Vos pensions : calendrier, revalorisation et fiscalité !

Guide de vos revenus à la retraite

09/09/2026

28 min

Share

Calculer sa retraite, c’est bien, anticiper ses revenus au centime près, c’est mieux ! Calendrier de versement, fiscalité ou encore potentielles exonérations, les revenus du jeune retraité suivront des règles précises pour les décennies à venir… Par conséquent, autant les maîtriser dès votre première année de retraite, car je vous promets qu’il y a beaucoup de choses à savoir. Autrement dit, ne vous arrêtez pas en si bon chemin !

Arnaud Ratte, cofondateur de Kelretraite

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Logo Kelretraite détouré

Moins d’une minute pour cet article ?

Résumé rapide de cet article

1

Chaque caisse verse à sa propre date : la CNAV paie le mois suivant, l’Agirc-Arrco et l’Alsace-Moselle dès le premier jour ouvré

2

Votre pension brute subit d’abord les prélèvements sociaux, puis l’impôt sur le revenu prélevé à la source par votre caisse

3

La retraite nette imposable est toujours supérieure à la retraite nette, à cause de la part non déductible de la CSG

4

Une pension qui baisse n’est pas forcément une erreur : taux de CSG, parts fiscales et gel des revalorisations entrent en jeu

Dans cet article

Votre nouvel ami, le calendrier de versements des pensions

Gérer ses finances personnelles à la retraite demande un peu d’organisation ! En effet, dans le meilleur des cas, c’est-à-dire une carrière très simple, vous n’aurez que deux pensions à surveiller :

  • Votre pension de base
  • Votre pension complémentaire

Mais imaginons que vous ayez travaillé sous de multiples casquettes, en mélangeant statut de salarié, entrepreneur et une profession libérale. Dans ce cas, vous pourriez recevoir jusqu’à 6 pensions de retraite par mois !

Sans un minimum de rigueur, vous risquez d’aller au-devant de mauvaises surprises… Fort heureusement, dans ce nouveau défi, vous avez un allié de poids : le calendrier de versements des pensions.

Ni une, ni deux, le voici pour l’année 2026 :

MoisCNAV/MSAAgirc-ArrcoRetraites de l’ÉtatCNRACLCarsat Alsace-Moselle
Janvier9 février2 janvier29 janvier28 janvier2 janvier
Février9 mars2 février26 février25 février2 février
Mars9 avril2 mars30 mars27 mars2 mars
Avril7 mai1er avril29 avril28 avril1er avril
Mai9 juin4 mai28 mai27 mai4 mai
Juin9 juillet1er juin29 juin26 juin1er juin
Juillet7 août1er juillet30 juillet29 juillet1er juillet
Août9 septembre3 août28 août27 août3 août
Septembre9 octobre1er septembre29 septembre28 septembre1er septembre
Octobre9 novembre1er octobre29 octobre28 octobre1er octobre
Novembre9 décembre2 novembre27 novembre26 novembre2 novembre
Décembre8 janvier 20271er décembre23 décembre24 décembre1er décembre

À première vue, on peut se demander pourquoi autant de différences… Bienvenue dans le mille-feuilles français des retraites ! Parce que chaque caisse possède sa propre histoire, il y a deux types de versements :

  • A terme échu : la pension est versée le mois suivant, par exemple février pour le mois de janvier
  • A terme à échoir : la pension est versée en début de mois, par exemple début janvier pour le mois de janvier

Dans le deuxième cas, les retraités ont bien plus le sourire aux lèvres !

Par conséquent, les règles du calendrier des versements sont plus ou moins les suivantes :

  • CNAV / MSA : versement le 9 du mois suivant. Si le 9 est un samedi, un dimanche ou un jour férié, le versement est effectué le jour ouvré précédent
  • Carsat Alsace-Moselle : pour des raisons historiques, les retraités qui dépendent de la Carsat d’Alsace-Moselle bénéficient du versement de leur pension au premier jour ouvré
  • Agirc-Arrco : premier jour ouvré de chaque mois
  • CNRACL : versement 3 jours ouvrés avant le premier jour du mois suivant, en excluant les week-ends et jours fériés
  • Retraites de l’État : versements en fin de mois

Bon à savoir

DES DÉLAIS DANS LE VERSEMENT DES PENSIONS ?

Oui et non ! En fait, les dates du calendrier correspondent au jour où les caisses initient les virements. Toutefois, il peut y avoir des délais bancaires, notamment si vous vivez à l’étranger.

Avant de paniquer concernant le non versement d’une pension, il peut être judicieux d’attendre un jour ouvré ou deux.

Les nouveaux défis liés au calendrier de versement des retraites

Une retraitée compare son relevé bancaire et son calendrier de versement à la table de sa cuisine

Entre le dernier salaire et la première pension, quelques semaines de flottement

Les retraités doivent donc apprendre à vivre au rythme du calendrier des versements de leurs pensions. Ce qui n’est pas toujours une mince affaire…

👉 Gérer la transition vers les premières pensions de retraite

Malheureusement, la transition entre le dernier salaire et les premières pensions de retraite peut s’avérer parfois problématique :

Résultat des courses ? Il peut y avoir un décalage de plusieurs semaines / mois entre votre dernier salaire et votre première pension. Prenez les devants :

  • En démarrant sa liquidation de retraite le plus tôt possible, en détectant notamment les éventuelles erreurs
  • En mettant de côté une épargne de précaution (Livret A, etc…)
  • En anticipant cette période de battement au niveau des dépenses
  • En frappant à la porte de divers organismes pour recevoir une aide temporaire, notamment votre caisse de retraite

PAS D’INQUIÉTUDE CONCERNANT LA RÉTROACTIVITÉ DES PAIEMENTS

Votre caisse de retraite a pris du retard ? En dehors des difficultés potentielles au niveau de la gestion de votre trésorerie, soyez rassuré sur le fait que votre caisse procèdera au versement de toutes les prestations dues, avec des paiements rétroactifs le cas échéant.

👉 Surveillez vos éventuels versements forfaitaires uniques

Si vous avez une carrière « mouvementée » et que vous n’avez par exemple que très peu cotisé auprès d’une caisse de retraite à un moment donné, il est possible que ces cotisations ne soient pas suffisantes pour justifier le versement d’une rente, annuelle, trimestrielle ou mensuelle.

Dans ce cas, certains régimes préfèrent tout simplement rembourser les cotisations reçues : c’est le versement forfaitaire unique.

L’intérêt de la manoeuvre ? Du point de vue des caisses de retraite, l’objectif est de diminuer leurs frais de gestion. Toutefois, il s’agit de cas par cas, dans la mesure où toutes les caisses ne sont pas autorisées à procéder à des versements forfaitaires mensuels uniques.

Quoi qu’il en soit, dans les mois qui suivent votre arrivée à la retraite, n’oubliez pas de surveiller vos éventuels versements forfaitaires uniques si vous êtes éligibles.

👉 Finances personnelles : ne vous laissez pas surprendre !

Plus votre carrière aura été atypique et plus vous devrez faire preuve de rigueur dans la gestion de vos finances personnelles une fois à la retraite.

En effet, passer du versement mensuel fixe d’un salaire à des paiements fractionnés n’est pas toujours évident. Mon conseil ? Un bon vieux tableau Excel !

Sur la durée, les bénéfices d’une telle organisation sont multiples :

Je vous garantis qu’en l’absence d’une telle organisation, devoir reprendre tous ses paiements en cas de suspicion d’une erreur est tout sauf un cadeau…

D’ailleurs, d’un point de vue pratique, assurez-vous aussi de :

Si vous suivez ces conseils, il ne fait aucun doute que vous me remercierez un jour !

Exemple

Annick suit ses trois pensions dans un seul tableau

Annick a liquidé sa retraite en janvier 2026, après 18 ans de secrétariat dans le privé et 22 ans à l’hôpital. Trois caisses lui versent une pension, à trois dates différentes. Voici son premier mois :

CaisseDate prévueMontant brutPrélèvements sociauxPrélèvement à la sourceMontant netDate réelle de réception
CNAV9/02/20261 180€107,38€52,99€1 019,63€9/02/2026
Agirc-Arrco2/01/2026610€61,61€27,10€521,29€2/01/2026
CNRACL28/01/2026420€38,22€18,86€362,92€28/01/2026
Total mensuel2 210€207,21€98,95€1 903,84€

Le total en bas de colonne est le seul endroit où Annick voit ce qui tombe réellement sur son compte, soit 1 903,84€ pour 2 210€ de brut annoncé sur ses notifications.

Au bout de quelques mois, le tableau s’allonge : trois lignes par mois, 36 sur une seule année ! C’est là que les filtres de votre tableur deviennent utiles. Vous pouvez isoler l’historique d’une pension et repérer tout de suite le mois où son montant a bougé. Et cela arrivera souvent !

Les colonnes du montant brut et du montant net attirent votre attention ? L’heure est venue de passer à la fiscalité, et il y a des choses à dire…

Quelle fiscalité sur vos pensions de retraite ?

Les six étapes qui transforment une pension brute en montant versé sur le compte : prélèvements sociaux, pension nette imposable, abattement de 10%, impôt sur le revenu

Du brut au net, étape par étape

Si la fiscalité des pensions de retraite n’est pas très compliquée en soi, de bonnes explications sont nécessaires pour en saisir les subtilités.

Ainsi, lorsque vos pensions de retraite seront réévaluées à la hausse ou à la baisse, vous comprendrez exactement pourquoi. Voici le programme :

Un mot avant de commencer, pour éviter une confusion classique. Les seuils de CSG portent une année d’application : ceux de 2026 s’appliquent aux pensions versées en 2026, calculés sur votre revenu fiscal de référence de 2024. Le barème de l’impôt sur le revenu, lui, porte une année de revenus : celui des revenus 2025 est celui que vous avez appliqué au printemps 2026. Les deux dates diffèrent, et c’est normal.

👉 Etape #1 : le montant brut, le point de départ

Lors de la liquidation de retraite, chaque caisse de retraite vous versant une pension vous transmet une notification de retraite. Dans ce document, vous trouverez le montant final de votre pension, exprimé en brut. Il s’agit du point de départ !

À moins que vous ne bénéficiez d’une exonération, vous devez ensuite retrancher les impôts ci-dessous pour obtenir votre montant de pension net :

  • Les prélèvements sociaux
  • L’impôt sur le revenu

Bon à savoir

LES PENSIONS SONT TOUJOURS VERSÉES EN NET

Depuis 2019 et l’instauration du prélèvement à la source, toutes les pensions de retraite sont automatiquement versées en net. C’est-à-dire que les caisses de retraite calculent en amont vos prélèvements sociaux et votre impôt sur le revenu et les transmet à la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) en votre nom.

Si le prélèvement à la source simplifie la vie des retraités, comprendre le détail des calculs de l’imposition relève encore de votre responsabilité.

👉 Etape #2 : retrancher les prélèvements sociaux

À côté de l’impôt sur le revenu que nous allons voir dans un instant, votre pension de retraite brute est d’abord amputée des prélèvements sociaux. Il en existe potentiellement 4 :

Comme vous le constatez, ces prélèvements sociaux servent principalement à la solidarité nationale.

Le point de départ est que le taux de prélèvements sociaux dépend des revenus de votre foyer. Ainsi, le vôtre est obligatoirement l’un des 4 suivants :

Pour connaître précisément votre taux, vous n’avez qu’à consulter votre dernier avis d’imposition ou le tableau ci-dessous.

Voir les seuils de prélèvements sociaux de 2026

➡️ Vous êtes exonéré de CSG, CRDS et CASA si votre Revenu Fiscal de Référence est situé dans le tableau ci-dessous :

Parts fiscales du foyerRevenu Fiscal de Référence
1Inférieur à 13 048€
1,5Inférieur à 16 532€
2Inférieur à 20 016€
2,5Inférieur à 23 500€
3Inférieur à 26 984€
Demi-part supplémentaire+ 3 484€

➡️ Vous êtes imposable au taux réduit de CSG et CRDS et vous êtes exonéré de CASA si votre Revenu Fiscal de Référence est situé dans le tableau ci-dessous :

Parts fiscales du foyerRevenu Fiscal de Référence
1De 13 048€ à 17 057€
1,5De 16 532€ à 21 612€
2De 20 016€ à 26 167€
2,5De 23 500€ à 30 722€
3De 26 984€ à 35 277€
Demi-part supplémentaire+ 3 484€ et + 4 555€

➡️ Vous êtes imposable au taux médian de CSG, CRDS et CASA si votre Revenu Fiscal de Référence est situé dans le tableau ci-dessous :

Parts fiscales du foyerRevenu Fiscal de Référence
1De 17 057€ à 26 472€
1,5De 21 612€ à 33 538€
2De 26 167€ à 40 604€
2,5De 30 722€ à 47 670€
3De 35 277€ à 54 736€
Demi-part supplémentaire+ 4 555€ et + 7 066€

➡️ Vous êtes imposable au taux normal de CSG, CRDS et CASA si votre Revenu Fiscal de Référence est situé dans le tableau ci-dessous :

Parts fiscales du foyerRevenu Fiscal de Référence
1Égal ou supérieur à 26 472€
1,5Égal ou supérieur à 33 538€
2Égal ou supérieur à 40 604€
2,5Égal ou supérieur à 47 670€
3Égal ou supérieur à 54 736€
Demi-part supplémentaire+ 7 066€

Vous avez en main votre taux applicable de prélèvements sociaux ? Il ne reste plus qu’à passer à la pratique :

Taux réduitTaux médianTaux normal
CSG3,80%6,60%8,30%
CRDS0,50%0,50%0,50%
CASA0,30%0,30%0,30%
TOTAL4,60%7,40%9,10%

Prenons l’exemple de Thierry, dans la situation suivante :

  • Sa pension annuelle brute est de 24 000€, soit 2 000€ par mois
  • Marié avec Béatrice qui travaille encore, le revenu fiscal de référence du foyer est de 58 000€
  • Le foyer compte deux parts fiscales

D’après les seuils en vigueur, le revenu fiscal de référence de 58 000€ est supérieur à 40 604€ (ligne du tableau avec deux parts fiscales). On applique donc le taux normal de CSG.

Conclusion ? Sur les 2 000€ de pension de retraite, la caisse de retraite retranche 182€ au titre des prélèvements sociaux et les versent directement au Trésor Public.

Toutefois, dans cet exemple, nous ne faisons pas la distinction entre pensions de base et pensions complémentaires. Or, avec la pension complémentaire, il existe une cotisation supplémentaire :

Bon à savoir

DÉCOUVREZ LA COTISATION D’ASSURANCE MALADIE (COTAM)

En plus de la CSG, de la CRDS et de la CASA, les pensions complémentaires du privé (Agirc-Arrco) et du public (Ircantec) doivent s’acquitter de la Cotisation d’Assurance Maladie, appelée COTAM.

➡️ Son montant est généralement de 1,00%

Cette cotisation supplémentaire s’applique à votre pension complémentaire, sauf si :

  • Vous êtes exonéré de CSG
  • Vous bénéficiez du taux réduit de CSG

Par conséquent, reprenons notre exemple, et cette fois, intégrons la Cotam. Pour cela, faisons la distinction entre les deux pensions de retraite suivantes :

Puisque la Cotam est intégrée dans la pension complémentaire, son taux de prélèvement appliqué n’est plus de 9,10%, mais de 10,10%.

Avec cette distinction, procédons au calcul des prélèvements sociaux :

Pension de basePension complémentaire
Montant brut1500€500€
Taux de prélèvement sociaux global9,10% (CSG + CRDS + CASA)10,10% (CSG + CRDS + CASA + COTAM)
Montant des prélèvements sociaux1500€ x 9,10% = 136,50€500€ x 10,10% = 50,50€
Montant après les prélèvements sociaux1500€ – 136,50€ = 1 363,50€500€ – 50,50€ = 449,50€

Au final, sur cette pension de retraite totale de 2000€, le montant des prélèvements sociaux est donc de 136,50€ + 50,50€, soit 187€.

Il ne reste donc plus qu’à prélever l’impôt sur le revenu pour obtenir votre retraite nette !

👉 Etape #3 : calcul de la pension nette imposable

Comme vous le savez, les revenus sont imposés selon le barème de l’impôt sur le revenu. Et les pensions de retraite ne font pas exception à la règle !

Voici le barème en vigueur pour les revenus perçus en 2025 :

Tranches de revenusTaux d’imposition de la tranche de revenu
Jusqu’à 11 600€0%
De 11 601€ à 29 579€11%
De 29 580€ à 84 577€30%
De 84 578€ à 181 917€41%
Plus de 181 917€45%

Par conséquent, pour calculer l’impôt sur le revenu de sa pension de retraite, il est nécessaire de connaître le montant exact à taxer. Plus précisément, on parle de la pension nette imposable.

Pour plus de clarté, continuons avec notre exemple précédent :

  • Pension de retraite brute de 2 000€
  • 187€ de prélèvements sociaux au titre de la CSG, de la CRDS, de la CASA et de la Cotam
  • Soit une pension avant impôt sur le revenu de 1 813€

En toute logique, on pourrait croire que l’impôt sur le revenu soit calculé à partir de ce dernier montant de 1 813€. Mais cela aurait été trop facile ! En France, l’administration fiscale aime parfois compliquer les choses…

En fait, se servir de cette somme de 1 813€ comme base de calcul reviendrait à considérer que les prélèvements sociaux sont déductibles à 100% de l’impôt sur le revenu. Or, dans les prélèvements sociaux, il existe une part non déductible.

➡️ À la place d’utiliser 1 813€, la part non déductible implique que l’impôt sur le revenu sera prélevé sur un montant légèrement supérieur. Plus de recettes pour l’état !

Voici le détail de la déductibilité des prélèvements sociaux pour 2025 :

Part non déductiblePart déductibleTotal
CSG au taux normal2,40%5,90%8,30%
CSG au taux médian2,40%4,20%6,60%
CSG au taux réduit0%3,80%3,80%
CRDS0,50%0%0,50%
CASA0,30%0%0,30%
COTAM (applicable uniquement la pension complémentaire Agirc-Arrco ou Ircantec)0,00%1,00%1,00%

Comment l’appliquer dans la vraie vie ? Reprenons notre exemple de 2 000€ :

  • 1 500€ de pension de base
  • 500€ de pension complémentaire

Et utilisons un taux normal de CSG.

Cela nous donne pour la pension de base :

Et pour la pension complémentaire :

➡️ Dans cet exemple, la pension nette imposable est donc de 1 411,50€ + 465,50€, soit 1 877€ (et non de 1 813€ en l’absence de distinction entre part déductible et non déductible). Le taux marginal d’imposition sera donc appliqué sur cette somme.

Bon à savoir

DE L’IMPÔT SUR DE L’IMPÔT, VRAIMENT ?

Le moment est bien choisi pour clarifier les termes suivants :

  • Retraite brute : le montant calculé par votre caisse de retraite au moment de votre départ à la retraite.
  • Retraite nette : le montant de la retraite brute après le paiement des prélèvements sociaux, mais AVANT le paiement de l’impôt sur le revenu
  • Retraite nette imposable : le montant sur lequel l’impôt sur le revenu est réellement calculé
  • Retraite nette à payer : le montant qui sera finalement versé sur le compte bancaire, après le paiement des prélèvements sociaux et de l’impôt sur le revenu

Si vous avez bien suivi, le montant de la retraite nette imposable est toujours légèrement supérieur au montant de la retraite nette. On peut le calculer de deux manières :

  • Retraite nette imposable = retraite brute – part déductible des prélèvements sociaux

OU

  • Retraite nette imposable = retraite nette + part non déductible des prélèvements sociaux

Quelle conséquence ? Pour parler de manière très concrète et si nous reprenons notre exemple :

  • La pension nette de Thierry est de 1 813€
  • Toutefois, l’impôt de Thierry ne sera pas calculé sur sa retraite nette, mais sur sa retraite nette imposable de 1 877€

Conclusion ? Parce que la retraite nette imposable de 1 877€ est un peu plus élevée que la retraite nette de 1 813€, Thierry paiera un peu plus d’impôt sur le revenu. Or cette différence (64€ pour être précis) n’est pas de l’argent que Thierry a reçu sur son compte bancaire.

En fin de compte, cela signifie donc que Thierry va devoir payer de l’impôt sur de l’impôt !

👉 Etape #4 : l’abattement de 10%

Bonne nouvelle : avant d’appliquer votre taux marginal d’imposition, il reste une étape à votre avantage, l’abattement de 10%.

➡️ L’abattement de 10% vous permet de réduire votre montant imposable et donc de payer moins d’impôts.

Bon à savoir

POURQUOI UN ABATTEMENT DE 10% ?

Les actifs bénéficient d’un abattement de 10% au titre des frais professionnels. Pour les retraités, ce même abattement de 10% est justifié par l’égalité sociale.

Néanmoins, des voix s’élèvent régulièrement pour le supprimer pour aider à atteindre l’équilibre budgétaire du régime des retraites.

➡️ Sur quoi porte exactement l’abattement de 10% ?

En plus de vos pensions de base et complémentaires, diverses sources de revenus peuvent être intégrées dans votre abattement, comme :

  • Les pensions de réversion
  • Les rentes viagères de l’épargne retraite (PERP, PER, contrat Madelin, etc…)
  • Certaines pensions et rentes d’invalidité
  • Les montants versés aux anciens combattants
  • Pensions alimentaires

Par exemple, si une année donnée, votre total des revenus est de 30 000€, l’abattement de 10% réduit le revenu imposable de 3 000€, pour le faire passer à 27 000€. C’est toujours ça de gagné !

➡️ L’abattement de 10% est encadré par des limites

Ceci étant dit, l’application de l’abattement répond aussi à quelques règles :

Année de perception de la retraiteAbattement minimum par personneAbattement maximum pour le foyer
2025454€4 439€
2024450€4 399€
2023442€4 321€
2022422€4 123€
2021400€3 912€
2020394€3 858€
2019393€3 850€
2018389€3 812€

⚠️ Le montant minimum est par personne, tandis que le montant maximum est pour le foyer fiscal

Prenons l’exemple du foyer suivant :

  • Monsieur touche 20 000€ de pension annuelle
  • Madame touche 40 000€ de pension annuelle

Soit un total de 60 000€ de revenus imposables et donc un abattement potentiel de 10%, soit 6 000€.

Or, ce montant de 6 000€ est supérieur au plafond de 4 439€. Par conséquent, les deux membres du foyer fiscal se « partagent » cet abattement au prorata de leurs revenus :

➡️ Exemple d’abattement de 10%

Pour plus de simplicité, reprenons l’exemple avec la pension de retraite de notre Thierry national ! A son sujet, nous avons les informations suivantes :

Montant mensuelMontant annuel
Retraite brute2 000€24 000€
Retraite nette1 813€21 756€
Retraite nette imposable1 877€22 524€

Pour rappel, la retraite nette imposable est supérieure à la retraite nette à cause de la CSG non déductible.

Le calcul de son abattement est donc le suivant :

L’abattement de Thierry étant compris dans les limites, il n’y a donc pas de difficultés particulières dans cet exemple pour le calculer.

👉 Etape #5 : le barème de l’impôt sur le revenu

L’impôt sur le revenu s’applique sur le montant de la retraite nette imposable, soit 20 271,60€ dans notre exemple avec Thierry. Il reste donc à appliquer lui barème :

Barème d’imposition en vigueur
Tranches de revenusTaux d’imposition de la tranche de revenu
Jusqu’à 11 600€0%
De 11 601€ à 29 579€11%
De 29 580€ à 84 577€30%
De 84 578€ à 181 917€41%
Plus de 181 917€45%

À partir de ce tableau, le calcul de l’impôt est donc très facile :

L’impôt annuel de Thierry est donc de 953,88€, soit 79,49€ par mois. Dans la vraie vie, l’impôt sur le revenu est prélevé à la source. Et il nous reste à étudier ses effets.

👉 Etape #6 : le fonctionnement du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu

Les caisses de retraite prélèvent l’impôt sur le revenu de vos pensions de retraite à la source. Voici le processus en place :

Ainsi, au mois de septembre, au moment de régler ses impôts de l’année précédente, deux cas sont possibles :

  • Soit le montant total prélevé est supérieur au montant d’imposition, alors l’administration fiscale effectue un remboursement
  • Soit le montant total prélevé est inférieur au montant d’imposition, alors le retraité doit effectuer un paiement complémentaire

👉 Etape #7 : et si ma situation fiscale change ?

En cas de hausse ou de baisse des revenus dans votre foyer fiscal une année donnée, il est tout à fait possible que votre taux d’imposition varie.

Ainsi, si cela devait vous arriver :

Ainsi, vous n’avez rien à faire, si ce n’est de vérifier que tout soit fait dans les règles de l’art.

Mais si la hausse ou la baisse des revenus est anticipée (par exemple l’arrivée à la retraite du conjoint), vous pouvez aussi demander une modification du taux de prélèvement à la source en cours d’année.

Pour cela :

L’intérêt de la manoeuvre ?

➡️ Payer plus ou moins d’acompte, afin d’optimiser votre trésorerie. Si vous procédez de cette manière, les caisses de retraite appliquent généralement le nouveau taux de prélèvement à la source dans les deux mois après la date de modification.

Encore une fois, soyez proactif en consultant les attestations de paiement disponibles sur les sites des caisses de retraite. Vous y trouverez notamment le montant d’impôt à la source prélevé.

À l’aide ! Pourquoi ma pension de retraite a changé ?

Les cinq causes d'une variation du montant de pension : taux de CSG, parts fiscales, taux d'imposition, revalorisation annuelle, changement de loi

Les cinq raisons pour lesquelles le montant bouge

C’est un fait ! A l’entrée en retraite, beaucoup de retraités assument que leurs revenus vont rester stables pour les années à venir… Or, les raisons d’une baisse ou une hausse sont multiples :

  • Changement du taux marginal d’imposition de votre foyer fiscal
  • Changement du nombre de parts fiscales
  • Votre Revenu Fiscal de Référence évolue et le taux de CSG avec : exonération, taux réduit, médian ou normal
  • Revalorisation des pensions
  • Changement de domiciliation fiscale, hors de France
  • Application d’un dispositif d’optimisation, comme pour les plus de 65 ans
  • Etc..

Bref, les raisons ne manquent pas ! Sur la durée d’une retraite, observer ses pensions de retraite évoluer est donc un phénomène tout à fait normal. Même si cela peut parfois faire mal, comme avec l’exemple de cette cliente :

“Une cliente m’appelle en urgence, car ses pensions avaient beaucoup baissé. En fait, elle avait fait un déblocage de son Plan Epargne Retraite, ce qui avait augmenté significativement ses revenus pour l’année écoulée. Sauf qu’en procédant de la sorte, son Revenu Fiscal de Référence avait beaucoup augmenté, et elle était donc passée du taux médian de CSG au taux normal. Et en plus, cette même année, un enfant était sorti du foyer fiscal. Par conséquent, ses pensions de retraite avaient perdu plus de 5,00%… alors qu’elle s’attendait à une revalorisation. »

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Ma Liquidation Retraite

« Une cliente m’appelle en urgence, car ses pensions avaient beaucoup baissé. En fait, elle avait fait un déblocage de son Plan Epargne Retraite, ce qui avait augmenté significativement ses revenus pour l’année écoulée. Sauf qu’en procédant de la sorte, son Revenu Fiscal de Référence avait beaucoup augmenté, et elle était donc passée du taux médian de CSG au taux normal. Et en plus, cette même année, un enfant était sorti du foyer fiscal. Par conséquent, ses pensions de retraite avaient perdu plus de 5,00%… alors qu’elle s’attendait à une revalorisation. »

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Ma Liquidation Retraite

UNE PROTECTION SUR LE TAUX DE CSG : LE « LISSAGE »

En cas de rentrée d’argent exceptionnelle, les foyers fiscaux risquent un taux de CSG plus élevé, ce qui peut affecter fortement les pensions de retraite.

Pour contrer cet effet, le mécanisme du « lissage » est en place et fonctionne de la manière suivante :

  • Pour les foyers fiscaux exonérés comme pour ceux au taux réduit
  • En cas de changement vers le taux médian ou le taux normal, le changement de taux n’est pas pris en compte la première année
  • L’application du taux médian ou du taux normal n’est donc effectif qu’à partir de la deuxième année

Par conséquent, en cas de rentrée d’argent exceptionnelle, les foyers fiscaux avec le taux réduit de CSG ne sont pas pénalisés.

Notez que la même règle des deux années consécutives s’applique à la CASA et à la cotisation d’assurance maladie de votre pension complémentaire. En revanche, elle ne joue que vers le haut : une baisse de revenus, elle, s’applique dès l’année suivante.

Revalorisation des pensions : qui décide et combien ?

Deux courbes comparées : en théorie la pension suit l'inflation, dans la pratique elle décroche par paliers sous l'effet des gels et des désindexations

En théorie la pension suit l’inflation, dans la pratique elle décroche

Pour les 17 millions de retraités français, la revalorisation annuelle des pensions est un enjeu crucial pour préserver leur pouvoir d’achat et donc leur qualité de vie.

Or, de la théorie au porte-monnaie, il y a beaucoup de choses à dire…

👉 En théorie : les pensions suivent l’inflation

À l’origine, le Code de la Sécurité sociale prévoit une indexation des pensions sur l’évolution des prix à la consommation (hors tabac). Cette indexation est censée être automatique et annuelle.

➡️ Par conséquent, les retraités ne devraient pas avoir à s’inquiéter de l’évolution de leurs pensions par rapport à l’évolution du coût de la vie.

Autant dire que sur une durée moyenne de 20 ans à la retraite, il s’agit d’une sacrée épine dans le pied qui est enlevée !

Je vous passe l’historique des règles de revalorisation depuis 50 ans, mais retenez ce calendrier des revalorisations :

  • Toutes les pensions de base et complémentaires sont revalorisées au 1er janvier
  • La seule exception est l’Agirc-Arrco, la pension complémentaire des salariés, qui est revalorisée au 1er novembre

Par exemple, au 1er janvier 2025 :

Ensuite, il ne reste plus qu’à appliquer le taux d’inflation constaté pour revaloriser les pensions, même si cette technique n’empêche pas les pensions d’avoir toujours un train de retard par rapport à l’inflation réelle.

Mais il ne s’agit pas du seul souci…

👉 Dans la pratique : c’est plus compliqué…

Dernièrement, le système des retraites a été mis à rude épreuve d’un point de vue financier :

  • Des difficultés à maintenir l’équilibre budgétaire, pour diverses raisons
  • Une forte poussée de l’inflation, notamment suite à l’épidémie de Covid

Or, dans ce contexte tendu, la revalorisation des retraites est un levier que l’on peut actionner pour réaliser des économies.

Mais qui prend la décision d’appuyer sur ce levier ?

Sans trop rentrer dans les complications, voici le panorama des décideurs concernant les revalorisations des pensions de retraite :

Régimes de retraiteDécisionnaires
Pensions de base et complémentaires, du privé et du publicL’Etat
Professions libéralesL’Etat
Conseil d’administration de chaque caisse concernée
AvocatsConseil d’administration de la caisse des avocats

Que faut-il en retenir ?

Alors qu’à l’origine la revalorisation des retraites est une question purement technique basée sur le niveau d’inflation, d’autres considérations peuvent dorénavant intervenir, comme :

  • La hausse des salaires
  • Le degré de cotisants par rapport au nombre de retraités
  • Les réserves de chaque caisse de retraite
  • Les perspectives économiques
  • Etc…

Les répercussions sur les revalorisations peuvent être les suivantes :

Conclusion ? En théorie, les pensions doivent suivre le niveau de l’inflation, mais en pratique, les revalorisations ne sont plus aussi automatiques qu’auparavant et sont même devenues des décisions hautement politiques.

Cas particuliers : exonérations, + 65 ans, revenus exceptionnels, expatriation, cumul emploi retraite, etc…

Je vous rassure, on a vu l’essentiel ! Néanmoins, des cas particuliers sont à connaître si vous souhaitez être totalement incollable sur le sujet, et optimiser fiscalement vos pensions en toutes circonstances.

Voici le programme :

👉 Le seuil de non imposition pour les petites retraites

Les retraités avec des pensions considérées comme « petites » peuvent ne pas payer d’impôts. En réalité, tout dépend des revenus du foyer fiscal et du nombre de parts.

Le tableau ci-dessous résume la situation pour les revenus de l’année 2025 :

Nombre de parts fiscalesPersonne seuleCouple
117 590€
1,523 390€
229 190€32 857€
2,534 990€38 657€
340 790€44 457€
3,546 590€50 257€
452 390€56 057€
4,558 190€61 857€
563 990€67 657€

Par exemple, prenons ce couple de retraités :

  • Soit deux parts fiscales
  • Avec des revenus imposables de 26 500€

➡️ Ici, les revenus du couple étant inférieurs au seuil de non imposition de 32 857€, ils ne sont donc pas redevables de l’impôt sur le revenu.

👉 Une rentrée d’argent exceptionnelle : quelle imposition ?

En cas de rentrée d’argent exceptionnelle, les probabilités d’une forte augmentation des impôts sont très réelles !

Concernant les prélèvements sociaux, nous avons déjà vu le mécanisme du lissage ici. Mais qu’en est-il de l’impôt sur le revenu ? Eh bien, bonne nouvelle, un système est également en place, dénommé système du quotient.

Des revenus exceptionnels peuvent par exemple être les suivants :

  • Une donation ou un héritage
  • Un remboursement de rachat de trimestres
  • Des indemnités de licenciement
  • Etc…

En fait, pour être éligible au système du quotient, le revenu imposable du foyer fiscal de l’année considérée doit être supérieur à la moyenne des revenus imposables des trois années précédentes.

Par exemple, imaginons la situation suivante :

  • Foyer fiscal avec un revenu imposable de 43 000€ en 2025
  • Moyenne du revenu imposable du foyer fiscal de 32 000€ sur les trois dernières années (2024, 2023 et 2022)

➡️ Dans ce cas, le revenu exceptionnel est donc de 11 000€ pour l’année 2025. Ce montant est donc éligible au système du quotient, à la seule condition (évidente) que ces revenus ne se renouvellent pas… Nous parlons bien de revenus exceptionnels !

Bon à savoir

DES REVENUS ENCORE PLUS EXCEPTIONNELS !

Notez que les revenus suivants :

  • Part imposable d’une indemnité de rupture de contrat de travail
  • Prime de mobilité
  • Prime de départ volontaire
  • Indemnité de départ volontairement en retraite ou mise à la retraite

Sont toujours considérés comme exceptionnels, quels que soient leurs montants.

Autrement dit, ces revenus sont éligibles au système du quotient, même dans le cas où l’intégration de ces revenus supplémentaires ne permettrait normalement pas au foyer de dépasser la moyenne des revenus imposables des trois dernières années.

Alors, comment fonctionne le système du quotient ? Voici la recette :

Avec des chiffres, c’est-à-dire un foyer fiscal composé d’une personne, d’un revenu de 40 000€ et d’une prime exceptionnelle de 10 000€, voilà ce que ça donne avec le barème d’imposition des revenus de 2025 :

Finalement, on obtient la situation suivante :

  • Imposition finale de 6 604€ avec le système du quotient
  • Sans le système du quotient, l’imposition finale serait également 6 604€

Alors, sommes-nous tombés sur la tête ? Quel est l’intérêt du système du quotient ? En fait, il est double :

  • Potentiellement conserver son taux d’imposition au lieu de passer à la tranche supérieure
  • Diminuer son Revenu Fiscal de Référence, et donc conserver potentiellement quelques bénéfices, comme un taux de CSG réduit.

« Il est très fréquent pour les salariés de recevoir des primes exceptionnelles au moment du départ à la retraite. Toutefois, malgré le système du quotient aux effets assez légers, l’imposition est généralement douloureuse… Il vaut donc mieux l’anticiper ! »

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Ma Liquidation Retraite

« Il est très fréquent pour les salariés de recevoir des primes exceptionnelles au moment du départ à la retraite. Toutefois, malgré le système du quotient aux effets assez légers, l’imposition est généralement douloureuse… Il vaut donc mieux l’anticiper ! »

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Ma Liquidation Retraite

👉 Le cas particulier d’une retraite versée en capital

À côté de vos pensions de retraite, il est possible que vous receviez également des prestations de retraite sous la forme de capital. Par exemple :

  • Si vous puisez dans votre épargne retraite, comme un PER ou un PERP
  • Si vous recevez un versement forfaitaire unique (c’est-à-dire que si vous avez trop peu cotisé à une caisse de retraite pour bénéficier d’une rente, vous recevez alors un versement unique pour solde de tout compte)

Quelle imposition au menu ? En fait, vous avez potentiellement le choix :

En règle générale, la seconde option est plus avantageuse, à condition d’y être éligible. Pour cela, il faut répondre aux deux conditions suivantes :

Si la première condition est facile à comprendre (il vaut mieux retirer une fois 50 000€ que deux fois 25 000€ !), la deuxième s’applique plus particulièrement aux produits d’épargne retraite, comme le PERP ou le PER.

En effet, pour ces produits :

  • Les versements sont considérés comme des versements pour la retraite
  • Ces mêmes versements peuvent être déductibles du revenu imposable

ATTENTION À L’ASSURANCE VIE !

L’assurance vie est un des produits préférés des Français dans l’optique de la préparation à la retraite. Cependant, les versements ne sont pas déductibles du revenu imposable. Par conséquent, des retraits en capital ne permettent pas de bénéficier de ce taux de 7,50%, dédié à l’épargne retraite.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que l’assurance vie possède également sa propre fiscalité, considérée comme avantageuse.

👉 Les exonérations à l’impôt sur le revenu

D’une manière générale, toutes les pensions liées à la retraite sont imposables et doivent être déclarées. Toutefois, certaines pensions sont exonérées de l’impôt sur le revenu :

  • Minimum vieillesse, Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), Allocation supplémentaire d’invalidité
  • Majoration pour assistance d’une tierce personne pour les retraités invalides, sous certaines conditions
  • Allocation personnalisée d’autonomie (Apa)
  • Retraite du combattant, les retraites mutuelles des anciens combattants et la pension militaire d’invalidité
  • Les prestations sociales concernant le logement, la famille, l’invalidité ou le handicap en général

👉 Le dispositif d’optimisation pour les plus de 65 ans

Les retraités âgés de plus de 65 ans et avec des petites retraites bénéficient d’un abattement supplémentaire à celui de 10% qui s’adresse à tous les retraités.

Plus spécifiquement, voici les conditions à répondre :

  • Avoir au moins 65 ans pour l’année d’imposition considérée. Par exemple, pour la déclaration des revenus de 2025 (qui aura donc lieu en 2026), il faut avoir 65 ans au 31 décembre 2025
  • Répondre à des conditions de revenus

Si vous répondez à ces conditions, le tableau suivant résume les conditions de cet abattement supplémentaire pour 2025 :

Revenus du foyer fiscalAbattement pour une personneAbattement pour un couple
Jusqu’à 17 670€2 822€5 644€
17 670€ à 28 430€1 411€2 822€
Au-delà de 28 430€0€0€

➡️ Par exemple, si une personne seule touche 20 000€ de pensions de retraite en 2025, elle recevra automatiquement un abattement supplémentaire de 1 411€. C’est-à-dire qu’en plus de l’abattement de 10%, la somme de 1 411€ de ses revenus ne sera pas taxée.

« En additionnant l’abattement de 10% et l’abattement des plus de 65 ans, de nombreuses petites retraites arrivent à abaisser leurs revenus afin d’atteindre le seuil de non imposition. Par conséquent, ils ne sont plus redevables de l’impôt sur le revenu. »

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Ma Liquidation Retraite

« En additionnant l’abattement de 10% et l’abattement des plus de 65 ans, de nombreuses petites retraites arrivent à abaisser leurs revenus afin d’atteindre le seuil de non imposition. Par conséquent, ils ne sont plus redevables de l’impôt sur le revenu. »

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Ma Liquidation Retraite

👉 Le cumul emploi retraite

Si vous continuez de travailler après l’âge de la retraite dans le cadre d’un cumul emploi retraite (intégral ou partiel), aucun aménagement fiscal particulier n’est prévu. La règle est donc la suivante :

➡️ Les revenus d’activité s’ajoutent normalement aux revenus des pensions de retraite

D’un point de vue pratique, soyez donc conscient que :

  • Le cumul des revenus d’activité et de retraite augmente le revenu fiscal de référence, avec pour potentielle conséquence une hausse des taux d’imposition et de prélèvement sociaux. Avant de s’engager, pensez donc à faire une simulation fiscale pour éviter toute mauvaise surprise !
  • Dans la déclaration de revenus, les revenus d’activité et des pensions de retraite devront être déclarés et traités séparément

👉 L’expatriation

Vivre sa retraite à l’étranger est un rêve pour beaucoup de personnes, mais attention à ce qu’il ne se transforme pas en cauchemar fiscal !

Tout d’abord, reprenons les bases :

  • En tant que résidents fiscaux dans leur pays d’expatriation, les retraités doivent remplir leurs obligations fiscales sur place
  • L’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux sont prélevés à la source sur les pensions de retraite françaises

Le risque est donc de payer une double imposition, c’est-à-dire d’abord en France puis dans le pays de résidence. La solution ? Vivre dans un pays où une convention fiscale a été signée avec la France.

Fort heureusement, c’est le cas dans plus d’une centaine de pays à travers le monde. Par exemple, une convention fiscale pourrait très bien fonctionner de la sorte :

En fait, plusieurs mécanismes sont à l’oeuvre dans les conventions fiscales :

  • Crédit d’impôts : en fonction de ce qui a déjà été payé dans le pays d’expatriation, la France accorde un crédit d’impôts sur ce qui doit être payé en France
  • Imputation : mécanisme inverse, où l’imposition payée en France est déduite de l’imposition dans le pays d’accueil
  • Exonération : l’imposition n’est exigible que dans un seul pays

Bien entendu, le diable se cache dans les détails et l’aide d’un expert fiscal international se révèle le plus souvent indispensable dans ce type de situation.

Mais quoi qu’il en soit, sachez que du point de vue de la France, les pensions de retraite des non-résidents fiscaux possèdent un régime fiscal très différent par défaut :

  • Sur les taux de prélèvement sociaux
  • Sur le barème de l’imposition sur le revenu

Partons à la découverte de ces règles !

➡️ Sur les prélèvements sociaux

Tout d’abord, soyons très clairs sur le fait que les non-résidents ne sont pas soumis aux prélèvement sociaux suivants :

Résident fiscal françaisNon résident fiscal
CSG
CRDS
CASA

Par contre, concernant la cotisation d’assurance maladie (Cotam), c’est une autre histoire ! En effet, alors que ce prélèvement social est généralement fixé à 1,00% sur les pensions complémentaires du privé et du public (hors cas particuliers), les règles sont les suivantes pour les expatriés :

  • 3,20% prélevés à la source sur les pensions de base
  • 4,20% prélevés à la source sur la plupart des pensions complémentaires

L’idée sous-jacente est qu’en cas de retour en France, même temporaire, les retraités puissent profiter de l’assurance maladie.

Toutefois, depuis 2019, une distinction a été faite concernant les retraités qui peuvent profiter de cette protection :

  • Les retraités avec au moins 15 années de cotisations en France (tous régimes confondus) sont redevables de la Cotam et peuvent bénéficier en contrepartie de la couverture maladie en France
  • Les retraités avec moins de 15 années de cotisations en France (tous régimes confondus) ne sont pas redevables de la Cotam et ne peuvent donc pas bénéficier de cette couverture maladie en France

« Attention aux erreurs de prélèvements ! Si vous n’avez pas cotisé à hauteur de 15 années en France, il est possible que malgré tout, la Cotam soit prélevée sur vos pensions de retraite. Pensez donc à vérifier ce point et à demander un remboursement le cas échéant »

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Ma Liquidation Retraite

« Attention aux erreurs de prélèvements ! Si vous n’avez pas cotisé à hauteur de 15 années en France, il est possible que malgré tout, la Cotam soit prélevée sur vos pensions de retraite. Pensez donc à vérifier ce point et à demander un remboursement le cas échéant »

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Ma Liquidation Retraite

VÉRIFIEZ VOTRE CONVENTION FISCALE

Ces règles s’appliquent de manière générale, mais peuvent parfois être contredites dans les conventions fiscales bilatérales, notamment en cas de dispositions relatives à l’assurance maladie. Encore une fois, la convention fiscale est donc le document qui fait office de juge de paix !

➡️ Sur l’impôt sur le revenu

Comme pour les retraités français, l’impôt sur le revenu des retraités expatriés est prélevé à la source. Toutefois, le barème d’imposition est très différent. Par exemple, pour les revenus 2026, ce sont les seuils suivants qui sont appliqués par défaut :

Tranches de revenusTaux d’imposition de la tranche de revenu
Jusqu’à 17 275€0%
De 17 276€ à 50 112€12%
Plus de 50 112€20%

Source : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043506309

D’une année sur l’autre, ce barème évolue dans les mêmes proportions que le barème classique de l’imposition sur le revenu.

« Comme vous pouvez le constater, celui-ci est beaucoup plus avantageux que le barème classique. Toutefois, cela peut s’expliquer par le fait que contrairement aux résidents français, les expatriés ne profitent pas directement du fruit de leurs impôts (aides sociales, financement des routes, etc…) »

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Ma Liquidation Retraite

« Comme vous pouvez le constater, celui-ci est beaucoup plus avantageux que le barème classique. Toutefois, cela peut s’expliquer par le fait que contrairement aux résidents français, les expatriés ne profitent pas directement du fruit de leurs impôts (aides sociales, financement des routes, etc…) »

Arnaud Ratte

Cofondateur Kelretraite

Ma Liquidation Retraite

👉 Dispositifs divers d’optimisation

En tant que retraité, plusieurs dispositifs d’optimisation de l’impôt sur le revenu peuvent vous intéresser.

Dans le tableau ci-dessous, l’objectif n’est pas de vous les présenter en profondeur (notamment au niveau des plafonds), mais simplement de vous alerter sur leurs présences :

ConditionPrésentation
+ de 65 ansAbattement (voir ici)
Recours à une aide à domicileCrédit d’impôt de 50%
InvaliditéMajoration sur le nombre de parts
Abattement
Si vous êtes en EhpadRéduction d’impôt de 25% sur les sommes dépensées
Logement adaptéCrédit d’impôts sur l’installation ou l’entretien de ces installations

À ces dispositifs spécifiques à l’impôt sur le revenu, sachez enfin qu’un dispositif très populaire concerne l’exonération de charges patronales pour l’emploi d’une aide à domicile :

  • Pour les personnes de plus de 70 ans
  • Dans le cadre d’un plafond

Ma conclusion sur le versement et la fiscalité de vos pensions

Ma conclusion sur le versement et la fiscalité de vos pensions

Le montant du premier virement surprend presque tous les clients que je reçois, et la caisse n’y est en général pour rien.

En effet, entre le brut inscrit sur votre notification de retraite et ce qui arrive sur votre compte, il y a les prélèvements sociaux, l’impôt prélevé à la source et un calendrier de versement propre à chaque régime !

Pour éviter la tête des mauvais jours, voici quelques conseils :

Conseil 1

Contrôlez votre premier virement contre votre notification

Votre notification de retraite annonce un montant brut, et votre première attestation de paiement, disponible sur l’espace en ligne de la caisse, détaille ce qui a été versé.

Mettez les deux côte à côte : les prélèvements sociaux d’un côté, le prélèvement à la source de l’autre, et le net qui doit tomber sur votre compte.

Un écart de quelques euros signale qu’un paramètre a bougé chez la caisse. C’est le moment le plus facile pour repérer une erreur, avant qu’elle ne se reproduise tous les mois pendant 20 ans.

Conseil 2

Regardez votre taux de CSG à chaque avis d’imposition

C’est le paramètre qui fait le plus varier une pension d’une année sur l’autre.

Un déblocage d’épargne retraite, la vente d’un bien ou un enfant qui quitte le foyer fiscal suffisent à vous faire passer au taux supérieur l’année suivante.

Très souvent, votre taux de CSG a donc tout du coupable d’idéal !

Conseil 3

Faites réviser votre taux de prélèvement à la source dès votre départ

Vos revenus baissent le jour où vous passez du salaire à la pension, mais votre taux de prélèvement à la source reste calculé sur les revenus de l’année précédente.

D’une certaine manière, vous avancez donc de l’impôt sur un revenu que vous n’avez plus, et le trop-perçu ne vous sera remboursé que plus tard.

Pensez donc à faire la démarche sur impots.gouv.fr, rubrique « gérer mon prélèvement à la source ».

Conseil 4

Tenez votre tableau de suivi tous les mois, pension par pension

Une ligne par caisse et par mois, avec la date attendue, le montant brut, les prélèvements sociaux, l’impôt retenu à la source, le net reçu et la date réelle du virement. Cinq minutes par mois qui peuvent vous sauver la vie en cas de besoin !

Imaginez, au bout d’un an, vous répondrez en trente secondes aux questions les plus fréquentes concernant l’évolution du montant de vos pensions. Qui dit mieux ?

Vos questions fréquentes sur vos pensions de retraite

Quand vais-je toucher mes pensions de retraite ?

Le calendrier de paiement des pensions de retraite varie selon la caisse de retraite qui verse votre pension. Par exemple, la pension de base des salariés du privé est versée entre le 8 et le 10 du mois suivant, tandis que leur pension complémentaire est versée le premier jour du mois.

Comment mes pensions sont-elles imposées ?

Vos pensions subissent deux prélèvements successifs, tous deux retenus par votre caisse avant le virement. D’abord les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA, plus la cotisation d’assurance maladie sur la complémentaire), dont le taux dépend du revenu fiscal de référence de votre foyer. Ensuite l’impôt sur le revenu, calculé au taux de prélèvement à la source que l’administration fiscale transmet chaque année à votre caisse. Cet impôt s’applique sur votre pension nette imposable, après un abattement de 10%.

Comment mon taux de prélèvement à la source est-il mis à jour ?

Votre taux de prélèvement à la source sur les pensions de retraite est généralement mis à jour une fois par an, en septembre, par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Cette mise à jour est basée sur les revenus que vous avez déclarés au printemps précédent.

Laisser un commentaire