complémentaire, son taux de prélèvement appliqué n’est plus de 9,10%, mais de 10,10%.
Avec cette distinction, procédons au calcul des prélèvements sociaux :
| Pension de base | Pension complémentaire | |
|---|---|---|
| Montant brut | 1500€ | 500€ |
| Taux de prélèvement sociaux global | 9,10% (CSG + CRDS + CASA) | 10,10% (CSG + CRDS + CASA + COTAM) |
| Montant des prélèvements sociaux | 1500€ x 9,10% = 136,50€ | 500€ x 10,10% = 50,50€ |
| Montant après les prélèvements sociaux | 1500€ – 136,50€ = 1 363,50€ | 500€ – 50,50€ = 449,50€ |
Au final, sur cette pension de retraite totale de 2000€, le montant des prélèvements sociaux est donc de 136,50€ + 50,50€, soit 187€.
Il ne reste donc plus qu’à prélever l’impôt sur le revenu pour obtenir votre retraite nette !
👉 Etape #3 : calcul de la pension nette imposable
Comme vous le savez, les revenus sont imposés selon le barème de l’impôt sur le revenu. Et les pensions de retraite ne font pas exception à la règle !
Voici le barème en vigueur pour les revenus perçus en 2025 :
| Tranches de revenus | Taux d’imposition de la tranche de revenu |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600€ | 0% |
| De 11 601€ à 29 579€ | 11% |
| De 29 580€ à 84 577€ | 30% |
| De 84 578€ à 181 917€ | 41% |
| Plus de 181 917€ | 45% |
Par conséquent, pour calculer l’impôt sur le revenu de sa pension de retraite, il est nécessaire de connaître le montant exact à taxer. Plus précisément, on parle de la pension nette imposable.
Pour plus de clarté, continuons avec notre exemple précédent :
En toute logique, on pourrait croire que l’impôt sur le revenu soit calculé à partir de ce dernier montant de 1 813€. Mais cela aurait été trop facile ! En France, l’administration fiscale aime parfois compliquer les choses…
En fait, se servir de cette somme de 1 813€ comme base de calcul reviendrait à considérer que les prélèvements sociaux sont déductibles à 100% de l’impôt sur le revenu. Or, dans les prélèvements sociaux, il existe une part non déductible.
➡️ À la place d’utiliser 1 813€, la part non déductible implique que l’impôt sur le revenu sera prélevé sur un montant légèrement supérieur. Plus de recettes pour l’état !
Voici le détail de la déductibilité des prélèvements sociaux pour 2025 :
| Part non déductible | Part déductible | Total | |
|---|---|---|---|
| CSG au taux normal | 2,40% | 5,90% | 8,30% |
| CSG au taux médian | 2,40% | 4,20% | 6,60% |
| CSG au taux réduit | 0% | 3,80% | 3,80% |
| CRDS | 0,50% | 0% | 0,50% |
| CASA | 0,30% | 0% | 0,30% |
| COTAM (applicable uniquement la pension complémentaire Agirc-Arrco ou Ircantec) | 0,00% | 1,00% | 1,00% |
Comment l’appliquer dans la vraie vie ? Reprenons notre exemple de 2 000€ :
Et utilisons un taux normal de CSG.
Cela nous donne pour la pension de base :
- La part déductible est de 5,90%
- 1 500€ x 5,90% = 88,50€
- Le montant imposable à l’impôt sur le revenu de la pension de base est donc de 1 500€ – 88,50€ = 1 411,50€
Et pour la pension complémentaire :
- La part déductible est de 6,90% (5,90% au titre de la CSG + 1,00% au titre de la Cotam)
- 500€ x 6,90% = 34,50€
- Le montant imposable à l’impôt sur le revenu de la pension de base est de 500€ – 34,50€ = 465,50€
➡️ Dans cet exemple, la pension nette imposable est donc de 1 411,50€ + 465,50€, soit 1 877€ (et non de 1 813€ en l’absence de distinction entre part déductible et non déductible). Le taux marginal d’imposition sera donc appliqué sur cette somme.
Bon à savoir
DE L’IMPÔT SUR DE L’IMPÔT, VRAIMENT ?
Le moment est bien choisi pour clarifier les termes suivants :
Si vous avez bien suivi, le montant de la retraite nette imposable est toujours légèrement supérieur au montant de la retraite nette. On peut le calculer de deux manières :
OU
Quelle conséquence ? Pour parler de manière très concrète et si nous reprenons notre exemple :
Conclusion ? Parce que la retraite nette imposable de 1 877€ est un peu plus élevée que la retraite nette de 1 813€, Thierry paiera un peu plus d’impôt sur le revenu. Or cette différence (64€ pour être précis) n’est pas de l’argent que Thierry a reçu sur son compte bancaire.
En fin de compte, cela signifie donc que Thierry va devoir payer de l’impôt sur de l’impôt !
👉 Etape #4 : l’abattement de 10%
Bonne nouvelle : avant d’appliquer votre taux marginal d’imposition, il reste une étape à votre avantage, l’abattement de 10%.
➡️ L’abattement de 10% vous permet de réduire votre montant imposable et donc de payer moins d’impôts.
Bon à savoir
POURQUOI UN ABATTEMENT DE 10% ?
Les actifs bénéficient d’un abattement de 10% au titre des frais professionnels. Pour les retraités, ce même abattement de 10% est justifié par l’égalité sociale.
Néanmoins, des voix s’élèvent régulièrement pour le supprimer pour aider à atteindre l’équilibre budgétaire du régime des retraites.
➡️ Sur quoi porte exactement l’abattement de 10% ?
En plus de vos pensions de base et complémentaires, diverses sources de revenus peuvent être intégrées dans votre abattement, comme :
Par exemple, si une année donnée, votre total des revenus est de 30 000€, l’abattement de 10% réduit le revenu imposable de 3 000€, pour le faire passer à 27 000€. C’est toujours ça de gagné !
➡️ L’abattement de 10% est encadré par des limites
Ceci étant dit, l’application de l’abattement répond aussi à quelques règles :
| Année de perception de la retraite | Abattement minimum par personne | Abattement maximum pour le foyer |
|---|---|---|
| 2025 | 454€ | 4 439€ |
| 2024 | 450€ | 4 399€ |
| 2023 | 442€ | 4 321€ |
| 2022 | 422€ | 4 123€ |
| 2021 | 400€ | 3 912€ |
| 2020 | 394€ | 3 858€ |
| 2019 | 393€ | 3 850€ |
| 2018 | 389€ | 3 812€ |
⚠️ Le montant minimum est par personne, tandis que le montant maximum est pour le foyer fiscal
Prenons l’exemple du foyer suivant :
Soit un total de 60 000€ de revenus imposables et donc un abattement potentiel de 10%, soit 6 000€.
Or, ce montant de 6 000€ est supérieur au plafond de 4 439€. Par conséquent, les deux membres du foyer fiscal se « partagent » cet abattement au prorata de leurs revenus :
- Monsieur contribue pour 1/3 des revenus du foyer fiscal, son abattement correspond donc à 1/3 de 4 439€
- Madame contribue pour 2/3 des revenus du foyer fiscal, son abattement correspond donc à 2/3 de 4 439€
➡️ Exemple d’abattement de 10%
Pour plus de simplicité, reprenons l’exemple avec la pension de retraite de notre Thierry national ! A son sujet, nous avons les informations suivantes :
| Montant mensuel | Montant annuel | |
|---|---|---|
| Retraite brute | 2 000€ | 24 000€ |
| Retraite nette | 1 813€ | 21 756€ |
| Retraite nette imposable | 1 877€ | 22 524€ |
Pour rappel, la retraite nette imposable est supérieure à la retraite nette à cause de la CSG non déductible.
Le calcul de son abattement est donc le suivant :
- 22 524€ x 10% = 2 252,40€
- La pension nette imposable est revue à : 22 524€ – 2 252,40€ = 20 271,60€
L’abattement de Thierry étant compris dans les limites, il n’y a donc pas de difficultés particulières dans cet exemple pour le calculer.
👉 Etape #5 : le barème de l’impôt sur le revenu
L’impôt sur le revenu s’applique sur le montant de la retraite nette imposable, soit 20 271,60€ dans notre exemple avec Thierry. Il reste donc à appliquer lui barème :
Barème d’imposition en vigueur
| Tranches de revenus | Taux d’imposition de la tranche de revenu |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600€ | 0% |
| De 11 601€ à 29 579€ | 11% |
| De 29 580€ à 84 577€ | 30% |
| De 84 578€ à 181 917€ | 41% |
| Plus de 181 917€ | 45% |
À partir de ce tableau, le calcul de l’impôt est donc très facile :
- Tranche 1 : 11 600€ x 0% = 0€
- Tranche 2 : (20 271,60€ – 11 600€) x 11% = 953,88€
L’impôt annuel de Thierry est donc de 953,88€, soit 79,49€ par mois. Dans la vraie vie, l’impôt sur le revenu est prélevé à la source. Et il nous reste à étudier ses effets.
👉 Etape #6 : le fonctionnement du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu
Les caisses de retraite prélèvent l’impôt sur le revenu de vos pensions de retraite à la source. Voici le processus en place :
- Tous les ans, vous déclarez vos revenus de l’année précédente environ fin mai ou début juin
- A partir des revenus déclarés, l’administration fiscale renvoie les avis d’imposition entre fin juillet et août
- Dans l’avis d’imposition figure le taux d’imposition du foyer fiscal
- Ce taux d’imposition est ensuite mensualisé par l’administration fiscale, à travers une formule un peu compliquée
- Ce taux de prélèvement à la source est ensuite transmis par l’administration fiscale aux caisses de retraite concernées
- Les caisses de retraite appliquent le taux de prélèvement à la source tous les mois sur le versement des pensions
- Tous les mois, ce prélèvement à la source fonctionne donc comme un acompte sur le montant final d’imposition
Ainsi, au mois de septembre, au moment de régler ses impôts de l’année précédente, deux cas sont possibles :
👉 Etape #7 : et si ma situation fiscale change ?
En cas de hausse ou de baisse des revenus dans votre foyer fiscal une année donnée, il est tout à fait possible que votre taux d’imposition varie.
Ainsi, si cela devait vous arriver :
- L’administration fiscale vous communique le nouveau taux d’imposition à travers l’envoi de l’avis d’imposition
- L’administration fiscale calcule le nouveau taux de prélèvement à la source personnalisé sur la base de ces nouvelles informations
- L’administration fiscale transmet ensuite, généralement au mois de septembre, ce nouveau taux de prélèvement à la source aux caisses de retraite
Ainsi, vous n’avez rien à faire, si ce n’est de vérifier que tout soit fait dans les règles de l’art.
Mais si la hausse ou la baisse des revenus est anticipée (par exemple l’arrivée à la retraite du conjoint), vous pouvez aussi demander une modification du taux de prélèvement à la source en cours d’année.
Pour cela :
- Connectez-vous sur Accueil impots.gouv.fr
- Cliquez sur « gérer mon prélèvement à la source”
L’intérêt de la manoeuvre ?
➡️ Payer plus ou moins d’acompte, afin d’optimiser votre trésorerie. Si vous procédez de cette manière, les caisses de retraite appliquent généralement le nouveau taux de prélèvement à la source dans les deux mois après la date de modification.
Encore une fois, soyez proactif en consultant les attestations de paiement disponibles sur les sites des caisses de retraite. Vous y trouverez notamment le montant d’impôt à la source prélevé.
À l’aide ! Pourquoi ma pension de retraite a changé ?

Les cinq raisons pour lesquelles le montant bouge
C’est un fait ! A l’entrée en retraite, beaucoup de retraités assument que leurs revenus vont rester stables pour les années à venir… Or, les raisons d’une baisse ou une hausse sont multiples :
Bref, les raisons ne manquent pas ! Sur la durée d’une retraite, observer ses pensions de retraite évoluer est donc un phénomène tout à fait normal. Même si cela peut parfois faire mal, comme avec l’exemple de cette cliente :

“Une cliente m’appelle en urgence, car ses pensions avaient beaucoup baissé. En fait, elle avait fait un déblocage de son Plan Epargne Retraite, ce qui avait augmenté significativement ses revenus pour l’année écoulée. Sauf qu’en procédant de la sorte, son Revenu Fiscal de Référence avait beaucoup augmenté, et elle était donc passée du taux médian de CSG au taux normal. Et en plus, cette même année, un enfant était sorti du foyer fiscal. Par conséquent, ses pensions de retraite avaient perdu plus de 5,00%… alors qu’elle s’attendait à une revalorisation. »
« Une cliente m’appelle en urgence, car ses pensions avaient beaucoup baissé. En fait, elle avait fait un déblocage de son Plan Epargne Retraite, ce qui avait augmenté significativement ses revenus pour l’année écoulée. Sauf qu’en procédant de la sorte, son Revenu Fiscal de Référence avait beaucoup augmenté, et elle était donc passée du taux médian de CSG au taux normal. Et en plus, cette même année, un enfant était sorti du foyer fiscal. Par conséquent, ses pensions de retraite avaient perdu plus de 5,00%… alors qu’elle s’attendait à une revalorisation. »

UNE PROTECTION SUR LE TAUX DE CSG : LE « LISSAGE »
En cas de rentrée d’argent exceptionnelle, les foyers fiscaux risquent un taux de CSG plus élevé, ce qui peut affecter fortement les pensions de retraite.
Pour contrer cet effet, le mécanisme du « lissage » est en place et fonctionne de la manière suivante :
Par conséquent, en cas de rentrée d’argent exceptionnelle, les foyers fiscaux avec le taux réduit de CSG ne sont pas pénalisés.
Notez que la même règle des deux années consécutives s’applique à la CASA et à la cotisation d’assurance maladie de votre pension complémentaire. En revanche, elle ne joue que vers le haut : une baisse de revenus, elle, s’applique dès l’année suivante.
Revalorisation des pensions : qui décide et combien ?

En théorie la pension suit l’inflation, dans la pratique elle décroche
Pour les 17 millions de retraités français, la revalorisation annuelle des pensions est un enjeu crucial pour préserver leur pouvoir d’achat et donc leur qualité de vie.
Or, de la théorie au porte-monnaie, il y a beaucoup de choses à dire…
👉 En théorie : les pensions suivent l’inflation
À l’origine, le Code de la Sécurité sociale prévoit une indexation des pensions sur l’évolution des prix à la consommation (hors tabac). Cette indexation est censée être automatique et annuelle.
➡️ Par conséquent, les retraités ne devraient pas avoir à s’inquiéter de l’évolution de leurs pensions par rapport à l’évolution du coût de la vie.
Autant dire que sur une durée moyenne de 20 ans à la retraite, il s’agit d’une sacrée épine dans le pied qui est enlevée !
Je vous passe l’historique des règles de revalorisation depuis 50 ans, mais retenez ce calendrier des revalorisations :
Par exemple, au 1er janvier 2025 :
- On prend en compte l’inflation des 12 mois précédent, donc ceux de 2024
- On la compare par rapport aux 12 mois antérieurs, donc de 2023
Ensuite, il ne reste plus qu’à appliquer le taux d’inflation constaté pour revaloriser les pensions, même si cette technique n’empêche pas les pensions d’avoir toujours un train de retard par rapport à l’inflation réelle.
Mais il ne s’agit pas du seul souci…
👉 Dans la pratique : c’est plus compliqué…
Dernièrement, le système des retraites a été mis à rude épreuve d’un point de vue financier :
Or, dans ce contexte tendu, la revalorisation des retraites est un levier que l’on peut actionner pour réaliser des économies.
Mais qui prend la décision d’appuyer sur ce levier ?
Sans trop rentrer dans les complications, voici le panorama des décideurs concernant les revalorisations des pensions de retraite :
| Régimes de retraite | Décisionnaires |
|---|---|
| Pensions de base et complémentaires, du privé et du public | L’Etat |
| Professions libérales | L’Etat Conseil d’administration de chaque caisse concernée |
| Avocats | Conseil d’administration de la caisse des avocats |
Que faut-il en retenir ?
Alors qu’à l’origine la revalorisation des retraites est une question purement technique basée sur le niveau d’inflation, d’autres considérations peuvent dorénavant intervenir, comme :
Les répercussions sur les revalorisations peuvent être les suivantes :
- Un gel pur et simple des pensions pour une période donnée
- Une désindexation partielle par rapport au niveau réel d’inflation
- Une revalorisation exceptionnelle en cours d’année, appelé rattrapage, pour faire face à une situation hors du commun (ce qui s’est passé par exemple en 2022)
Conclusion ? En théorie, les pensions doivent suivre le niveau de l’inflation, mais en pratique, les revalorisations ne sont plus aussi automatiques qu’auparavant et sont même devenues des décisions hautement politiques.
Cas particuliers : exonérations, + 65 ans, revenus exceptionnels, expatriation, cumul emploi retraite, etc…
Je vous rassure, on a vu l’essentiel ! Néanmoins, des cas particuliers sont à connaître si vous souhaitez être totalement incollable sur le sujet, et optimiser fiscalement vos pensions en toutes circonstances.
Voici le programme :
👉 Le seuil de non imposition pour les petites retraites
Les retraités avec des pensions considérées comme « petites » peuvent ne pas payer d’impôts. En réalité, tout dépend des revenus du foyer fiscal et du nombre de parts.
Le tableau ci-dessous résume la situation pour les revenus de l’année 2025 :
| Nombre de parts fiscales | Personne seule | Couple |
|---|---|---|
| 1 | 17 590€ | – |
| 1,5 | 23 390€ | – |
| 2 | 29 190€ | 32 857€ |
| 2,5 | 34 990€ | 38 657€ |
| 3 | 40 790€ | 44 457€ |
| 3,5 | 46 590€ | 50 257€ |
| 4 | 52 390€ | 56 057€ |
| 4,5 | 58 190€ | 61 857€ |
| 5 | 63 990€ | 67 657€ |
Par exemple, prenons ce couple de retraités :
➡️ Ici, les revenus du couple étant inférieurs au seuil de non imposition de 32 857€, ils ne sont donc pas redevables de l’impôt sur le revenu.
👉 Une rentrée d’argent exceptionnelle : quelle imposition ?
En cas de rentrée d’argent exceptionnelle, les probabilités d’une forte augmentation des impôts sont très réelles !
Concernant les prélèvements sociaux, nous avons déjà vu le mécanisme du lissage ici. Mais qu’en est-il de l’impôt sur le revenu ? Eh bien, bonne nouvelle, un système est également en place, dénommé système du quotient.
Des revenus exceptionnels peuvent par exemple être les suivants :
En fait, pour être éligible au système du quotient, le revenu imposable du foyer fiscal de l’année considérée doit être supérieur à la moyenne des revenus imposables des trois années précédentes.
Par exemple, imaginons la situation suivante :
➡️ Dans ce cas, le revenu exceptionnel est donc de 11 000€ pour l’année 2025. Ce montant est donc éligible au système du quotient, à la seule condition (évidente) que ces revenus ne se renouvellent pas… Nous parlons bien de revenus exceptionnels !
Bon à savoir
DES REVENUS ENCORE PLUS EXCEPTIONNELS !
Notez que les revenus suivants :
Sont toujours considérés comme exceptionnels, quels que soient leurs montants.
Autrement dit, ces revenus sont éligibles au système du quotient, même dans le cas où l’intégration de ces revenus supplémentaires ne permettrait normalement pas au foyer de dépasser la moyenne des revenus imposables des trois dernières années.
Alors, comment fonctionne le système du quotient ? Voici la recette :
- On calcule d’abord le montant d’impôt normal
- On ajoute 1/4 des revenus exceptionnels au revenu imposable
- On recalcule le montant d’impôt
- On prend la différence entre le montant initial d’impôts et le montant recalculé
- On multiplie cette différence par 4
- On obtient l’imposition finale
Avec des chiffres, c’est-à-dire un foyer fiscal composé d’une personne, d’un revenu de 40 000€ et d’une prime exceptionnelle de 10 000€, voilà ce que ça donne avec le barème d’imposition des revenus de 2025 :
- Après l’abattement de 10%, le revenu imposable est de 36 000€, soit l’équivalent d’une imposition totale de 3 904€
- On ajoute 1/4 de 10 000€, soit 2 500€, aux revenus imposables, soit un total de 42 500€
- Après un nouvel abattement de 10%, l’imposition est de 4 579€ sur 38 250€ de revenus imposables
- La différence est donc 4 579€ – 3 904€, soit 675€ d’impôts supplémentaires
- On multiplie ce montant par 4, soit 2 700€
- L’imposition finale est donc de 3 904€ + 2 700€, soit 6 604€
Finalement, on obtient la situation suivante :
Alors, sommes-nous tombés sur la tête ? Quel est l’intérêt du système du quotient ? En fait, il est double :

« Il est très fréquent pour les salariés de recevoir des primes exceptionnelles au moment du départ à la retraite. Toutefois, malgré le système du quotient aux effets assez légers, l’imposition est généralement douloureuse… Il vaut donc mieux l’anticiper ! »
👉 Le cas particulier d’une retraite versée en capital
À côté de vos pensions de retraite, il est possible que vous receviez également des prestations de retraite sous la forme de capital. Par exemple :
Quelle imposition au menu ? En fait, vous avez potentiellement le choix :
- Utiliser le système du quotient, comme expliqué dans la partie précédente
- Demander un prélèvement au taux unique de 7,50%
En règle générale, la seconde option est plus avantageuse, à condition d’y être éligible. Pour cela, il faut répondre aux deux conditions suivantes :
- Le versement du capital s’est fait en une seule fois
- Les cotisations versées étaient déductibles du revenu imposable
Si la première condition est facile à comprendre (il vaut mieux retirer une fois 50 000€ que deux fois 25 000€ !), la deuxième s’applique plus particulièrement aux produits d’épargne retraite, comme le PERP ou le PER.
En effet, pour ces produits :

ATTENTION À L’ASSURANCE VIE !
L’assurance vie est un des produits préférés des Français dans l’optique de la préparation à la retraite. Cependant, les versements ne sont pas déductibles du revenu imposable. Par conséquent, des retraits en capital ne permettent pas de bénéficier de ce taux de 7,50%, dédié à l’épargne retraite.
Néanmoins, il ne faut pas oublier que l’assurance vie possède également sa propre fiscalité, considérée comme avantageuse.
👉 Les exonérations à l’impôt sur le revenu
D’une manière générale, toutes les pensions liées à la retraite sont imposables et doivent être déclarées. Toutefois, certaines pensions sont exonérées de l’impôt sur le revenu :
👉 Le dispositif d’optimisation pour les plus de 65 ans
Les retraités âgés de plus de 65 ans et avec des petites retraites bénéficient d’un abattement supplémentaire à celui de 10% qui s’adresse à tous les retraités.
Plus spécifiquement, voici les conditions à répondre :
Si vous répondez à ces conditions, le tableau suivant résume les conditions de cet abattement supplémentaire pour 2025 :
| Revenus du foyer fiscal | Abattement pour une personne | Abattement pour un couple |
|---|---|---|
| Jusqu’à 17 670€ | 2 822€ | 5 644€ |
| 17 670€ à 28 430€ | 1 411€ | 2 822€ |
| Au-delà de 28 430€ | 0€ | 0€ |
➡️ Par exemple, si une personne seule touche 20 000€ de pensions de retraite en 2025, elle recevra automatiquement un abattement supplémentaire de 1 411€. C’est-à-dire qu’en plus de l’abattement de 10%, la somme de 1 411€ de ses revenus ne sera pas taxée.

« En additionnant l’abattement de 10% et l’abattement des plus de 65 ans, de nombreuses petites retraites arrivent à abaisser leurs revenus afin d’atteindre le seuil de non imposition. Par conséquent, ils ne sont plus redevables de l’impôt sur le revenu. »
👉 Le cumul emploi retraite
Si vous continuez de travailler après l’âge de la retraite dans le cadre d’un cumul emploi retraite (intégral ou partiel), aucun aménagement fiscal particulier n’est prévu. La règle est donc la suivante :
➡️ Les revenus d’activité s’ajoutent normalement aux revenus des pensions de retraite
D’un point de vue pratique, soyez donc conscient que :
👉 L’expatriation
Vivre sa retraite à l’étranger est un rêve pour beaucoup de personnes, mais attention à ce qu’il ne se transforme pas en cauchemar fiscal !
Tout d’abord, reprenons les bases :
Le risque est donc de payer une double imposition, c’est-à-dire d’abord en France puis dans le pays de résidence. La solution ? Vivre dans un pays où une convention fiscale a été signée avec la France.
Fort heureusement, c’est le cas dans plus d’une centaine de pays à travers le monde. Par exemple, une convention fiscale pourrait très bien fonctionner de la sorte :
- Les pensions françaises sont taxées normalement en France, selon les règles en vigueur
- Les revenus français pourraient ensuite être déduits des montants à déclarer dans le pays de résidence
En fait, plusieurs mécanismes sont à l’oeuvre dans les conventions fiscales :
Bien entendu, le diable se cache dans les détails et l’aide d’un expert fiscal international se révèle le plus souvent indispensable dans ce type de situation.
Mais quoi qu’il en soit, sachez que du point de vue de la France, les pensions de retraite des non-résidents fiscaux possèdent un régime fiscal très différent par défaut :
Partons à la découverte de ces règles !
➡️ Sur les prélèvements sociaux
Tout d’abord, soyons très clairs sur le fait que les non-résidents ne sont pas soumis aux prélèvement sociaux suivants :
| Résident fiscal français | Non résident fiscal | |
|---|---|---|
| CSG | ✅ | ❌ |
| CRDS | ✅ | ❌ |
| CASA | ✅ | ❌ |
Par contre, concernant la cotisation d’assurance maladie (Cotam), c’est une autre histoire ! En effet, alors que ce prélèvement social est généralement fixé à 1,00% sur les pensions complémentaires du privé et du public (hors cas particuliers), les règles sont les suivantes pour les expatriés :
L’idée sous-jacente est qu’en cas de retour en France, même temporaire, les retraités puissent profiter de l’assurance maladie.
Toutefois, depuis 2019, une distinction a été faite concernant les retraités qui peuvent profiter de cette protection :

« Attention aux erreurs de prélèvements ! Si vous n’avez pas cotisé à hauteur de 15 années en France, il est possible que malgré tout, la Cotam soit prélevée sur vos pensions de retraite. Pensez donc à vérifier ce point et à demander un remboursement le cas échéant »
« Attention aux erreurs de prélèvements ! Si vous n’avez pas cotisé à hauteur de 15 années en France, il est possible que malgré tout, la Cotam soit prélevée sur vos pensions de retraite. Pensez donc à vérifier ce point et à demander un remboursement le cas échéant »

VÉRIFIEZ VOTRE CONVENTION FISCALE
Ces règles s’appliquent de manière générale, mais peuvent parfois être contredites dans les conventions fiscales bilatérales, notamment en cas de dispositions relatives à l’assurance maladie. Encore une fois, la convention fiscale est donc le document qui fait office de juge de paix !
➡️ Sur l’impôt sur le revenu
Comme pour les retraités français, l’impôt sur le revenu des retraités expatriés est prélevé à la source. Toutefois, le barème d’imposition est très différent. Par exemple, pour les revenus 2026, ce sont les seuils suivants qui sont appliqués par défaut :
| Tranches de revenus | Taux d’imposition de la tranche de revenu |
|---|---|
| Jusqu’à 17 275€ | 0% |
| De 17 276€ à 50 112€ | 12% |
| Plus de 50 112€ | 20% |
Source : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043506309
D’une année sur l’autre, ce barème évolue dans les mêmes proportions que le barème classique de l’imposition sur le revenu.

« Comme vous pouvez le constater, celui-ci est beaucoup plus avantageux que le barème classique. Toutefois, cela peut s’expliquer par le fait que contrairement aux résidents français, les expatriés ne profitent pas directement du fruit de leurs impôts (aides sociales, financement des routes, etc…) »
« Comme vous pouvez le constater, celui-ci est beaucoup plus avantageux que le barème classique. Toutefois, cela peut s’expliquer par le fait que contrairement aux résidents français, les expatriés ne profitent pas directement du fruit de leurs impôts (aides sociales, financement des routes, etc…) »
👉 Dispositifs divers d’optimisation
En tant que retraité, plusieurs dispositifs d’optimisation de l’impôt sur le revenu peuvent vous intéresser.
Dans le tableau ci-dessous, l’objectif n’est pas de vous les présenter en profondeur (notamment au niveau des plafonds), mais simplement de vous alerter sur leurs présences :
| Condition | Présentation |
|---|---|
| + de 65 ans | Abattement (voir ici) |
| Recours à une aide à domicile | Crédit d’impôt de 50% |
| Invalidité | Majoration sur le nombre de parts Abattement |
| Si vous êtes en Ehpad | Réduction d’impôt de 25% sur les sommes dépensées |
| Logement adapté | Crédit d’impôts sur l’installation ou l’entretien de ces installations |
À ces dispositifs spécifiques à l’impôt sur le revenu, sachez enfin qu’un dispositif très populaire concerne l’exonération de charges patronales pour l’emploi d’une aide à domicile :
Ma conclusion sur le versement et la fiscalité de vos pensions

Le montant du premier virement surprend presque tous les clients que je reçois, et la caisse n’y est en général pour rien.
En effet, entre le brut inscrit sur votre notification de retraite et ce qui arrive sur votre compte, il y a les prélèvements sociaux, l’impôt prélevé à la source et un calendrier de versement propre à chaque régime !
Pour éviter la tête des mauvais jours, voici quelques conseils :
Conseil 1
Contrôlez votre premier virement contre votre notification
Votre notification de retraite annonce un montant brut, et votre première attestation de paiement, disponible sur l’espace en ligne de la caisse, détaille ce qui a été versé.
Mettez les deux côte à côte : les prélèvements sociaux d’un côté, le prélèvement à la source de l’autre, et le net qui doit tomber sur votre compte.
Un écart de quelques euros signale qu’un paramètre a bougé chez la caisse. C’est le moment le plus facile pour repérer une erreur, avant qu’elle ne se reproduise tous les mois pendant 20 ans.
Conseil 2
Regardez votre taux de CSG à chaque avis d’imposition
C’est le paramètre qui fait le plus varier une pension d’une année sur l’autre.
Un déblocage d’épargne retraite, la vente d’un bien ou un enfant qui quitte le foyer fiscal suffisent à vous faire passer au taux supérieur l’année suivante.
Très souvent, votre taux de CSG a donc tout du coupable d’idéal !
Conseil 3
Faites réviser votre taux de prélèvement à la source dès votre départ
Vos revenus baissent le jour où vous passez du salaire à la pension, mais votre taux de prélèvement à la source reste calculé sur les revenus de l’année précédente.
D’une certaine manière, vous avancez donc de l’impôt sur un revenu que vous n’avez plus, et le trop-perçu ne vous sera remboursé que plus tard.
Pensez donc à faire la démarche sur impots.gouv.fr, rubrique « gérer mon prélèvement à la source ».
Conseil 4
Tenez votre tableau de suivi tous les mois, pension par pension
Une ligne par caisse et par mois, avec la date attendue, le montant brut, les prélèvements sociaux, l’impôt retenu à la source, le net reçu et la date réelle du virement. Cinq minutes par mois qui peuvent vous sauver la vie en cas de besoin !
Imaginez, au bout d’un an, vous répondrez en trente secondes aux questions les plus fréquentes concernant l’évolution du montant de vos pensions. Qui dit mieux ?
Vos questions fréquentes sur vos pensions de retraite
Quand vais-je toucher mes pensions de retraite ?
Le calendrier de paiement des pensions de retraite varie selon la caisse de retraite qui verse votre pension. Par exemple, la pension de base des salariés du privé est versée entre le 8 et le 10 du mois suivant, tandis que leur pension complémentaire est versée le premier jour du mois.
Comment mes pensions sont-elles imposées ?
Vos pensions subissent deux prélèvements successifs, tous deux retenus par votre caisse avant le virement. D’abord les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA, plus la cotisation d’assurance maladie sur la complémentaire), dont le taux dépend du revenu fiscal de référence de votre foyer. Ensuite l’impôt sur le revenu, calculé au taux de prélèvement à la source que l’administration fiscale transmet chaque année à votre caisse. Cet impôt s’applique sur votre pension nette imposable, après un abattement de 10%.
Comment mon taux de prélèvement à la source est-il mis à jour ?
Votre taux de prélèvement à la source sur les pensions de retraite est généralement mis à jour une fois par an, en septembre, par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Cette mise à jour est basée sur les revenus que vous avez déclarés au printemps précédent.


