Erreurs du relevé de carrière : repérez-les comme un pro !

Repérer les erreurs du relevé de carrière

25/08/2026

19 min

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D‘après la Cour des comptes, près d’une retraite sur neuf comporte une erreur au moment du départ en retraite. Circonstance aggravante, elles sont très difficiles à corriger après le départ ! Vous l’avez compris, débusquer dans les temps les erreurs présentes dans votre relevé de carrière n’est pas vraiment une option… Mais pas de panique : avec les astuces partagées sur cette page, vous êtes maître de votre retraite !

Christophe HAU, cofondateur de Kelretraite

Christophe HAU

Cofondateur Kelretraite

Logo Kelretraite détouré

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Résumé rapide de cet article

1

Près d’une retraite sur neuf attribuée en 2025 comporte une erreur de portée financière d’après la Cour des comptes

2

Toute année reportée avec moins de 4 trimestres est une source potentielle d’erreur à vérifier

3

Un salaire cotisé donne obligatoirement des points de retraite complémentaire, leur absence signale une erreur probable

4

Vérifiez et corrigez votre relevé de carrière avant de déposer votre demande officielle de départ

Dans cet article

Ce qu’il faut savoir sur le taux d’erreur des relevés de carrière

11,10%

Le taux d’erreur pour les personnes parties en retraite en 2025, d’après la Cour des Comptes.

👉 Un taux d’erreur élevé, quelle que soit la formule de calcul !

Les statistiques les plus fiables du taux d’erreur des liquidations de retraite émanent de la Cour des comptes :

AnnéeRetraites liquidées avec au moins une erreur
202511,10%, soit près d’une retraite sur neuf
202410,5%, soit environ une retraite sur dix
202312,4%, soit près d’une retraite sur huit
202211,8%, soit près d’une retraite sur huit
202114%, soit une retraite sur sept
202016,4%, soit une retraite sur six
2019Plus d’une retraite sur sept (taux exact non publié)
201813,5%, soit environ une retraite sur sept
201712,3%, soit environ une retraite sur huit
201611,5%, soit environ une retraite sur neuf

Source : Cour des comptes, rapports annuels de certification des comptes du régime général de sécurité sociale, éditions 2017 à 2026 (dernier en date : mai 2026, exercice 2025)

Comme vous pouvez le constater, le risque d’erreur est bien réel ! Or, même si elle sont parfois anecdotiques, la Cour estime tout de même que les erreurs sont « majoritairement au détriment des assurés ».

➡️ Pour 2025, on parle tout de même d’un impact financier estimé à 1,1 milliard d’euros sur toute la durée de vie des pensions liquidées en 2025, contre 0,9 milliard pour 2024.

Bon à savoir

La méthodologie a évolué

la Cnav a assoupli sa méthode d’estimation en 2022, en neutralisant les plus petites erreurs, qui ne concernent que quelques euros. C’est pour cette raison que l’on constate une baisse importante du taux d’erreur depuis le pic de 2020. Néanmoins, la trajectoire est repartie à la hausse en 2025.

Autre donnée à prendre en compte, le risque d’erreur est concentré sur certains profils :

  • Plus une carrière est considérée comme complexe (différents régimes de retraite, du chômage, des congés maladie etc…) et plus le risque d’erreur augmente rapidement

Dans cet article, nous allons donc aller à la pêche à ces erreurs, directement depuis votre relevé de carrière.

ET POUR LA RETRAITE COMPLÉMENTAIRE ?

A côté de ces statistiques qui ne concernent que le calcul de la pension de base (à base de trimestres), il y a aussi les erreurs propres à la retraite complémentaire, calculée à base de points.

Ainsi, bien qu’il n’existe à ce jour aucune statistiques officielles, il faut savoir que tous les cabinets de retraite spécialisés s’accordent à dire que le taux d’erreur est ici beaucoup plus élevé, car les règles d’attribution de ces points sont souvent plus complexes.

👉 Pourquoi ces erreurs sont-elles de plus en plus fréquentes ?

N’y voyez aucune malice de la part des administrations publiques ! Au contraire, il existe des explications très logiques à ce taux d’erreur qui s’accroît :

  • Des effectifs en baisse au sein des caisses de retraite
  • Un système des retraites français complexe à l’origine, avec près d’une quarantaine de caisses de retraite
  • Des réformes successives qui complexifient encore plus ce système, avec par exemple l’introduction de nouveaux dispositifs, parfois même rapidement suspendus !
  • Malgré de gros progrès concernant la digitalisation des services, l’architecture technique de ces administrations est souvent poussive et la circulation de l’information en fait souvent les frais
  • Le « degré de complexité » moyen des carrières qui augmente, avec des assurés qui exercent plus d’activités qu’auparavant dans des régimes différents (faire toute sa carrière auprès d’un seul employeur est beaucoup plus rare)

Dans ce paysage de la retraite qui n’est pas amené à s’améliorer rapidement dans les prochaines années, les assurés en font parfois les frais de deux manières différentes :

  • A travers un taux d’erreur orienté à la hausse
  • A travers des délais de réponses allongés

👉 D’où viennent ces erreurs ?

Les erreurs qui peuvent impacter votre liquidation de retraite peuvent être classées dans deux catégories :

  • Dans l’immense majorité des cas, ce sont des informations incomplètes ou erronées qui se sont faufilées jusqu’au relevé de carrière, ce document officiel qui fait référence pour le calcul de votre retraite
  • Plus rarement, une erreur humaine est possible, notamment dans le cas de liquidations de carrières complexes ou faisant immédiatement suite à une réforme des retraites

Dans ces conditions, voici la règle d’or pour partir à la retraite dans les meilleures conditions :

  • Assurez-vous d’avoir un relevé de carrière 100% exact AVANT de faire votre demande officielle de départ à la retraite

Si vous respectez cette règle d’or, vous pourrez reprendre confiance à 100% dans votre retraite !

En effet, à partir du moment où les informations du relevé de carrière sont exactes, il est très rare que les caisses de retraite se mélangent ensuite les pinceaux dans le calcul des pensions. Vous pourrez donc dormir l’esprit tranquille…

👉 Faites la chasse aux erreurs sans plus attendre !

Si débusquer une erreur en vue d’améliorer sa retraite est une chose, les délais de correction en sont une autre…

Vous en apprendrez plus dans notre article consacré à la correction des erreurs de carrière, mais pour le moment, gardez à l’esprit que :

  • Attendre le premier versement de la pension de retraite est le pire des scénarios, car corriger une erreur à ce moment relève du parcours du combattant
  • Demander son départ à la retraite sans recherche préalable des erreurs n’est pas une stratégie beaucoup plus efficace, car en cas d’erreur, il est souvent nécessaire de repartir de zéro

Conclusion logique ? Sachant que le délai pour corriger une erreur s’étale de quelques semaines à plusieurs mois en fonction de la disponibilité des conseillers retraite, une liquidation de retraite réussie passe d’abord par la recherche et la correction des erreurs du relevé de carrière.

➡️ Ce n’est que lorsque votre relevé de carrière est conforme à vos attentes que vous pourrez déposer sereinement votre demande officielle de départ à la retraite

D’une manière générale, les erreurs présentes sur le relevé de carrière sont de deux types :

  • Des trimestres manquants, qui vont impacter l’âge de départ et le montant de la pension de base
  • Des points manquants, qui vont impacter le montant de la pension complémentaire

Se préparer à rechercher les erreurs du relevé de carrière

Bon à savoir

AU PRÉALABLE : SAVEZ-VOUS LIRE VOTRE RIS ?

Le RIS est le relevé individuel de situation. Autrement dit, il s’agit du relevé de carrière global qui regroupe tous vos droits à la retraite et sur lequel est basé votre liquidation de retraite.

Pour télécharger le vôtre et comprendre sa lecture, n’hésitez pas à consulter notre guide complet sur le relevé individuel de situation (RIS).

👉 Listez toutes vos périodes d’activités travaillées

Pour démarrer la recherche des anomalies, listez toutes vos activités passées qui répondent aux deux conditions suivantes :

  • Un contrat de travail a été signé
  • Un salaire a été versé

A chaque fois que cela a été le cas, votre activité a donc normalement été déclarée par votre employeur, ce qui signifie que des cotisations pour le bénéfice de votre retraite ont été payées.

Ne faites l’impasse sur aucune activité :

  • Jobs étudiants
  • Périodes d’apprentissage
  • Stage en entreprise rémunéré

En effet, aussi minime soit-elle, une période travaillée peut vous apporter des trimestres ou des points, à condition qu’elle figure bien dans le RIS.

👉 Listez toutes vos périodes d’activités non travaillées

De la même manière que toutes les activités travaillées ouvrent des droits à la retraite, des trimestres ou des points peuvent être accordés pour de multiples périodes non travaillées :

  • Congés maladie
  • Service militaire
  • Chômage indemnisé
  • Chômage non indemnisé
  • Congé maternité
  • Congé parental
  • Etc…

👉 Ce qui doit apparaître sur votre relevé de carrière… ou pas

Les périodes de votre relevé de carrière peuvent être rangées en deux catégories :

  • Celles qui doivent apparaître automatiquement
  • Celles qui doivent être déclarées manuellement

Plus exactement, voici le détail :

Périodes qui doivent apparaître automatiquementPériodes à déclarer manuellement
Activité professionnelleEtudes supérieures, stages d’étude et apprentissage
ChômagePériodes à l’étranger
MaladieMajorations de durée d’assurance
Service national
Invalidité

⚠️ Pour les périodes censées apparaître automatiquement, le risque d’erreur n’est pas nul. C’est donc à vous de les surveiller de près

Trimestres manquants : repérer les erreurs fréquentes

Maintenant que vous avez fait cet effort de mémoire pour retracer votre carrière, partons à la recherche de ces anomalies qui impactent l’attribution de vos trimestres et points durement gagnés. Voici les principales causes d’erreurs :

👉 La règle d’or des 4 trimestres par an

Sachant qu’il est impossible de valider plus de 4 trimestres par an, la règle d’or pour repérer les trimestres manquants est la suivante :

  • Chaque année reportée avec moins de 4 trimestres est une source potentielle d’erreur

Par exemple, le détail des années ci-dessous contient une erreur :

Détail par année d'un relevé de carrière avec une année à 3 trimestres entourée en rouge

L’année 1989 et ses 3 trimestres, à ne pas laisser passer

Plus spécifiquement, l’année 1989 doit mettre la puce à l’oreille pour deux raisons :

  • Seulement 3 trimestres validés, alors que toutes les autres années sont à 4
  • Malgré un nombre de points supérieur (ce qui peut être considéré comme une mesure des revenus) à l’année 1988, l’année 1989 comporte un trimestre de moins…

Bref, dans ce cas, les voyants sont au rouge ! Ce qui doit vous amener à la conclusion suivante :

  • Dès qu’une année comporte moins de 4 trimestres validés, il est impératif de remonter à la source du problème pour en comprendre la raison

👉 Des points, mais des trimestres qui ne sont pas au rendez-vous ?

L’analyse de la colonne des points de retraite complémentaire est une source d’informations précieuse :

  • En cas de présence de points, mais d’absence de trimestres, il est nécessaire de se reporter aux revenus de l’année en question afin de savoir si ceux-ci qualifient pour la validation de trimestres. Normalement, la mention « (A) » est présente, signifiant que les revenus de cette année sont inférieurs au seuil pour valider un trimestre, mais cela ne coûte rien de le vérifier
Année 2000 d'un relevé de carrière avec 0 trimestre et la mention (A) entourée en rouge

La mention (A) signale des revenus insuffisants pour valider un trimestre

  • En fonction du niveau relatif de points et du nombre de trimestres, il est possible d’avoir une idée approximative du nombre de trimestres. Un nombre élevé de points une année donnée, mais des trimestres qui ne semblent pas au rendez-vous ? Voici qui mérite une réflexion !
Année 1989 avec 70,16 points Agirc-Arrco mais seulement 3 trimestres validés

Beaucoup de points, mais un trimestre en moins que l’année précédente…

Bon à savoir

DES ERREURS AUSSI SUR LES POINTS

Notez qu’en règle générale, le taux d’erreur est plus élevé pour les points que pour les trimestres. Cette méthode est donc loin d’être infaillible, mais elle a toute son utilité en combinaison des autres.

👉 Trimestres manquants pour enfants

Attention aux enfants ! En effet, si ceux-ci peuvent apporter beaucoup de trimestres, la prise en compte de ceux-ci est une source de confusion très fréquente. Et les assurés ne sont certainement pas à blâmer sur ce point…

  • 4 trimestres par enfant à la mère pour maternité, et 4 trimestres par enfant à la mère ou au père au titre de l’éducation. Pour avoir le détail de toutes les règles, c’est ici

Le problème avec l’attribution des trimestres pour enfants ? Les 8 trimestres de majoration par enfant ne sont pas reportés automatiquement : ils se déclarent, enfant par enfant, avec le service « Déclarer mes enfants » de votre compte retraite.

👉 À ne pas confondre avec les trimestres de l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF), versés par la CAF, qui figurent bien sur le relevé avec leurs salaires.

Dans ces conditions, voici ce que vous devez retenir :

  • Déclarez vos enfants sans attendre la liquidation, avec une déclaration par enfant, pour que vos régimes de retraite disposent de l’information
  • Dans le dossier de liquidation, faites très attention à joindre les pièces justificatives nécessaires (livret de famille notamment)
  • Dans tous les services d’estimation de montant de la retraite, il est primordial de s’assurer si les calculs sont effectués avec la prise en compte des enfants

Mon conseil ? Après la transmission de votre dossier de départ, vous recevrez une notification avec le récapitulatif des trimestres pris en compte. Précipitez-vous sur ce document pour vous assurer de la bonne prise en compte de vos trimestres au titre des enfants !

Bon à savoir

DÉCLARER SES ENFANTS PAR AVANCE

Pour déclarer vos enfants et bénéficier des trimestres naissance et éducation, rendez-vous sur le site info-retraite.fr et utilisez le service en ligne « Déclarer mes enfants ». Si vous avez plusieurs enfants, une déclaration pour chacun d’eux est nécessaire.

Vous préférez le papier ? Le formulaire équivalent est la demande de renseignements N1049p, disponible auprès de votre caisse de retraite.

👉 Trimestres manquants pour périodes à l’étranger

Les périodes travaillées à l’étranger sont pratiquement toujours manquantes. Par exemple, dans le RIS ci-dessous, la période entre 2006 et 2011 a été travaillée au Royaume-Uni :

Relevé de carrière qui saute de 2005 à 2011, les années travaillées au Royaume-Uni sont absentes

Entre 2005 et 2011, les années anglaises ont disparu du relevé

Et pourtant, malgré le fait que le Royaume-Uni était partie intégrante de l’Union Européenne à cette époque, les trimestres travaillés sont totalement manquants.

Verdict ? A partir du moment où l’assuré a vécu à l’étranger, le relevé de carrière a toutes les chances d’en faire l’impasse. Bref, la validation des périodes passées à l’étranger étant une des démarches les plus chronophages de la liquidation de retraite, soyez particulièrement vigilant sur ces périodes.

Bon à savoir

LA RETRAITE ET L’EXPATRIATION

Statut d’expatrié, détachement, conventions bilatérales, appartenance à l’Union Européenne, etc… Les expatriés font souvent face à un cauchemar administratif quand vient le moment de se pencher sur sa retraite.

D’où l’intérêt de l’anticiper dès que possible pour éviter les mauvaises surprises.

👉 Trimestres manquants pour service national

Par service national, on entend les trois périodes suivantes :

  • Service militaire
  • Volontariat international supérieur à 6 mois
  • Travail d’intérêt général en tant qu’objecteur de conscience
  • Un trimestre est accordé tous les 90 jours

Il est assez fréquent que les services des armées mettent beaucoup de temps ou oublient d’envoyer le justificatif nécessaire aux caisses de retraite. Par conséquent, l’oubli du service militaire est une erreur classique qui coûte souvent cher en termes de trimestres.

👉 Des périodes assimilées sans trimestres

Outre les périodes assimilées précédentes qui font l’objet de nombreuses erreurs, toutes les périodes assimilées sont potentiellement concernées par ce risque. En effet, à partir du moment où un nouvel interlocuteur entre en jeu, la communication entre ce dernier et la caisse de retraite de l’assuré peut subir des interférences…

Voici un récapitulatif des principales périodes assimilées :

Période assimiléeTrimestres accordés
Chômage indemnisé1 trimestre par 50 jours indemnisés, dans la limite de 4 par an
Chômage non indemniséJusqu’à 6 trimestres pour la première période, sous conditions ensuite
Chômage partielDes trimestres sous conditions
Congé maladie1 trimestre par 60 jours d’indemnisation
Accident du travail, maladie professionnelle1 trimestre par 60 jours d’indemnisation
Congé maternité1 trimestre par 90 jours d’indemnisation, en plus des majorations par enfant
InvaliditéDes trimestres pendant le versement de la pension d’invalidité, sous conditions
Service national1 trimestre par 90 jours
Formation professionnelle1 trimestre par 50 jours de stage, pour les stages suivis depuis 2015
Sportifs de haut niveauDes trimestres pour les périodes d’inscription sur la liste ministérielle depuis 2012, sur demande
TUC et stages des dispositifs publics (Jeunes Volontaires, Initiation Vie Professionnelle, etc… entre 1977 et 1992)Des trimestres à faire ajouter via le service de régularisation de carrière

Quant aux trimestres liés aux enfants (maternité, éducation, adoption, congé parental), ce sont des majorations et non des périodes assimilées : ils se déclarent, comme expliqué un peu plus haut.

Petite précision avant de crier à l’erreur ! Ces périodes valident des trimestres, mais aucun revenu n’est reporté en face sur le relevé. Une ligne de chômage ou de maladie sans montant est donc parfaitement normale. La vraie erreur, c’est la période absente du relevé…

Gardez vos justificatifs !

Attestations de France Travail, décomptes d’indemnités journalières, état signalétique et des services pour le service militaire… Pour chaque période assimilée, ce sont ces documents qu’on vous réclamera en cas de correction.

Conservez-les donc précieusement, même des décennies plus tard, car une période assimilée sans justificatif est bien plus difficile à faire ajouter.

👉 Rachat de trimestres

Vous avez racheté des trimestres, ou vous envisagez de le faire ? Le rachat de trimestres permet de verser volontairement des cotisations pour valider jusqu’à 12 trimestres, au titre des années d’études supérieures ou des années incomplètes (moins de 4 trimestres validés).

Côté relevé de carrière, deux choses sont à savoir :

⚠️ Dernière précision : les trimestres issus d’un rachat ne comptent pas pour l’ouverture du droit à une retraite anticipée pour carrière longue.

👉 Attention si vous avez eu plusieurs employeurs en même temps

Deux emplois salariés en parallèle, un cumul entre salariat et activité indépendante… Les années à employeurs multiples se lisent moins facilement sur un relevé de carrière, et elles méritent un contrôle particulier :

  • Chaque employeur déclare séparément les salaires versés. Vérifiez donc que tous vos employeurs de l’année figurent bien dans le détail des périodes d’activité, car il suffit qu’une déclaration manque pour que vos revenus soient minorés. Bonne nouvelle en revanche, l’assiette peut être reconstituée à partir de vos bulletins de paie
  • Pour la validation de vos trimestres, les revenus de vos employeurs du régime général s’additionnent, toujours dans la limite de 4 trimestres par année civile
  • Le salaire reporté peut dépasser le plafond de la sécurité sociale, chaque employeur cotisant dans la limite de son propre plafond. Ce n’est pas une erreur, car depuis 2005 les salaires pris en compte pour le calcul restent de toute façon limités au PASS annuel

Les erreurs de points du relevé de carrière

Si vous avez aimé la recherche des erreurs de trimestre, vous allez adorer la recherche des erreurs de points ! Pour au moins deux raisons :

  • Elles sont beaucoup plus fréquentes
  • Elles sont beaucoup plus difficiles à trouver

Excusez notre ironie, mais pour donner un peu de contexte, il faut savoir que la transmission dématérialisée et unifiée des données de paie par les employeurs est récente. Auparavant, les circuits déclaratifs étaient multiples, avec le risque d’erreurs que cela comporte.

Les principales situations d’inactivité qui ouvrent droit à des points complémentaires (on parle alors de « points gratuits ») sont la maladie et les accidents de travail, la maternité, l’invalidité et le chômage indemnisé.

👉 Les trimestres cotisés donnent obligatoirement lieu à des points

A partir du moment où vous avez reçu un salaire, peu importe son montant, vous avez obligatoirement cotisé pour votre retraite complémentaire.

Dans l’exemple ci-dessous, la rémunération d’un job d’été était trop faible pour valider un trimestre, mais elle a tout de même octroyé quelques points :

Année 2000 avec 0 trimestre validé mais 4,01 points Agirc-Arrco entourés en rouge

Pas de trimestre validé, mais 4,01 points tout de même acquis

Par conséquent :

  • Vous connaissiez l’expression « tout travail mérite salaire », maintenant retenez aussi que « tout salaire mérite des points »
  • En face de trimestres cotisés (c’est-à-dire accordés en contrepartie de cotisations prélevées sur les revenus), vous devez donc obligatoirement avoir des points. Si tel n’est pas le cas, vous êtes probablement en face d’une erreur

Mais attention ! Tous les trimestres qui apparaissent sur le relevé de carrière ne sont pas nécessairement des trimestres cotisés. Plus d’informations ci-dessous.

👉 Trimestres assimilés avec ou sans points complémentaires

Outre la bonne inscription des trimestres pour périodes assimilées (chômage, maladie, etc…) dans le relevé de carrière (ce qui n’est pas un acquis !), les trimestres assimilés sont également une source d’erreur fréquente pour le décompte des points complémentaires.

En effet, selon la nature de la période assimilée, des points « gratuits » peuvent être attribués, mais cette information ne parvient pas toujours à la caisse de retraite complémentaire.

Pour vous aider à y voir plus clair, voici un récapitulatif des principales périodes assimilées :

Type de trimestre assimiléPoints de retraite complémentaire
MaternitéOui, sous condition
MaladieOui, sous condition
InvaliditéOui, sous condition
Incapacité temporaireOui, sous condition
Incapacité permanenteOui, sous condition
Rééducation professionnelleOui, sous condition
Chômage partielOui, sous condition
Chômage indemniséOui, sous condition
Chômage non indemniséNon
Service militaireNon depuis 1970
Volontariat InternationalNon
Volontariat de service civilNon
Service civiqueNon
PréretraiteOui
Détention provisoireOui, sous condition
Formation professionnelleOui, sous condition
Stages réalisés dans le cadre de dispositifs publics (TUC, Jeunes Volontaires, Initiation Vie Professionnelle, etc…)Non
Sportifs de haut niveauNon

Par conséquent, si vous avez bénéficié de ces trimestres, vous devez vous assurer pour chaque type de trimestre si le versement de points associés, le cas échéant, a bien été effectué.

Bon à savoir

UN CALCUL DE POINTS ERRONÉ ?

Si la non prise en compte de points pour une période assimilée constitue un premier risque, un deuxième concerne un calcul erroné. Par exemple, pour les périodes de chômage indemnisé, le calcul des points est effectué à partir du salaire passé de l’assuré, et non des indemnités reçues.

👉 Des variations de points suspectes d’une année à l’autre

Un grand classique et un excellent point de départ pour débusquer des erreurs.

En effet, les revenus reportés dans le RIS et les points complémentaires associés à chaque année doivent évoluer à peu près dans la même direction.

Ainsi, dans votre traque des erreurs, n’hésitez pas à suivre la corrélation des revenus et des points. Vous avez trouvé quelque chose qui n’apparaît pas logique à l’oeil nu ? Attendez toutefois avant de crier victoire ! En effet, des variations peuvent parfois avoir des explications très rationnelles. Par conséquent, n’hésitez pas à prendre le temps d’en comprendre les raisons.

ATTENTION À LA PÉRIODE 1996-2000

Comme expliqué dans notre article consacré à la retraite complémentaire Agirc-Arrco, les cotisations prélevées sur le salaire sont converties en points. Toutefois, le taux de conversion entre les cotisations et les points évolue tous les ans en fonction de nombreux critères.

Par conséquent, quand le taux de conversion augmente rapidement, par exemple entre 1996 et 2000, sachez qu’il est tout à fait possible de voir sa rémunération progresser mais ses points diminuer.

👉 Erreurs sur les montants des salaires reportés

Les employeurs ont la responsabilité de transmettre les informations concernant les salaires versés aux collaborateurs, ainsi que les cotisations correspondantes.

Néanmoins, les circuits déclaratifs ont longtemps été multiples, voire papier. Avec le risque d’erreur que cela comporte, bien que le format digital ne soit pas non plus exempt d’erreurs à 100%.

Par conséquent :

  • Si vous avez conservé les bulletins de paie, n’hésitez pas à les ressortir du placard pour vérifier l’exactitude des salaires reportés
  • A défaut, il existe quelques moyens légaux pour les récupérer
  • Dans le pire des cas, faites un effort de mémoire pour vous assurer de la cohérence des salaires reportés

Avec les bons revenus inscrits sur le relevé de carrière, vous faites donc d’une pierre deux coups :

  • Vous augmentez la moyenne de vos revenus passés, un critère important dans beaucoup de régimes de retraite
  • Vous augmentez vos chances de trouver des points complémentaires non reportés

👉 Fraude de l’employeur aux cotisations sociales

Si des erreurs de transmission de la part de l’employeur peuvent être de bonne foi, l’inverse est également vrai… En effet, la fraude aux cotisations sociales est une réalité. D’où l’importance de ne pas attendre le dernier moment pour consulter son relevé de carrière !

Le cas le plus fréquent est l’absence totale de cotisations pour le compte de l’employé. Ainsi, dans le relevé de carrière, la période considérée est tout simplement vide…

Heureusement, si vous êtes victime de ce type de fraude, des moyens de défense existent.

ATTENTION À LA LIQUIDATION JUDICIAIRE !

Si vous avez travaillé dans une entreprise qui a subi une liquidation judiciaire, il est très probable que les dernières informations concernant la paie des salariés n’aient pas été transmises aux caisses de retraite. Pensez à y regarder de plus près…

👉 Passage au statut cadre avant 2019

Aujourd’hui, salariés et cadres cotisent au même régime complémentaire, à savoir l’Agirc-Arrco. Toutefois, avant la fusion de ces deux régimes en 2019, nous avions :

  • Le régime de l’Arrco pour tous, c’est-à-dire pour les cadres et les non cadres
  • Le régime de l’Agirc en plus pour les cadres

Des conséquences sur le relevé de carrière ? C’est possible. En effet, pour un salarié qui serait passé au statut cadre avant 2019, le risque serait que les cotisations supplémentaires prélevées sur le salaire ne soient pas immédiatement répercutées en termes de points.

Toutefois, cette erreur n’est pas évidente à repérer pour deux raisons :

  • Il faut connaître la date exacte du changement de statut, une information pas toujours évidente à retrouver
  • Les relevés de carrière et les relevés de points ne comportent plus le détail par tranche de cotisation, une information qui était pourtant particulièrement utile pour repérer les sources d’erreur potentielles

Alors, que faire ?

Bien que cela ne soit pas évident à réaliser, notre conseil consiste à faire un calcul à la main des cotisations versées et des points associés pour l’année du changement de statut. Ce n’est malheureusement qu’à ce prix que des erreurs peuvent apparaître au grand jour…

Bon à savoir

CAS PARTICULIER : UN STATUT CADRE PROPRE A L’ENTREPRISE

Auparavant, certaines dérogations permettaient aux entreprises de cotiser à un niveau supérieur au minimum légal pour le profit de leurs cadres. Si vous avez bénéficié d’un tel dispositif en tant que cadre, n’hésitez pas à porter une attention toute particulière au fait que ces cotisations supplémentaires aient bien été converties sous forme de points dans votre RIS.

👉 Minoration de la tranche C des cadres

Voici un point très technique qui peut être également source d’erreur. Une nouvelle fois, il concerne les cadres de la caisse de retraite Agirc.

En effet, en cas de départ à la retraite avant 67 ans, les cotisations de la Tranche C réalisées avant le 1er janvier 2016 subissent un coefficient de minoration définitif. Voilà qui mérite des explications !

Avant le 1er janvier 2016, les salaires des cadres étaient divisés en trois Tranches :

  • Tranche A : jusqu’à 1 PASS (Plafond de la Sécurité Sociale)
  • Tranche B : entre 1 et 4 PASS
  • Tranche C : entre 4 et 8 PASS

Pour résumer, seuls les très gros salaires (au-delà de 4 PASS, soit 192 240€ en 2026) sont donc concernés par ce dispositif. Ainsi, pour les cadres avec des cotisations entrant dans la Tranche C, un choix doit être effectué concernant l’avenir de ces points engrangés :

  • Partir à la retraite avant 67 ans, mais en perdant une partie de ces points à cause du coefficient de minoration
  • Partir à la retraite avant 67 ans, mais en reportant spécifiquement la liquidation de cette pension à l’âge de 67 ans, afin de la toucher entièrement
  • Partir à la retraite à 67 ans ou après, afin de liquider cette pension sans coefficient de minoration
Cliquez ici pour voir les coefficients de minoration en vigueur

Le coefficient dépend de l’âge de la liquidation :

Age de la liquidationCoefficient de minoration
60 ans36%
60 ans et 3 mois34,25%
60 ans et 6 mois32,50%
60 ans et 9 mois30,75%
61 ans29%
61 ans et 3 mois27,25%
61 ans et 6 mois25,50%
61 ans et 9 mois23,75%
62 ans22%
62 ans et 3 mois20,75%
62 ans et 6 mois19,50%
62 ans et 9 mois18,25%
63 ans17,00%
63 ans et 3 mois15,75%
63 ans et 6 mois14,50%
63 ans et 9 mois13,25%
64 ans12%
64 ans et 3 mois11%
64 ans et 6 mois10%
64 ans et 9 mois9%
65 ans8%
65 ans et 3 mois7%
65 ans et 6 mois6%
65 ans et 9 mois5%
66 ans4%
66 ans et 3 mois3%
66 ans et 6 mois2%
66 ans et 9 mois1%

Par exemple, une personne avec des points complémentaires au titre de la Tranche C qui partirait à la retraite à 66 ans perdrait 4% de ses points.

Quel est le risque d’erreur associé à la Tranche C ? Les points accumulés jusqu’au 31 décembre 2015 peuvent donc subir un coefficient de minoration. Or, le cas échéant, il ne faut pas oublier de prendre en compte cette minoration dans le calcul de sa retraite.

Le problème est que ces points de la Tranche C n’apparaissent pas dans le RIS. Par contre, ils sont bien présents dans le relevé de points de l’Agirc-Arrco.

N’hésitez donc pas à télécharger ce relevé de points depuis votre espace personnel Agirc-Arrco, en gardant à l’esprit :

  • Il existe une colonne dédiée aux points de la Tranche C, appelée « Points (dont TC avant 2016) »
  • En bas du relevé, il existe le total des points TC avant 2016

Ensuite, avec ces nouvelles informations, vous pouvez donc vérifier la cohérence de votre RIS avec le relevé de points et estimer au plus juste votre retraite sans oublier le coefficient de minoration.

Ma conclusion sur les erreurs du relevé de carrière

Ma conclusion sur les erreurs du relevé de carrière

Dans ce guide, vous avez donc appris :

  • Votre retraite n’est pas immunisée contre le risque d’erreur du relevé de carrière
  • Nos astuces pour repérer les erreurs les plus fréquentes

Bref, vous pouvez être fier du travail accompli ! Mais en guise de conclusion, vous avez peut-être remarqué un fil directeur dans toutes ces erreurs potentielles : le changement de statut.

En effet, à chaque fois que votre carrière connaît un nouvel interlocuteur, vous pouvez considérer que votre retraite est à risque, au moins pour quelques mois. Par exemple :

  • Retour à la vie active après le service militaire
  • Réorientation vers la fonction publique après une première partie de carrière dans le privé
  • Un congé maladie ou une période de chômage
  • Etc…

De la même manière, un cumul d’activités peut aussi mener à des erreurs, comme le cumul du chômage avec de l’auto-entrepreneuriat.

Pour toutes ces raisons, vous comprenez donc pourquoi les carrières considérées comme complexes, c’est-à-dire avec plusieurs interlocuteurs, possèdent intrinsèquement un risque d’erreur beaucoup plus élevé que les carrières dites simples.

Vous êtes arrivé à la fin de ce guide, mais votre liquidation de retraite doit normalement encore suivre son cours d’une des deux manières suivantes :

  • Vous avez repéré des erreurs ? Apprenez à les corriger sans plus tarder !
  • Votre relevé de carrière est sans erreur ? Cela ne veut pas nécessairement dire que c’est également le cas de votre notification de retraite, un document encore plus important !

Vos questions fréquentes sur les erreurs du relevé de carrière

Quel est le taux d’erreur des relevés de carrière ?

La Cour des comptes mesure chaque année les erreurs affectant les retraites nouvellement attribuées par le régime général : 11,10% en 2025, soit près d’une retraite sur neuf, contre 10,5% en 2024 et 12,4% en 2023. Leur impact financier est estimé à 1,1 milliard d’euros sur toute la durée de vie des pensions liquidées en 2025.

Quel est l’impact des erreurs du relevé de carrière ?

Des trimestres manquants peuvent retarder votre départ au taux plein et réduire votre pension de base. Des points manquants réduisent votre retraite complémentaire. Une erreur non corrigée avant la liquidation se répercute ensuite sur le montant de la pension, en principe à vie.

Quelles sont les erreurs les plus courantes ?

Les années avec moins de 4 trimestres validés, les périodes assimilées mal reportées (chômage, maladie, service militaire), les trimestres pour enfants non déclarés, les périodes travaillées à l’étranger et les salaires mal reportés par l’employeur. Les erreurs de points de retraite complémentaire sont plus difficiles à repérer que les erreurs de trimestres.

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